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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

Le voilier ' Anak ' .

 

01-Anak-ketch-de-voyage.jpg

Anak est un voilier gréé en ketch, construit par Colvic Watson en 1985 dans le nord de l’Angleterre.

Le chantier Colvic Watson construisait principalement des chalutiers de pêche et s’est reconverti au début des années 1980 dans une première production de voiliers en matériau composite.

La toute première série dont est issue Anak affichait une solidité à toute épreuve, une coque épaisse de plusiers centmètres et très haute sur l’eau protégeant bien des embruns, une main courante massive en teck qui fait tout le tour du bateau donnant un sentiment de sécurité sans pareil, et son petit look chalutier de pêche bien particulier et sympathique. Très confortable, il y avait une hauteur sous barrots de 1,90 à 1,95m absolument partout à l'intérieur!

Sur le toit du carré central, j'ai fabriqué un tatami en teck massif de 190X120 pour faire la sieste, lire (et s’endormir comme moi en pleine navigation.., bravo le marin..) et admirer les étoiles la nuit en pleine mer. Les matelas du tatami tout comme les coussins de la timonerie, les rideaux, sont des fabrications maison avec housses cousues sur place grace à ma machine à coudre qui, durant des années façonnera des housses de matelas, ourlets de pantalons ou pavillons nationaux pour d'autres vagabonds des mers. Vous avez tout compris j'adore jouer avec ma machine à coudre.

Quand des amis, Michèle ou les enfants viennent, le tatami fait un double lit de plus sous la protection du taud la nuit, et de jour.. il est idéal pour partager un apéro. 

Anak avait été spécialement aménagé dès sa construction pour le 'grand voyage' et deux personnes à bord. Cela me convenait pour le marinero solo a devenir.

Anak est donc devenu ma maison sur l’eau depuis de nombreuses années et cela va durer jusque début 2012.Mayero-004.jpg

Je l'ai mené, seul à bord, au gré de mes envies, du charme des escales et du vent. Mes deux filles ont navigué sur Anak ainsi que Michèle, malgré la fréquence et lourdeur des AR avions et parfois ferries de jour ou de nuit pour me rejoindre. 

En ce qui me concerne, pas grand-chose à dire.

J’avais appris assez tardivement à manier les voiles en Flandre sur l’Escaut et son immense embouchure, la mer du Nord jusque Bergen en Norvège, ou sur les mers intérieures hollandaises. Rentrant d'un long périple africain en camion-stop, j'avais rencontré Bernard Moitessier à Toulon et déjà un peu navigué en Méditerranée. Comme professeur on ne pouvait trouver mieux à 20 ans! 

Plus tard, avec Nicole Van de Kerckhove, (7 x autour du Soleil - éditions MDV Maîtres du Vent) hélas récemment disparue en Patagonie, j’avais parfois louvoyé avec terreur entre les îles bretonnes, me méfiant de son petit sourire moqueur mais si connaisseur !

En 2001, je prépare avec Nicole le petit Esquilo (9m) et cette fois c'est un départ pour les Canaries, puis les îles du Cap Vert et enfin la côte sud-américaine et principalement le Brésil, Urugay, l'Argentine. Tout cela pour se retrouver en 2002 dans le Détroit de Beagle à Ushuaia et Porto Williams ou le Cap Horn. Nicole était une grande navigatrice, partant seule à 20 ans pour un tour du monde sur son petit Esquilo et ce durant 7 ans. 

Quand Nicole avait découvert Anak pour la première fois, elle s’est écriée : «  - Mais c’est exactement le bateau qu’il te faut, il est magnifique ! » Anak-Sounion.jpg
Lors de l’achat  d’Anak, j’avais rapidement constaté qu’il aurait besoin d’une révision en profondeur, de grosses transformations, etc. Bref, en un mot : tout était à refaire !
Bref, je décide rapidement d’effectuer les travaux, car vivre à bord était inconfortable, trop de petits problèmes divers, ennuis techniques, inconfort, etc. Le gréement dessiné pour l'Atlantique Nord devait être revu, renforcé et les voiles changées. J'ai donc commencé par une longue descente avec un moteur non révisé... de la Saône et du Rhône. Je venais de vendre mon entreprise, un zeste d'inconscience, tout était permis !
Arrivé dans le sympathique petit port de St. Chamas au nord de l'étang de Berre, je décide d’effectuer les travaux au sec à Martigues – Port Maritima. Ces travaux, plus longs que prévu me feront passer pas loin d'un an à travailler non-stop et 7 jrs/7 sur Anak. J’ai continué à habiter durant toute cette période dans le bateau, c'était pourtant un vrai chantier ! J'ai effectué tous les travaux tout seul, chantier passionnant car je découvrais la complexité des travaux sur un bateau ou rien n'est d'équerre ! On m'entendait jurer à 100m ! Et je ne vous parle pas du Mistral en hiver..., le bateau était glacial certains jours, surtout hors de l'eau et exposé au vent froid. Je n'ose plus me rappeler le nombre de montées/descentes de l'échelle entre mon atelier au sol dans ma petite camionnette Ford Tourneo et les travaux 'là-haut'..!

Quand tout était démonté, je trouvais 2m2 dans un coin pour dormir sur le plancher. Mais Port Maritima s'avèrera l'endroit idéal pour effectuer un tel travail. J'ai refait toute l'électronique, l'électricité, la plomberie, le chauffage, les menuiseries et isolations, le moteur. J'ai la chance d'avoir une passion du bricolage et du travail manuel. Et je suis un peu têtu comme tout vrai flamand qui se respecte.

Et voilà donc ce qu’est devenu Anak à sa remise à l’eau.

La timonerie, centre de vie du bateau a subit peu de changements visibles malgré un démontage total de l'intérieur. Construction de deux nouvelles tables, dont une petite table à cartes, car je continue à pointer ma navigation sur les cartes, photocopies, etc. et cela toutes les deux heures, par plaisir et pour la sécurité et les souvenirs des annotations, . L'autre table est selon; bureau, dessin, ou table repas avec vue permanente à 360° sur l'extérieur. C'est le grand avantage d'une timonerie ! Le plafond et cloisons, complètement démontés, sont remontés après pose d'isolant, le capot translucide remplacé par un neuf plus costaud. Tout cela me permettra aussi de changer et de rajouter plein de câblages électriques et électroniques dans les doublages.03-Anak-timonerie---pilotage.jpgL’électricité, son organisation, les câblages et circuits, les éclairages, les tableaux primaires et secondaires, les coupe-circuits, tout a été remplacé à 100%. Il en est de même pour tous les circuits d’eau, pompes, etc.06-d-tail-d-un-tableau.jpg

J'installe un nouveau GPS Furuno 32 et un écho-sondeur et sa nouvelle sonde sous la coque. Le radar Koden, radar de chalutier de pêche très puissant, est révisé et reste en place. Un pilote automatique Autohelm 3000 (hélas, ne se fabrique plus, plus fiable je meurs) est aussi révisé. Tout cela donne un ensemble finalement assez simple. On ne complique surtout pas ce genre de choses pour faire du grand voyage. Le GPS Furuno se connecte à un PC portable Toshiba toujours fixé à poste sur un emplacement fait pour et sécurisé. La VHF marche parfaitement, 32W de puissance, pourquoi la changer malgré son look ancien, mais une nouvelle grande antenne en haut du grand-mât va encore améliorer la réception. Le Navtex marchait mal, il sera aussi remplacé par un nouveau identique ainsi que son antenne en haut du mât d'artimon. (Super, passer des câbles d'antenne dans un mat de plus de 10m !) Je mets des nouveaux rideaux cousus avec ma machine à coudre et fabriqués à partir de chechs ramenés du Maroc.

 

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Dans le carré en bas, il y avait une banquette en U et une table. J'ai horreur de manger en bas sans vue extérieure. Le plateau de cette table est donc devenu le couvercle d’un grand coffre supplémentaire, et l’ensemble un grand tatami pour lectures, musique, siestes ou bavardages, ou un couchage très confortable d’appoint quand passent les copains ou mes filles (heu... elles squattent de suite la cabine arrière et c'est moi qui me retrouve sur le tatami :-( !). Les dossiers des banquettes ont été supprimés pour créer des équipets et des bibliothèques accessibles. Une super installation de musique complète l'ensemble. Un deuxième PC me permet de visionner des films le soir, couché sur mon tatami. Une imprimante est installé dans un équipet prévu pour et isolé. Les rideaux sont faits à partir de tissus wax ramenés du Cameroun.

07-carr----tatami.jpgTous les objets, statuettes, etc., que vous voyez sur les photos restent en place durant les navigations. Ils sont fixés, soit avec des scratches, strips collants ou vis. En grand voyage, et vivant en permanence à bord, on n’aime pas trop la gîte ou vitesse – on préfère alors réduire – mais cela tangue parfois très fort en mer par gros temps et il vaut mieux fixer la moindre chose qui pourrait voler et blesser au passage. Même ainsi, en général après un coup de vent, c'est le souk total partout à bord !

La cuisine est très spacieuse et aménagée sur toute la longueur du carré. La hauteur sous barrots est partout de +ou- 195 cm, timonerie, sdb, cabine douche, etc. 

Cuisine classique, réchaud à gaz, deux feux, four et grill séparés à l’anglaise. Double évier inox. Eau froide et chaude partout sur circuit sous pression et chauffe-eau Raritan mixte et neuf comme toute l'installation d'eau sous pression. En longue navigation, je peux couper la pompe électrique pour ne pas consommer de l'électricité et j’utilise alors un deuxième circuit neuf avec pompes à pied dans la cuisine et la sdb. Un robinet d’eau de mer est branché sur l’évier dans la cuisine. Cela parait simple à refaire, mais tout passe dans des coins innaccessibles ou sous les planchers !

La vaisselle ? Je n’aime pas le plastique et autres ersatz du genre, alors ma vaisselle vient d’Ikea. Lourd ? On n’en est pas à quelques kilos près quand on vît à bord toute l’année, le confort avant tout ! Et mes livres qui traînent partout alors ? 

08-carr----cuisine.jpgGrande amélioration : le chauffage à air pulsé Ebenspacher, vieux et toujours en panne et faisant du bruit a fini à la poubelle. J’ai monté moi-même un circuit complet de chauffage central avec radiateurs à eau chaude sur Anak ! L’eau est chauffée par un poêle-chaudière Refleks – on ne fait pas mieux, matériel scandinave tout inox, consommation nulle. La tuyauterie est en matière synthétique, faite pour cela. Bref, le top !

Pourquoi un chauffage central sur un bateau comme Anak ? Anak est très divisé, à l’avant, une belle salle de bain avec WC et lavabo et une cabine douche 100% séparée. Au centre le grand carré. Trois marches à monter pour se retrouver dans la timonerie, et vers l’arrière, trois marches pour descendre dans la cabine arrière.
Comment chauffer cela avec un poêle central, quitte à transformer la timonerie, plus haute, en étuve !
C’était un travail énorme, aucun tuyau n’est visible (merci pour le compliment..), les petits radiateurs (Bricorama) essayent de se faire discrets, mais la chaleur est uniformément partagée dans tous les espaces. Quel confort ! Il y a même un petit radiateur dans la cabine de douche !
La chaudière, dans le carré, est encastrée dans un meuble complètement transformé et ajouré pour laisser rayonner la chaleur.
Tout cela permet aussi au poêle/chaudière de fonctionner au ralenti, donc de consommer peu, contrairement à un poêle central, toujours à fond.
Comment faire circuler l’eau dans ce circuit aux montagnes russes à bord d’Anak ? Toujours le matériel scandinave pour bateaux : un petit circulateur comme sur nos bons chauffages de maison. Sauf qu’ici, il est minuscule, en 12 ou 24V, il consomme : 0,07W de l’heure ! Même l’ampèremètre ne bronche pas ! On trouve ce matériel Refleks à Brest et dans le port d'Anvers en Belgique.
Il ne faut pas oublier qu'Anak est devenu ma seule et unique maison (flottante) et qu'avoir chaud chez soi en hiver, c'est vraiment super!

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Donc un carré spacieux, paraissant bien plus grand encore depuis que j’ai installé le tatami, le plafond est complètement refait avec du stratifié coquille d'oeuf collé sur du CP marin et avec isolation, etc., (tous les plafonds du bateau ont été refaits ainsi) et j'ai placé des profils en teck pour cacher les joints des nouveaux panneaux au plafond, ce en longueur, pour donner une impression visuelle agrandissant encore l’espace.

10-carr--vers-arri-re.jpgLa cuisine est donc étonnamment grande sur ce bateau aménagé pour héberger un couple au maximum et vivant à bord. Ceci explique peut-être cela. Pas de place à gratter pour un maximum de couchettes ou deuxième cabine dont je n'ai que faire. Un vrai palace ! Anak n'est pas un voilier de plaisance pour sorties WE ou vacances avec foule qui défile à bord.
La cuisine sera équipée d’un nouveau petit frigo armoire, avec cette fois un compresseur Danfoz séparé tout neuf que j'ai placé au fond d'un espace bien aéré. L’aménagement d’origine me compliquait l’installation d’un coffre frigo avec trappe sur le dessus. 11-carr--d-tail-cuisine.jpgBon, ce n’est pas parce que ma cuisine est immense que mes plats cuisinés sont grandioses.. J'avais vraiment autre chose à faire !

12-l-ordinaire-du-marinero-solo.jpgMon installation électrique est performante, deux très grosses batteries Vetus (toujours les mêmes en 2012 !!), plus une batterie normale dédiée moteur et guindeau. Les batteries dont l'emplacement initial était dans la soute-moteur sont désormais placées dans un coffre central aménagé pour des nouveaux départs de câblages. Deux chargeurs électroniques de marine 220V sont installés pour les différents types de batteries à bord et par sécurité, si panne d’un des deux. Des panneaux solaires Kyocera, un nouvel alternateur bien plus puissant, tout cela semble suffire vu l’expérience des navigations depuis ces travaux terminés en 2005. En Algérie, le 220V est inconnu dans les ports, et je n’ai jamais eu de problèmes d’énergie durant ce long périple.

J’oubliais : sur Anak il y a l’eau froide… et chaude ! C’est que je me suis embourgeoisé avec l’âge ! A la poubelle le petit chauffe-eau au gaz trop dangereux ! Un nouveau ballon d’eau chaude de 40 litres est branché sur le 220V quand il y en a sur le quai. Mais un échangeur intégré en cuivre et fabrication maison est branché sur le circuit interne de refroidissement du moteur. Et cela marche très bien, les entrées et sorties de port au moteur suffisent pour une ou deux douches bien chaudes par jour. Cela m'a obligé à réaménager complètement la soute moteur, surtout que j'ai doublé les capacités en réservoirs à eau. (400L)

J’ai soigné l’installation des panneaux solaires. Ils sont fixés/boulonnés sur le toit de la timonerie. Les Kyocera ont cette particularité de charger même avec un soleil pas trop en face. Par contre, pour une efficacité optimale le câblage et la gestion sont très importants, c'est trop souvent négligé !

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Un répartiteur de charge pour les panneaux gère l’ensemble, donnant toujours priorité à la charge de la batterie dédiée moteur. 

Sur la photo, on voit les coupe-circuits pour chaque panneau solaire, le répartiteur de charge. Le gros coupe-circuit rotatif Vetus permettant de passer d'une batterie servitude à l'autre. Enfin un petit voltmètre permettant de lire l'état de chaque batterie.
Passons à la cabine arrière.
Anak avait une cabine arrière moche, mais moche ! Une couchette de chaque côté, étroite, pas confortable, avec les pieds dans une sorte de niche cercueil (sous les banquettes de la timonerie).
Entre les deux couchettes, un lavabo ridicule et inutile !14-cabine-arri-re.jpg

J’ai pris mon courage à deux mains, et j’ai TOUT démonté : plafond, doublages, équipets, couchettes, lavabo, etc.15-cabine-arri-re-b.jpg

Aujourd’hui, un plafond neuf isolé (et un nouveau capot extérieur), des nouveaux petits meubles bien pratiques pour remplacer les niches cercueils, et au milieu, un grand lit double de 200X140cm pour le marinero solo, et quand je ne suis pas seul à bord, croyez-moi, c’est bien agréable aussi ! Et un vrai matelas en latex de chez Ikea. Sous le matelas, un sous-matelas AKWA-MAT en fibres de coco pour une aération permanente.
Sous le lit, d’immenses coffres de rangements dont les couvercles ont des trous d'aération. 
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Il y a aussi un radiateur dans cette cabine, pour bouquiner le soir au lit, et au chaud.. Sous le radiateur un placard tout en profondeur pour vêtements.
Et comme partout, mon petit bordel et mes souvenirs. Je possède peu, j'ai du mal à m'attacher ou à conserver des objets. Un souvenir de voyage marquant a plus de valeur pour moi qu'un meuble de la grand-mère ! Vous remarquerez que j’ai changé les draps de lit depuis l’avant dernière photo !
La salle de bain était aussi à refaire entièrement. Il y avait un habillage des cloisons, armoires, plafond avec une espèce de simili-cuir plein de taches, décollé, etc. L'horreur totale.

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Elle est spacieuse, 195cm de hauteur sous barrots comme partout dans Anak. Doublages des cloisons, nouveaux plafonds avec isolant comme dans le carré. Rien de simple, tout est arrondi dans un bateau, surtout à l'avant, et dans les deux sens !  Un tout nouveau capot extérieur là aussi. Et of course un radiateur ! A gauche de l’entrée, une porte donne sur une cabine de douche 100% séparée. La salle de bain est à l’avant d’Anak. Quel luxe ! Il y a même un petit radiateur dans la douche.

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Après la cabine de douche, les WC.
Un WC "Lavac", on n’a jamais inventé plus fiable et plus simple. Une cuvette, un couvercle étanche, une pompe Henderson ou n’importe quel modèle de grosse pompe manuelle de cale, et le tour est joué ! La cuvette est toujours propre grâce à ce système par dépression.20-sdb-toilettes-Lavac.jpg

Si quelqu’un est ‘distrait’, et laisse tomber quelque chose genre ‘c’estpasmoi’ dans la cuvette, on le récupère – enfin, il ou elle le récupère - par la trappe de visite sur le corps de pompe ! Toute la tuyauterie, passes-coque, pompes est complètement à refaire.
Petit luxe supplémentaire, j'ai monté une deuxième pompe, cette fois électrique en 12V,  en ligne sur la première, manuelle.

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Non, pas pour mon tennis-elbow, mais parce que la pompe de la toilette sert aussi à vider le bac des eaux usées situé sous le plancher. 150L d’eau des douches, ou du WC ( bien utile en Turquie ). Vous avez déjà pompé 150 litres à la main ? Et au port, quand Anak est branché sur une borne 220V, il ne faut plus pomper, la pompe électrique fait le travail!

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J’ai oublié le lavabo ! C'est chaleureux les intérieurs des vieux voiliers anglais ! En navigation, les petits équipets  se ferment avec des filets. Le petit miroir est placé un peu trop bas ? Au moins comme cela je puis voir si j’attrape du ventre ! Et comme je n'aime pas du tout les miroirs.. 
L’éclairage intérieur est constitué de plafonniers ronds et bien sympas. Prévus pour des lampes à douille baïonnette de 15W, je les ai tous équipés de petites douilles spéciales dans lesquelles je puis insérer des ampoules halogènes de 5 ou 10W ou à leds. Eclairage plus sympa et efficace, et à consommation minime. Puis cela permet de conserver les anciens plafonniers, autrement plus beaux que les trucs plastiques actuels! Dans la salle de bain et le carré il y a toujours un des plafonniers équipé de leds, pour économiser l’électricité la nuit en navigation. Dans la timonerie un éclairage rouge de nuit à leds.  
A l’extérieur, tout l’éclairage est constitué de grosses ampoules à leds conformes aux réglementations européennes.

A l’extérieur, un plan de pont très simple. Pas de drisses ou écoutes ramenées vers la timonerie. 
Tout est à l’ancienne, simple et pratique. Anak est un ketch de grand voyage, pas un bateau pour régates !

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On ne croirait pas, mais j’ai vraiment le vertige là-haut ! Regardez comme je serre les genoux de trouille !

Ne cherchez pas les panneaux solaires, ils ne sont pas encore installés, et il faudra me payer pour que j’y retourne aujourd’hui juste pour une photo ! Quand une drisse coince en haut du mât, toujours seul à bord, j'avoue ne pas être fier quand il faut monter là-haut, surtout si ça tangue !!

Sur le roof de la cabine arrière, il y a un coffre en bois tout neuf. On y stocque les amarres, essence H.B., etc. Mais aussi une grosse bouteille de gaz standard de 13 kgs. Sous le lit de la cabine arrière, j’ai un petit groupe électrogène Yamaha. En cas de bricolages dans un mouillage ou port sans électricité, je le sors si je dois utiliser des outils électriques. Il rentre alors dans un espace fait sur mesure pour lui dans ce coffre. Ventilé, sortie échappement, etc.

Quand j’avais mis Anak au sec à Martigues - Port Maritima, je ne réalisais pas le travail qui m’attendait !
C’est parfois mieux ainsi, sauf pour les finances…

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J’ai déjà décrit en partie les travaux intérieurs sur Anak. Dès l’hiver passé avec son Mistral glacé, j’ai attaqué l’extérieur.
J'avais, dès mon arrivée à Martigues, décapé, poncé et laisser sécher la coque partie immergée, il fallait retraiter tout cela.

Cette partie immergée, séchée au Mistral, après enduit époxy, s’est vue recouverte de 8 couches de brai-epoxy.

Ensuite un primer pour accrocher l’anti-fouling, 1 couche d’anti-fouling à matrice dure, puis deux couches d’érodable.

Ce traitement à été fait fin juillet-début août à Martigues. Quelques milliers de miles plus tard, et seulement en septembre 2008, j’ai repassé pour la première fois de l’antifouling sur Anak à Tabarka ! Ce juste après mon périple algérien.

30-peintures.jpgLa partie non immergée de la coque était de couleur bleue-foncée complètement délavée et fade.

Il fallait rendre cela plus joyeux ! Facile à dire, moins à faire. Poncer, poncer, rêver la nuit de ponçages…, puis primer, et plusieurs couches de bleu méditerranée, tellement plus gai. Tout cela au rouleau, faute de moyens et matériel. Mais quand on est soigneux, et bien aidé par des petites mains féminines tellement plus magiques que mes grosses pattes, on obtient un bien beau résultat !

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Enfin.., si je sais un tout petit peu naviguer, pour les coulures, je suis champion !

Comme nous autres, marins, on est un peu maso, pour compliquer, pardon, enjoliver, il fallait mettre en couleur p.ex. la latte en teck sous le bandeau caoutchouc tout autour d’Anak. Idem pour les portes coulissantes. Et un bandeau jaune à la ligne de flottaison, c’est pas joli ?

Et en jaune vif s.v.p. Vous ne trouvez pas que cela manque de couleurs, chez nous dans nos ports ?

Restait un gros chantier : le moteur !

Sur Anak, au milieu du plancher de la timonerie il y a une grande trappe divisée en deux panneaux de plancher verni et isolés phonétiquement. Quand on ouvre, on voit le moteur tout dégagé, on peut même se tenir debout à côté ! Extra pour les entretients ! Cela est aussi du a un réaménagement complet de cette soute.

31a-trappe.jpg

Quand les  2 trappes sont complètement ouvertes,on peut sortir le moteur via le grand panneau translucide refait à neuf, juste au-dessus, dans le plafond de la timonerie. Ce panneau permet surtout de surveiller les voiles depuis l’intérieur.

Donc avec une grue, on a hissé en ligne droite le gros Leyland Thornycroft de 75 CV et ses 375kgs hors des entrailles d’Anak, pour le déposer sur une palette à terre, à côté du bateau.

Durant un mois, ce sera mon atelier de mécanique en plein air !

Le soir, je recouvrais le moteur d’une grande caisse en CP de récupération.

Est arrivé une autre caisse droit d’Angleterre avec tout ce que je désirais changer sur le moteur. Réalésage de la culasse chez un spécialiste à Martigues (c’est une ville idéale pour tout cela), j'installe des nouvelles soupapes, injecteurs, pompe à injection, pompes à eau, échangeurs d’eau et d’huile, pompe à gasoil, démarreur, joints moteurs, durites, et j’en passe.

Un boulot de fou, je ne suis pas un pro de la clé à molette, mais là j'avais une facture de pièces pas si élevée, des prix anglais et un stock de pièces immense ; ce moteur (non marinisé) équipait les bus à impériale londoniens ! Quand j’avais un problème ou doutais de mes compétences, un mail à Thornycroft avec photos, et réponse directe en retour ! Bon, il faut connaître l’anglais, mais pour voyager à l’aise, c’est aussi utile. Et quel service !

Le moteur datait de 1985. Quand je l’ai vu sur sa palette, plein de rouille, j’ai un peu déprimé.

32-sortie-moteur.jpg

J’ai passé un mois à faire de la mécanique au soleil.

33-r-fection-totale-moteur-moteur.jpg34-moteur-comme-neuf.jpg

Mais le résultat valait la peine. Tout le monde croyait qu’il était neuf !Un petit truc, avant et pendant que vous démontez - surtout la pompe à injection que j'avais remplacé -, prenez des photos numériques, rien de tel pour savoir où remettre tel boulon ou telle rondelle..

Mais bon, l’habit ne fait pas le moine. Après la révision de l’arbre d’hélice et du presse-étoupe qui a un graisseur intégré actionné par une pompe à graisse manuelle dans la timonerie : il n'y a jamais une goutte d’eau qui passe, la grue a redescendu le moteur en place, et sur des silentblocs eux aussi tout neufs !

Il m’a fallu refaire intégralement tout le circuit électrique et le câblage tableau de bord – moteur. Je n'avais jamais fait cela, et ouf.. du bol, cela a fonctionné.

Nouveaux séparateur d’eau et pré-filtres sur l’alimentation gasoil, la liste est sans fin.

Après, c’était le stress suprême…, la grue, remettre le moteur en place, surtout l'aligner provisoirement sur l'arbre d'hélice.... puis brancher provisoirement le circuit de refroidissement eau de mer sur une cuve alimentée par un tuyau d’arrosage, et oser mettre le moteur en marche… J’en faisais des cauchemars !

Mais hop, du premier coup, il démarre et ronronne joyeusement ! Génial !

Mon manuel ‘La mécanique pour les Nuls’ (et chanceux) avait été un achat rentable ! :-)

Restait donc à faire l’alignement définitif sur l’arbre d’hélice. Quelques crampes, jurons, courbatures, colères, lumbagos et lamelles d'écartement tordues plus tard, cela semblait correct. C’est que je n’ai plus 20 ans, et pour atteindre l’arrière de l’inverseur : il faut plonger dans les fonds la tête la première ! 

Après la mise à l’eau, un ultime contrôle et dernier réglage a confirmé l’alignement parfait. Ouf ! Et que de sous économisés, cela devenait urgent ! J'ai du bien réussir l'alignement car 8 ans plus tard je n'y avais jamais retouché !

Depuis, et quelques milliers de milles en plus, le moteur démarre toujours au quart de tour, ne vibre pas, ne consomme pas d’huile, ne fume pas – moi non plus – et consomme toujours ses 1,6 à 1,8 L/H à 1500 T/M qui est le rythme de croisière idéal de ce gros engin de 380 kgs.

Pas grand-chose comparé aux plus de12 tonnes d’Anak à plein ! Vrai que j’ai aussi 650 litres de gasoil dans mes réservoirs, 400L d’eau grace à l'ajonction de nouveaux réservoirs. Et mes quelques affaires personnelles, puisque c’est ma maison !

Restait quelques bricoles, le circuit 220V à terminer, avec des prises dans la sdb, le carré et la timonerie ou cabine arrière, et un petit tableau pour gérer tout cela ! Le mouillage lui aussi est révisé : Un tout nouveau guindeau Lofrans alimenté depuis la batterie moteur avec des câbles neufs de 50mm/2. Commande depuis la timonerie et prise pour boîtier de commande à l’avant sur le pont, c'est indispensable quand on navigue seul. Nouvelle chaîne de 10mm, 70 ml, à peindre en traits jaunes tous les dix mètres + 50 mètres de réserve. Il y a 3 ancres à poste. Le puit à chaîne est complètement réaménagé, bien plus grand avec une goulote pour que la chaîne s'écoule sans coincer.

Anak doit retourner à l’eau, c'est urgent et j'en ai archi-marre de mon chantier. Mes filles sont en vacances. Nora et Lisa, leurs copains, Tout cela n’est pas de trop pour aider à cette ultime opération et quelques essais sur l’eau.

Encore des cauchemars la nuit : mes passe-coques sont-ils étanches (tous remplacés), les vannes pareil (neuves et en bronze!) ? Je me réveille en hurlant : « Anak coule ! ». Comment font-ils pour me supporter ?

Anak est tout beau, Anak est à l’eau.

C’est le moment d’essayer les nouvelles voiles que j’ai fait faire chez Clipper Voiles à Sète (Frontignan) . Un voilier très doué qui a aussi beaucoup voyagé, et donc connaît nos besoin en voiles ‘long terme & grand voyage’ et non juste des sorties W.E. !

Philippe a recalculé le plan de voilure pour optimiser Anak pour la Méditerranée et ses caprices venteux ! Cela aussi était à refaire! Fixations du haut du mât, nouveaux haubans renforcés, étai, pataras.
Un nouvel enrouleur, mis à mesure en atelier par Clipper Voiles, au mm près. Un nouveau génois, plus grand, une nouvelle grand’voile et voile d’artimon ! Du beau travail de pro par un breton installé dans le Sud ! Je le recommande ! www.clippervoiles.com.IMG_8934.jpg 
Evidemment, drisses, écoutes, etc., tout est aussi renouvelé. Je ne vous ai pas raconté la moitié des travaux effectués durant cette année de bagne en plein Mistral !

Bon, tout cela ne m’a pas empêché d’être quelques semaines plus tard à Calvi après une navigation le long de la côte française avec ma fille Lisa et Gilles, puis définitivement seul à partir de Cannes pour traverser vers la Corse. Chouette, ma première nav marinero solo !

41-Anak---Calvi.jpg Puis un peu plus tard dans un de mes ports préférés du coin : Portoferraio sur l’île d’Elbe.

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Le port de Ceuta au Maroc

Ensuite la côte italienne jusqu'à hauteur de Rome et ses ports hors prix qui m’ont vite fait fuir vers Bonifacio, puis le nord de la Sardaigne, puis Minorque aux Baléares. Et enfin l'horrible côte espagnole, Altea, Alicante, complètement massacrée et aussi chère que l’italienne, avec surtout service et sourires en moins : le détroit de Gibraltar et le premier grand but : Ceuta, petit port sympa et pas cher sur la côte marocaine tout près de Tanger. Le Maroc dont je découvrirai durant un an le Nord grace à l'achat d'une petite Peugeot d'occasion. Et enfin l’Algérie. Des années plus tard, la Méditerranée orientale.

Bon, une dernière petite lessive avant de relâcher les amarres.., dur, dur..

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J'espère que ce récit encouragera ceux qui entreprennent ce même genre de chantier sur leur bateau. 

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Published by Vagabondages méditerranéens du voilier Anak - Le voilier Anak

Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

Voyages en voilier en Méditerranée. Algérie à la voile.

Que sont devenus Les ex-moussaillons 'Anak ?

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