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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

La côte d’Algérie en voilier, seul et sans visa,

est-ce possible ?    (suite de 9)

3 juin 2008 16h45 – ANNABA – 36°54’.2N 07°47’.9E

 

Ca y est, levé à 05h30 et quitté le quai de Skikda à 06h20.

Pendant que je prenais mon petit-déjeuner, l’ami policier des promenades dans Skikda est venu vers Anak. Il était de garde cette nuit.

« – Bonjour José (ça fait drôle, n’empêche, un policier qui vous appelle José… Si seulement  mon inspectrice des impôts à Dijon m’appelait José, je pourrais lui demander une petite réduc.) Tu pars aujourd’hui ?
– Oui, dans une petite heure, le temps de récupérer mon passeport chez vous, tout préparer, et appeler la capitainerie à la VHF pour l’autorisation de sortie.

– Pas besoin de venir chez nous, je t’ai amené ton passeport ! »

Sympa, je vais finir par devenir copain avec les policiers. Je vieillis !

Il fait plein soleil, et la surprise : pétole ! Normal, hier il y avait trop de vent. Quelle mer !

Bon, traverser la grande baie de Skikda dont je verrai l’autre côté vers 8h00, slalomer à nouveau entre les pétroliers,

Au loin, le port pétrolier,

Puis l’immense baie, et ainsi de suite vers Annaba, 54 milles en tout. La terre s'estompe derrière moi. Il n'y a plus que le ciel bleu et la mer plus bleue encore.

Il est 9h45 et je suis en train de passer le ras El Hadid ou cap de Fer à l’autre bout de la baie. Le cap, le phare, les récifs, tout est émouvant de beauté.

« Allo sailing boat Anak on front of Ras El Hadid. »

Tiens, voilà les garde-côtes du phare qui m’ont repéré.

« – Allo, Allo, here sailing boat Anak - Alpha November Alpha Kilo, belgian flag, coming from Skikda and going to Annaba ! We can talk French, on peut parler français!

– Votre position ? »

Pff, ils me voient, non ? 37°05 847 Nord.

« – Vous êtes seul à bord ?

– Oui.

– Nationalité ?

– Belge (déjà dit et tu le sais, hypocrite).

– Ok, pas de problèmes à bord ?

– Non, merci.

– Bonne navigation, monsieur ! »

Sympa quand même, si gentils, du coup on se sent moins seul.

La côte est toujours aussi belle,
 



Je suis arrivé en fin d’après-midi dans l’immense port d’Annaba, anciennement Bône, Hippone dans l’antiquité romaine, et dernière étape algérienne avant la Tunisie. De l’ancienne ville romaine, il ne reste que quelques ruines. La Basilique Saint-Augustin, (Saint Augustin était l’évêque d’Hippone)

construite sur l’emplacement d’un temple dédié à Baal, domine la ville et le port.

Paperasses comme d’habitude, mais contrairement à ce qui est écrit dans l’Imray North Africa (complètement à côté de la plaque pour les trois quarts de son contenu, dépassé, pas d’actualisation depuis plus de cinq ans) accueil très sympathique, et il me laissera un dernier bon souvenir d’Algérie.


La PAF d’Annaba me demande comme d’habitude si j’ai un visa, non, bien sûr.

« – Vous avez besoin de quelque chose à l’extérieur ?

– Non, je vais dormir tôt et partir de bonne heure demain matin, ça va. Mais est-ce qu’il y a un taxiphone dans le port ? Je voudrais dépenser mes derniers dinars pour téléphoner, car je ne puis les reconvertir en euros, les banques étant fermées.

– Non pas de taxiphone dans le port il faut sortir. Mais attendez, le chef arrive. »

Ah, le chef !!! Et le chef arrive, bonne bouille à la Omar Sharif. Le collègue lui explique, et bla bla.

« Allez, viens avec moi, on va en ville, je me porte garant pour toi sans permis, tu vas pouvoir téléphoner. »

Je tombe des nues ! Je le suis, on va en ville, aux contrôles de la sortie du port : « Salut chef » et pas de questions. On est en Kabylie, ils sont vraiment plus détendus.

Je téléphone à mes proches pour dire que demain je serai probablement en Tunisie, j’achète avec ce qui reste des barres chocolatées, et autres confiseries que j’adore mais dont il vaut mieux ignorer la composition. Hmm, moi qui n’achète jamais rien par économie, j’ai enfin une bonne excuse.

Il me reste encore des dinars. Incroyable, les prix ici.

Et cela se termine au….

Bistro.

Café pour eux, limonade algérienne pour moi, des espèces de beignets sucrés délicieux : Puis arrivent des gardes-côtes, des officiers de la capitainerie, des capitaines ou marins de remorqueurs, en fait, leur bistro à l’extérieur du port.

Durant plus d’une heure, rires, discussions, le tenancier connaît Anvers.

Je paie quelques tournées et il me reste encore des dinars, ben oui, à dix centimes la consommation.

Bon, cela fera un souvenir.

Je prends mes chocolats et bonbons et nous rentrons au port, il est déjà 19h00 !

« – Vous avez des enfants ?

– Oui, 3, 6 et 7 ans. »

Et hop, je donne à mon policier tous les chocolats pour ses gosses. Il m’a fait un beau cadeau : une dernière soirée sympa en Algérie. Lui était ravi !

Ce n’est de toute façon n’est pas bon pour mon pneu, tout ce sucre, non ?

 

Ciao, belle Algérie !

Demain matin à six heures : TABARKA, Tunisie !  

    

Published by Vagabondages méditerranéens du voilier Anak - Vagabondages

Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

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