Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

18 - juillet 2010 - Loutra à Lesbos (Sporades de l'Est/Egée NE)

Les albums photos de l’été, c’est bien, mais je désirais quand-même vous faire partager juste une journée avec Anak à Lesbos. La chaleur me rendant paresseux, je recommencerai des articles plus complets quand je quitterai cette île merveilleuse.

Une journée à Loutra – île de Lesbos.

Après Plomary et son petit port bien sympa, (voir album Plomari) je suis retourné à Mytilène.

Courses produits de base au supermarché Spar dans le port, et surtout, méga-lessive, plus de 15 kgs de linge sale à laver. Draps de lits, housses de couettes, grandes serviettes, jeans et j’en passe. Je n’ai plus trop le courage de faire cela, bien imparfaitement, à la main. Puis, l’eau est plus rare. Tant pis, 3 machines à 8€ les 5 kgs, lavés séchés. Mais du travail parfait, même mes torchons de cuisine redeviennent blanc (enfin, un peu..)
J’en ai eu vite assez de la ville, et la météo annonce plusieurs jours de Meltem, ce vent du nord qui est à la Grèce ce que notre Mistral est dans le Sud de la France.

Comme je dois attendre que ce coup de vent passe, plutôt que de chercher des petits mouillages isolés en bord de mer où Anak risque de danser beaucoup dans la houle créée par le vent, je préfère la grande baie intérieure de Géra et sa petite anse de Loutra trop sympathique. (voir album Loutra)

J’y retourne !

Loutra est à 15 miles de Mytilène et comme le Meltem (NE) a commencé à souffler, ce sera une navigation sud bien agréable durant les premiers 10 miles.

Je sors du port de Mytilène après une dernière visite chez les coastguards pour payer la taxe du port, je passe devant le petit bistro sympa au milieu du port et en route vers le Sud.

01 bistro port mitilini(cliquez sur les photos pour les agrandir) 

A quelques miles, le petit aéroport de Lesbos en bord de mer.  

02 aeroport mitilini

Puis ces deux curieuses éoliennes dont l’installation fut financée par la C.E.E. Inutile de dire que ni l’une ni l’autre ne marche. Une a d’ailleurs une pale complètement détruite. Encore de l’argent du contribuable européen jeté par la fenêtre, sans aucun contrôle de ce que l’on en fait. Ici, deux éoliennes, de marques différentes…, aberration totale. No comment.

03 eoliennes CEE

04 eoliennes CEE 

Arrive l’entrée majestueuse de la baie de Gera. 

04 soleil sud lesbos05 petit Meltem

06 entree baie gera 

La petite maison sur son cap qui me fait rêver.., et voilà l’anse de Loutra.

07 j achete

Au fond, le petit port de Skala Loutra, son chantier de réparations de caïques, et sa taverna. Sur la colline, dans le fond, le village de Loutra. 

09 port de peche loutra08 entree baie de loutra  

10 john 

Je vois à l’ancre un petit voilier qui ne semble pas avoir bougé depuis mon dernier passage. C’est John, un anglais. On se connait depuis longtemps.

Il se sent tellement bien ici qu’il a décidé d’y attendre sa femme, psychologue, et qui le rejoint tous les 2 à 3 mois. Je l’avais déjà rencontrée il y a quelques semaines à Molivos.

Elle a son cabinet à Heidelberg en Allemagne où ils vivent tous les deux quand ils ne naviguent pas.

Chouettes retrouvailles, premier apéro à bord chez lui, et deuxième...  

11 anak depuis bateau john

ben..., à la taverna !

12 nos bateaux depuis taverna 

Les rafales de Meltem balayent par moments le mouillage, se faufilant par un creux entre deux collines, dont une est justement habillée par ce beau petit village de Loutra situé à deux kilomètres dans les terres.

Anak frémit alors sous la rafale, tend sa chaîne comme une corde de violon, part tribord, puis babord pour revenir s’aligner face au vent. Mais le vent ne lève pas la moindre houle dans cet endroit abrité, et c’est cela aussi sans doute qui le rend aussi confortable.

Dans cette anse, la profondeur de l’eau est de plus ou moins huit mètres, et avec un fond de grosse vase collante. Quand l’ancre d’Anak plonge là-dedans, avec sa pointe modifiée par mes soins, elle accroche de suite, se plante, et se laisse aller à creuser un sillon toujours plus profond. Je lâche 50 ml de chaîne. Pour être certain de sa tenue, dès que je sens qu’elle creuse, je mets plein gaz marche arrière. Anak se rue en arrière, la chaîne se tend au maximum, et l’ancre en forme de soc de charrue s'enfonce encore plus profondément dans le sol.

Je puis alors abandonner Anak avec des forces 6 ou 7 Bft et aller faire mes courses sans autres soucis.

Mes journées à Skala Loutra prennent très vite un rythme qui n’a rien de désagréable.

Eternel lève-tôt, vers 6,45h, je plonge dans l’eau, ce qui vaut bien une douche et bcp d’économies d’eau, si ce n’est les qques litres pour me rincer de l’eau salée.

Petit déjeuner accompagné d’un soleil levant dont la lumière est aussi dorée que le miel grec que j’étale sur mon pain.

Parfois, je branche Internet, et regarde le JT de 20h d’A2 en différé. Mais c’est trop déprimant ; Sarko, Bettencourt, Woerth, quelle tristesse ! Alors je vais à la chasse des dernières photos de Lou et Oscar sur Facebook, et j'en profite pour y trouver les dernières nouvelles de leurs mamans par Murs interposés.

Vers 9,00h, je m’habille, et je grimpe dans l’annexe pour rejoindre le petit quai devant la taverna. La seule du petit port. Et rame, rame, surtout quand le Meltem souffle, et évidemment, il vient d’où ? Mais de la trouée entre les collines ! Et la trouée est où ? Juste derrière la taverna ! Et vous n’avez pas idée de la prise au vent de ce boudin gonflé d’air !

Un grand kalimera aux quelques petits vieux déjà assis devant leurs cafés, et je prends un chouette chemin de terre vers la colline où se situe le

village. 14 chemin Loutra 

Deux kilomètres de montée entre les oliviers, les ânes, les biques, et même un cheval qui accourt à mon passage. Ils ont tous l’air bien heureux à l’ombre sous les arbres.

Le petit port: Skala Loutra, et le village de Loutra sur la colline 

13-Loutra.jpgEnfin, les premières maisons du village de Loutra.

17 centre-Loutra16 Loutra 

22 rue-Loutra21 ruelle-Loutra 

Je vais chez le boulanger et le petit mini-market (mini-mini) où je trouve pain, légumes et fruits. Il y a aussi un boucher, et sa viande hachée est super-bonne !

Ensuite, je vais m’assoir à la terrasse de mon petit boui boui du coin. Un grand kalimera de la part de tout le monde.

20 mon-boui-boui

Pas besoin de commander, mon heleniko arrive sans rien demander, et ce dès ma deuxième halte ! Incroyable ! Il coûte un Euro, sourire compris. On est loin des zones touristiques..

Mon kawa avalé, je refais mes deux kilomètres en sens inverse.

15 chemin-Loutra-b 

'Bonjour l’âne!' Je te présenterais bien Oscar et fais-moi alors ton incroyable braiement que j’entends sans cesse jusque sur Anak. Cela fera hurler de rire (ou de trouille) Oscar.

'Bonjour les biques!' Je vous présenterais bien Lou qui sera, comme moi, toute attendrie en regardant votre regard aussi doux que votre petit museau. Et peut-être que la petite vieille là-bas montrerait à Lou comment traire une bique grecque ?

J’arrive à la taverna du port, et le rituel continue. Serais-je un homme d’habitudes ?

‘Kalimera !’, le patron me fait un grand sourire. Cet étranger avec sa drôle de barque est revenu à Loutra alors que tous les autres ne sont que des courants d’air qu’on ne voit qu’un jour ou deux ! Et lui, au moins, il vient tous les jours boire son café.

Pas besoin de commander. Il est déjà dans sa cuisine en train de faire bouillir mon petit heleniko.

Et là, je dois l’avouer, je ne me reconnais plus. Toujours stressé et pressé dans le temps, comme s’il me fallait fuir ou contrer des choses..

Là, je m’installe à ma table et je regarde.

Je regarde Anak au loin qui joue avec sa chaîne d’ancre. Je regarde la baie, je regarde les barques de pêcheurs qui vont et viennent. Je regarde l’eau qui miroite dans ce décor si apaisant.

Mon tavernier met très doucement une musique grecque qui accompagne le murmure des voix des quelques grecs qui sirotent eux aussi leur café.

Le soleil monte, chauffe.., mais la terrasse est à l’ombre d’un toit de roseaux qui accompagne la musique grecque avec ses frémissements dans le vent qui balaie et rafraîchit l’endroit. 

Je ne bouge plus. Une heure, parfois deux, tout comme suivra un deuxième heleniko et son grand verre d’eau glacée. On est si bien dans cet endroit.

Assis ainsi dans une telle quiétude, j’ai parfois l’impression d’attendre quelque chose. Peut-être ce moment où il me sera donné de tirer au clair tout ce qui m’aurait mené à cette vie actuelle de solitaire sur l’eau.

Bon, c’est bien beau de rêvasser, mais en avant, rame à nouveau, et cette fois avec le vent qui me poussera rapidement vers Anak.

A bord, je range pain et courses.

Je mets mon maillot, et plouf à nouveau, vive la fraîcheur de l’eau !

Après cela, petit coup d’œil sur Internet et ma boite courriels. Snif, snif, rien, personne ne m’aime. Non ! Un message, deux, trois ! Chouette, on m’aime ! :-)

Cette balade de deux kilomètres, cette pause taverna et la natation m’ont épuisé. Vive le tatami au frais en bas dans le carré, et le livre que je suis en train de lire. Pour l’instant, Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel. Très chouette.

Midi : salade grecque rituelle (encore !) tomates, poivrons, oignons, feta, olives, huile d’olive, sel et origan. J’adore. Tous les jours, je ne m’en lasserai pas.

Un kawa, cette fois à bord, et hop, coup de fraîcheur : plouf dans l’eau.

Vous trouvez que je bois beaucoup de café ? Moi aussi.

L’après-midi, je range, j’écris des notes comme pour me rassurer, je répare, je bricole, je fais encore des ploufs. Certains jours, je fais des AR avec mes jerrycans d’eau jusqu’au robinet sur le quai, j’essaie de garder mes réservoirs d’eau toujours pleins.

Parfois en fin d’après-midi, des gens d’un de ces rares bateaux arrivés durant la journée, et ayant déjà croisé ailleurs Anak, viennent me dire bonjour ou m'appellent. Ce sera une bière glacée sur Anak ou chez eux. Souvent cela se termine par du riz improvisé, des pâtes, ou selon ce qu'on a à bord.

Et se partage alors une soirée sympathique, quelques tuyaux sur tel port ou telle île, échanges de livres, et bien évidemment, refaire le monde.

Avec John ou d’autres amis grecs ou autres, qui décident de rester ici quelques jours, on décide parfois d’aller manger à la taverna, sardines fraîches grillées, etc., vin, et dessert toujours offert, moins de 10€ par personne. Les vagabonds des mers ont rarement des gros budgets pour naviguer ainsi. C'est donc alors la fête.

24 copains-et-taverna-Skala-LoutraAprès ces soirées chaleureuses, je retourne à la rame dans le noir à bord d’Anak. J’allume mon feu de mouillage en haut du grand mât, et hop, mon livre, puis dodo au lit, car demain, tout recommence, tant que je resterai à Loutra !

Le 24 juillet, Michèle arrive pour rester jusqu'en août !

Arrivant à Mithilène par avion, elle me rejoindra en taxi à Loutra, et nous remonterons via la côte ouest de Lesbos vers Molivos. Une belle navigation et séjour dans le nord merveilleux de Lesvos. 

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

Voyages en voilier en Méditerranée. Algérie à la voile.

Que sont devenus Les ex-moussaillons 'Anak ?

Pages

Hébergé par Overblog