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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

1.Egine - Methana 

 

La navigation hivernale en Grèce serait-elle risquée ?

On ne croise pas un seul voilier durant les mois d'hiver en Mer Egée, si ce n’est parfois un convoyeur retardataire qui rapatrie prudemment un voilier vers les Ioniennes ou la Turquie.

La météorologie y est pour quelque chose, les vents sont très variables et il y a autant de vent du Sud que du Nord. En étudiant les ‘Pilot Charts’ on constate que non seulement le quadrant NW de la Méditerranée est venteux, mais en réalité toute la partie nord.
Les coups de vents hivernaux vers la Méditerranée orientale sont aussi influencés par des dépressions se déplaçant vers Chypre, au SE, ou vers la Mer Noire au NE. Ce sont des dépressions de petite taille, mais pouvant générer des vents parfois aussi soudains que violents. Début 1980, un coup de vent grimpa à force 11.
Les prévisions météorologiques ont du mal à prédire ces dépressions se développant aussi vite qu’elles sont difficiles à suivre. Personnellement, je ne me fie jamais à une météo de plus de 3 jours !

Il en résulte que les grecs ne sortent jamais leurs bateaux en hiver, que les sociétés de locations rangent sagement au sec leurs nombreuses flottilles et que la mer et les ports, nous allons le découvrir, sont vides.

Je navigue seul à bord d’Anak, mais cette fois, exceptionnellement, un ami de  longue date viendra me rejoindre pour cette ballade hivernale.

Il est un fin connaisseur des îles grecques. Encore étudiant et passionné par la Grèce, il avait acheté un petit caïque d’occasion et sillonnait durant la belle saison la mer Ionienne et Egéenne d’une île à l’autre. Ayant fait cela pendant des années, il parle aujourd’hui couramment le grec, et connaît plein de petits ports et mouillages. Je sens que je vais me régaler en partageant cette navigation avec mon ami Wulf qui, lui aussi, est curieux de partager une navigation, cette fois  hivernale dans le Golfe Saronique.

Arriver dans des petits ports vides en plein hiver, avec quelqu’un qui parle couramment le grec (ce qui me rendait à chaque fois horriblement jaloux) change complètement l’approche avec les populations locales, déjà fort étonnées de voir un voilier se risquer en mer. Et trouver quelqu’un à bord qui leur fait l’honneur de parler parfaitement leur langue les séduit agréablement.

Nous décidons de faire le périple suivant : Egine, Méthana, Poros, Hydra, Erminioni, Spetsai, et retour via Hydra et Poros à nouveau, puis Palaia Epidaures, Nea Epidaures, Angistri et retour à Egine. Chaque étape fera l'objet d'un article dans 'Vagabondages'. 13 jours de balade hivernale.

Première étape : Egine - Methana

Nous quittons donc Egine ce 17 janvier, la météo est bonne, et Méthana est à deux heures de navigation. Le vent est faible, mais nous hissons les voiles, l’étape est courte, nous pouvons traîner !A 17 h, après avoir contourné la pointe NE de la péninsule de Méthana, nous laissons à tribord le petit port de Ay Yeoryios. C’est justement le genre de petit port ou abri que nous allons essayer d’éviter tant que possible. A Ay Yeoryios il y a peu de place, le brise-lames extérieur est constitué d’un vieux caboteur coulé et rempli de roches. La houle y est très forte par vent du N.

Il fait très beau, si cela pouvait durer.
Direction donc vers le petit port de Méthana. Le port est au S de la ville et ce n’est pas évident de repérer de suite l’entrée du port . Le passage est très étroit, situé entre une presqu’île boisée de pins et la pointe à l’Est l'est tout autant. Mais voilà pourquoi Méthana est un port très bien protégé de tous les vents !

Le port est beau, assez sympa, mais très vide. A part quelques pêcheurs, pas âme qui vive !

L’odeur de l’eau sulfureuse de Méthana est une curiosité ! Vrai que cela sent l’œuf pourri. Certains remplacent leur chaîne par une grosse amarre fixée à l’ancre, car l’eau sulfureuse corrode la chaîne.
Le village situé juste au-dessus de Méthana s’appelle Vromolimani, "la côte puante" et mérite bien son niom !

Par contre, pas besoin d’antifouling, le soufre tue les algues !

Wulf part explorer la ville, toute proche pendant que je range à bord. Arrive un grec sur  son scooter me demandant avec un grand sourire combien de temps nous comptons rester.

«  - Oh, juste une nuit, nous repartons demain matin !

- Alors pas de problèmes, bonne soirée ! »

En réalité, c’est le responsable du port, l’homme qui collecte l’argent que l’on paie pour s’amarrer à quai. Mais on est en hiver, il n’en a cure et est reparti avec son grand sourire !

Wulf revient et nous repartons ensemble trouver un petit boui-boui sympa comme ceux d’Egine pour boire un tsipouro.

On est un peu déçus, pas de bouis-bouis, et ce n’est pas manque d’avoir cherché ! On termine notre recherche dans un bistro proche du port.

Ca alors, ces grecs ont un drôle d’accent ! Wulf parlant couramment le grec dresse l’oreille, en réalité, tous les gens qui sont dans le bistro sont des albanais travaillant dans la région !

Bon, pas de réel coup de foudre pour Méthana en hiver, on va rentrer manger à bord, nous coucher, et demain, en route pour la belle Poros !


Adios, Méthana.

 

Prochain article
2. Methana - POROS dans 'Vagabondages..

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

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