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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

De Syracuse à Egine 


Syracuse + 268 miles font Grèce & Zakynthos ! Belle traversée !

Syracuse-Egine-copie.jpg
Syracuse fut une belle escale, le port près de la vieille ville bien sympathique (sauf le prix  ! )
J’ai donc décidé de filer en ligne droite vers la Grèce. La première île grecque la plus proche est Zante ou 'Zakynthos'.
Cela m’évite l’énorme détour, plus rassurant peut-être, via la botte de l’Italie, Corfou, etc. On y frôle le détroit de Messine et ses coups de vent terribles, et j’évite les prix un rien trop élevés des ports Italiens. Pourtant, il y a qques années, j'y avais encore trouvé des haltes gratuites ou peu chères, mais le boum de la location de voiliers a bien changé les choses là aussi.
La traversée fait plus ou moins 268 miles nautiques et j’estime qu’elle prendra deux nuits et trois jours, selon le vent.
La météo semble bonne ( peut-on se fier à une météo en Méditerranée ?) si ce n’est qu’à l’arrivée, je serais accueilli par un coup de vent venant de l’Adriatique !
Bon, avec un peu de chance.. et sans traîner surtout !!
J’aurai finalement presque tout le temps un vent arrière, mais léger, léger, et si je ne veux pas passer une semaine à traverser : il me faut souvent faire tourner le moteur.
Il tournera même quasi tout le trajet, encore plus de 100L de perdu because Eole la capricieuse. Heureusement, c’est du gasoil algérien à 0,15€/L. Quand je devrai en reprendre, je vais rire jaune en voyant la note ! Ca me déprime.
La première nuit est un rien stressante. Anak est entouré d’orages. Pas de terre à l’horizon, pas de bateaux, que des éclairs partout autour d’Anak. Je trouvais cela par contre magnifique, les éclairs illuminaient d’énormes nuages dans le ciel. A nouveau, on se sent tout petit devant cette immensité.
J’avoue avoir regretté souvent ne pas partager ces moments magiques avec quelqu’un de proche.
J’étais aussi prêt à sauter sur l’appareillage électronique, débrancher tout, surtout le PC, etc, si jamais les éclairs s’approchaient un peu trop d’Anak et de ses mâts.
J’ai eu de la chance, un bien beau lever de soleil le 2ième jour de mer, un soleil jouant à cache-cache avec des nuages qui s’auréolaient d’une bande de lumière éclatante. Rien que pour cela, j’aime la pleine mer. Ce doit être pareil, seul en montagne.

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Mais autrement, j’avoue que ces traversées me barbent durant la journée. Pas de cargos ou si peu, des usines flottantes à touristes que nous les voileux sectaires osont appeler 'promène-couillons' ! Je devrais avoir honte ! Croisant la route des cargos de l'Adriatique je m'attendais à plus de trafic. Mais mon radar n'a rien signalé de trop stressant.

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Je contrôle en permanence les voiles car le vent change de rythme sans cesse, et chaque réglage me fait gagner un dixième de mille à l’heure. Cela compte sur une telle distance. Bon, je précise ; quand il y a du vent !!
Un oiseau, sorti de je ne sais où et est venu se réfugier sur Anak. On cohabitera plus d’une demi-journée, puis il a disparu, sans doute suffisamment reposé, ou alors marre de voir ma gueule.

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Je lirai deux livres entiers de Saramago durant cette traversée. Je m'installe alors sur le tatami dehors. C'est génial, surtout que je m'endors, mais je ne vous direz pas combien de temps !
De temps en temps, une bande de dauphins vient saluer Anak.
Par contre : pêche à la traîne : zéro cette x !
Les nuits sont ponctuées par la sonnerie de mon alarme programmée à repérer tout cargo approchant trop d'Anak ou pouvant croiser sa route. Le reste du temps, je dors. Je sais, je sais, c'est de l'inconscience.. mais seul, pas de partage de quarts!
Je regardais aussi avec inquiétude le Navtex et ses bulletins météo ‘thunderstorm » côté North Ionia, etc..
Pfff, exactement où je vais ! Gale Warning Ionia North.. maman !!
Enfin la terre est en vue le 3ième jour,

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Un bel orage se forme effectivement entre la terre et Anak. Finalement, j’y réchapperai de justesse.
Zakynthos est l’île la plus au Sud des îles Heptanèses. Au centre, l’île est très fertile, renommée pour ses vignobles et raisins secs, figuiers, oliviers, orangers et citronniers. Les Vénitiens appelaient Zakynthos ‘la fleur du Levant’ ! Tout autour, des montagnes parfois très hautes, et au Sud des plages de sable blanc avec une eau claire comme du cristal. L’île, vue depuis Anak est très verte. Ici aussi, un tremblement de terre a détruit la belle ville vénitienne de Zakynthos. Lawrence Durrel écrivait dans ‘Les îles grecques’, « il n’y avait qu’en Italie que l’on pouvait retrouver ce style baroque du XVII et XVIIIè siècle. En 1953, la terre engloutit la totalité de ce passé vénitien et laissa une ville brisée. »
Cette île fut aussi occupée pour sa position stratégique, par les Athéniens, Philippe de Macédoine, les Romains, les Vandales, les Normands, Turcs, Vénitiens et même les Français avant les Russes et enfin les Anglais.
Il est interdit d’aller mouiller dans le Sud de l’île, toute la zone – Kolpos Lagana - est protégée, mouiller l’ancre est passible d’une amende de 300€. C’est la zone de ponte la plus importante en Méditerranée de la tortue caouanne. C'est que j'en sais des choses, merci les guides!
Vers 17 h, j’arrive dans le port de la ville Zakynthos. Je suis en Grèce !!!!

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En Grèce, dans la plupart des ports, il faut se mettre cul au quai en mouillant l’ancre à 30m à peu près pour avoir une bonne tenue. C'est une spécificité grecque, et je dois tout réapprendre.
Mais le coup de vent annoncé arrive lui aussi, et il est très fort !
Tiens, tiens, j'ai mon estomac qui se réveille. C'est mon meilleur baromètre "entrées de ports !"
Le port est réputé mal protégé et je m’en souviendrai ! J’aurai donc évité ce coup de vent annoncé de justesse ! Par contre, reculer vers le quai dans les bourrasques, lacher l'ancre puis de la chaîne tout en même temps, la laisser courir, puis à 1 m du quai, si personne (c'est le cas vu le temps), faut tout lacher, courir vers l'arrière, prendre les amarres (préparées !!), sauter sur le quai (pas dans l'eau !) et attacher les amarres avant qu'Anak ne reparte vers le milieu du port, tiré par le poids de la chaine.. !
J'adore ! Surtout cette première fois !
Deuxième problème, la commande électrique du guindeau se bloque sans arrêt ! Bref, j’ai sué qques gouttes ! Je vous disais que mon baromètre interne est fiable!
Ce matin, j’ai tout démonté, vérifié mes connections, tout marche impeccable !? Mystère total, on verra bien demain au prochain port, car en Grèce, ce genre d’amarrage au quai étant le plus fréquent il faut donc que tout cela marche parfaitement ! Surtout étant seul !

Le port est sympa, l’entourage et la vue depuis Anak bien sympa. 017-depuis-Anak.jpg

On est dimanche, les cybers sont fermés, et si la météo est meilleure, demain c’est route vers le Golfe de Patras – entrée du Golfe de Corinthe -  et un petit port bien sympa : Missalonghi, au milieu de marais salants et au bout d’un long chenal. On dit l’endroit très sympathique, et la baie est entourée de maisons de pêcheurs sur pilotis dans l’eau !
Bon, je vous raconterai la prochaine fois. D’abord trouver un cyber pour envoyer ce mot !
Ah oui, c’est à Missalonghi que Byron est mort, ben oui, et votre culture générale ? ( et la mienne ! )
Je vous tiens au jus !!


Le Golfe de Corinthe
Hello,

Anak a quitté Zakynthos le 7 octobre seulement à cause du coup de vent.
Vers 16,30h, j’arrive devant le chenal de Missalonghi. Tout le trajet s’est fait au moteur, vent de face pour changer.. 1500 t/m ; je n’étais pas pressé, c’est mon meilleur régime moteur/consommation, mais avec ce vent de face, je fais un pénible 4 nds.
Missalonghi est une petite ville avec un port de pêche situé tout au bout d’un long chenal de plus d’un mile de long et balisé de bouées rouges et vertes et qui traverse un immense marais salant. Le chenal fait 6 à 7 m de profond et est dragué sans cesse pour les petits cargos qui viennent charger du sel dans le port. Gare aux distractions, hors du chenal, cela remonte à moins de 2m !!
A l’entrée du chenal, il y a tout le long des maisons de pêcheurs sur pilotis qui sont parfois très mignonnes. Pleines de couleurs, filets qui pendent, petites barques amarrées devant..
Missalonghi
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Cela donne un petit air Asie du SE. On en a encore plus l’ímpression quand on voit des gens pousser leurs râteaux dans la vase, de l’eau jusqu’aux genoux. Là ce n’est pas pour le sel, mais la recherche de coquillages, surtout l’énorme nacre à la coquille dorée. Mais comme je n’avais pas de râteau à bord..

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La petite ville n’a rien de bien spécial et au centre comme partout en Grèce maintenant, des rues piétonnes avec plein de bistros aux fauteuils hyper confortables, tout comme les prix. Boire un verre frise de suite les 3€, et pourtant, tous ces bistros sont pleins, surtout de jeunes. Et dans les rues adjacentes sont stationnées leurs bagnoles, jantes alu, modèles ‘sports’ récentes, tunées, etc., sans parler des motos flambantes aux échappements trafiqués avec lesquelles ils traversent ces rues piétonnes à des allures de cinglés, ce qui ne semble déranger personne. Je ne sais comment ils font, mais vu le nombre de boutiques de fringues, etc, il y a du pouvoir d’achat ! Le port, presque vide, est sympa, bien protégé et.. gratuit ! J’avais demandé à un grec à Zakynthos comment ils faisaient vu la cherté des boissons, restos, etc, et il m'assurait que ce n’était pas un gros problème, que bcp de grecs avaient deux métiers, un la journée, un deuxième le soir et certains WE, ce qui permettait d’y arriver. Au contraire du Péloponnèse et Athènes, les gens sont plutôt sympas et surtout détendus, toujours lancés dans des grandes discussions sur les terrasses, tout cela de fort bonne humeur.
Je ne resterai qu’une nuit à Missalonghi, car Nafpaktos m'attend : Un petit port médiéval qui, sur les cartes, à l’air bien sympa.
Je repars donc de Missalonghi début de matinée : direction Nafpaktos ou Naupacte - certains l’évoquent sous le nom de Lépante, mais ce nom rappelle surtout la célèbre bataille navale qui se déroula au large de Missalonghi -, qui n’est pas loin, le vent absent comme d’hab.. et  j'arrive à 14,00h 
L’arrivée est splendide, le port médiéval, la ville que surplombe la citadelle Vénitienne du 15ième siècle.

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Le port a une forme ronde, il est tout petit, et ce n’est pas simple d’y manœuvrer.
Il y a surtout peu de place, tout est complètement rempli par des barques de pêches, deux petits voiliers de locaux, et un voilier de location qui a pris la seule place de libre juste devant l’escalier qui monte vers les quais.
Je n’aime pas les locations !
Pardon l'ami Wulf.. Mais il y a de quoi : à Zakynthos je m’étais bien amarré, cul au quai et plus de 30 m de chaîne entre Anak et l’ancre. Comme il y avait beaucoup de vent de face, j’avais bien tendu la chaîne pour écarter Anak du quai. A côté d’Anak, un voilier de location avec 6 allemands à bord.
Le lendemain matin, vers 8h, ils se préparent à partir. Je leur dis gentiment de se méfier : que le vent a tourné, va les pousser coté tribord, donc vers moi et ma chaîne : Bon, ils savent mieux.. ‘Ja – Ja’ avec un air méprisant..
Ils lâchent tout, s’y prennent bien trop tard pour remonter la chaîne, évitent de justesse l’avant d’Anak, et qques mètres plus loin, dérivent au-dessus de ma chaîne. A 20 m d’Anak, je vois au loin mon allemand 'ja, ja' monter l’ancre, dans laquelle pend la mienne !! Je fonce comme un fou mettre le moteur d’Anak en route, faire tourner lentement l’hélice pour me tenir à distance du quai car plus rien ne me retient devant et j’ai le vent de face. Vu le poids de ma chaîne, toujours complètement déportés à gauche, ils se rapprochent de moi ! Je leur hurle en allemand de donner du gaz et de se diriger bien en face d’Anak le plus loin possible avant de laisser retomber à l’eau mon ancre qu’ils ont dégagée de la leur.
Ben non, ils lâchent mon ancre à quinze mètres d’Anak, complètement à gauche, au-dessus de la chaîne de mon voisin à bâbord, et s’en vont sans même regarder en arrière.. ‘Ja – Ja…’
Bref, j’ai du défaire en triple vitesse mes amarres arrières, enlever mon branchement électrique tout en protégeant le côté du voisin contre qui j’étais allé me coller, (Anak avec son boudin caoutchouc style chalutier s’en fiche) repartir vers le centre du port, espérer qu’en la relevant mon ancre ne va pas crocher l’ancre du voisin, etc. et refaire toute la manœuvre..
J’étais dégoûté, aucun savoir-faire ni savoir-vivre..
Bon, petit souvenir vite oublié, revenons à Navpaktos.
Finalement, juste à côté de l’entrée du port, je trouve un endroit où j’arrive tout juste à me mettre. J’avance d’abord vers le centre du port, et je laisse filer l’ancre en actionnant la commande dans la timonerie. J’avais fixé un orin à l’ancre qui lui se déroule à côté. 3 m de fond, je laisse filer 20 m et je recule vers le quai. C’est très juste, les premiers 2 m depuis l’entrée du port sont dangereux, du sable et gravier monte jusqu’à 0,50m sous l’eau, il faut qu’Anak se positionne juste à coté, mais avec mes 1,55m de tirant d’eau, cela semble aller.
Ouf, Anak est amarré, la chaîne, retendue, semble tenir malgré le fond de vase molle de mauvaise tenue, comme annoncé dans le guide Imray. (si l’on peut se fier à un Guide Imray.)
La ville est vraiment sympa, les gens aussi. Je file à la recherche d’un cyber car Nora devait me tenir au courant des démarches administratives qu’elle effectue pour moi.
On décide de s’appeler le lendemain matin et de mettre en route des trucs assez urgents.
Le lendemain matin, je téléphone donc à Nora, je lui envoie copie de courriers administratifs que j’ai tapé à bord le soir. Je téléphone personnellement a mon plus grand ami sur terre, mon inspecteur des impôts, qui est tout a fait charmant et content que je l’appelle (faut se méfier de l’eau qui dort  paraît-il), m’explique ce que je dois faire, et est OK pour voir tout cela, dès réception de mon courrier, avec Nora, etc.
Enfin, merci, les filles, pour faire des go-between aussi efficaces.

J’en profite aussi pour faire des photos d’identité moi.jpg chez un vrai photographe, pour ma nouvelle carte Vitale, et je les enverrai d’ici à Lisa.
Finalement, j’ai tout terminé à 13,00h, et j’ai même posté par recommandé la lettre à mon ami du fisc.  
Toutes mes affaires sont réglées, je décide de partir début a.m. pour l’île de Trizonia, à 15 miles de Navpaktos.
Je remonte l’ancre et l’orin (l’orin comme déjà expliqué, c’est un long bout de corde attaché à l’avant de l’ancre, se déroulant avec la chaîne, et qui permettrait, au cas où celle-ci s’accroche à quelque-chose, de la dégager - si vous n’avez rien compris, venez voir sur place !), ouf, cela remonte nickel, car dans un si petit port circulaire, tout se croise dans l’eau !
Ciao Navpaktos

Et je pars vers Trizonia où j’arriverai vers 16,30h.
Vous savez quoi ? J’avais enfin du vent, et beaucoup ! Génial non ? Surtout quand c’est en plein dans le pif ! Pfff, cette méditerranée..
Trizonia est une toute petite île, et l’escale sera super chouette.

074-village-sur-ile-de-Trizonia.jpg
Un port/marina abandonné, inutile à cet endroit, (encore un financement foireux de la CEE, il y en aura plusieurs) des voiliers y hivernent, car c’est gratuit (Navpaktos, c’était 7,50€, on est qnd-même loin des prix italiens). Par contre, le financement C.E.E. n’avait pas prévu que le copain, pardon, l’entrepreneur du coin qui a coulé les bétons des quais mettrait tellement peu de ciment dans son béton et la différence dans sa poche, que les bords de quai sont tout arrondis, complètement érodés. 
Que des cailloux pointus comme si on avait passé un coup de Karcher avant le séchage définitif du ciment : bref, impossible de marcher pieds nus, les pare battages souffrent et les amarres encore plus, et tous les bateaux dans le port trouvent des astuces pour limiter les dégâts : Curieux de revoir tout cela dans 10 ans ! Et de se dire combien il est scandaleux de voir l'argent du contribuable européen distribué pour des projets spécifiques en Europe sans le moindre contrôle quand à l'usage de cet argent. On peut d'aillers se poser des questions quand à la compétence de ces décideurs de la nomenclatura du siège de l'Europe à Bruxelles. Durant les années à venir je rencontrerai nombre de ces marinas innachevées et inutilisées le long des côtes grecques. Bon profitons en tout cas de ce quai gratuit.

073-Anak-a-Trizonia.jpg

Le village est mignon comme tout, avec ces petits bistrots à l’ancienne, chaises et tables en bois au bord de l'eau sous les arbres.
Le soir, j’irai boire un verre de limonade. L’équivalent à Zakinthos coûtait 2,5€, ici 1,5. Etre assis dehors au bord de l’eau ainsi, c’est enfin à nouveau la Grèce.

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Puis, au bout de 15 minutes, sans dire un mot (pas très causants parfois, les grecs), le bistrotier dépose devant moi un café grecs fumant et s’en va ! Cadeau !
Et plein de souvenirs de cette Grèce d’il y a 40 ans reviennent, où tout était si souvent ainsi !
Par contre, un couple sur un autre bateau me dit qu’ils sont passés ici en été, et que là, c’était plein à craquer, plus une place.. ben oui, jolie île, petits restos et bistros, et place gratuite, même s’il n’y a ni eau ni électricité !
On m’avait dit pareil pour Navpaktos, déjà très peu de place, presque des batailles navales quand une se libère, le reste est à l’ancre devant la plage juste à côté, qui, certaines nuits, ressemble à un parking de voiliers ! Vive les mois d’été !
Ce matin, j’ai quitté Trizonia avec un peu de regret.


Avec un beau lever de soleil en face d’Anak
Je serais peut-être bien resté deux ou trois jours : c’est gratuit, il y a qques gens sympas dans le port, et les grecs du coin sans doute aussi, et je serais retourné au petit bistro ! Entre deux repas de pâtes, je me serais offert une Moussaka qui ici était affichée très bon marché !
Puis j’aime cette solitude dans de tels endroits, même si c’eut été plus chouette encore de la partager avec les gens que j’aime et qui apprécient. Si je repasse un jour… et pas en été..
Mais je dois aussi avancer, un crochet par Itea, petit port d’où partent des bus pour aller visiter Delphes, à 15 kms. Delphes que j’avais aussi visité longuement il y a quelques années. Encore un port gratuit, complètement inachevé et financé par la CEE ! Prises d'eau et électricité, mais rien n'est branché !!
Anak a Itea 086-Anak-a-Itea-Delphes.jpg

J’en profiterai pour faire quelques trucs sur Anak, ce billet, et un grand ménage. C’est qu’il a besoin de soins permanents, ce vieux rafiot !
Bon, je vais essayer de compléter les photos du dernier billet, plus celui-ci. Je rajoute aussi des photos sur le site :
Pardon Lisa, je sais que toutes ces photos te fichent le blues..
Prochaine escale : Corinthe ! Pas loin, un gros 20 miles. Pas une ville transcendante selon le guide. On verra !

Corinthe – Canal de Corinthe – Golfe Saronique – Palaia Epidaure
L’arrivée à Corinthe, son petit port de plaisance, perdu au fond du grand port pour ferries de fret était finalement assez sympa.

093-Corinthe.jpgArrivée rendue impressionnante, avec la vue, depuis le golfe, de l’Acrocorinthe en haut de la montagne surplombant la ville.
J’avais vu le magnifique panorama du golfe depuis l’Acrocorinthe il y a plusieurs années, cette fois je le voyais depuis le golfe.
A l’origine, l’Acrocorinthe était un temple voué au culte d’Aphrodite, et mille prêtresses et danseuses s’y livraient à la prostitution sacrée ! Mais comme la grimpette de 3 Kms est vraiment rude, ‘ils’ devaient être fatigués en arrivant là-haut !
Corinthe, c’était aussi la cité des arts où naquit le célèbre style corinthien. Diogène y habitait, mais dans sa jarre de terre cuite pour mieux philosopher. C’était donc autrefois une ville très riche et de débauche : même St Paul s’est arrêté pour y remettre de l’ordre, sans le moindre succès.. (‘L’Epitre aux Corinthiens’) Il ne raconte évidemment pas s'il a succombé !
Dans le port, un anglais chevelu et barbu vient admirer Anak. Je discute avec lui, il est pêcheur, et vît là depuis plus de 10a ! Et heureux comme un roi, « tellement plus cool qu’en Angleterre ! »
Il m’emmène dans un boui-boui côté port des ferries et là, la vieille Grèce de mes nostalgies refait surface. Le patron du boui-boui ne veut pas que je commande qque chose à boire (déjà bien moins cher que les prix grecs habituels) et j’ai droit à un verre de vin et du calamar frit, etc pendant que l’Anglais, qui parle grec couramment et est son grand copain, lui explique a quoi ressemble Anak, cad, à tout sauf à un Tupperware (c’est le nom que donnent les routards des mers vivant sur des bateaux hors série ou non clonés, ce avec une petite teinte de mépris et surtout snobisme dans la voix – on n’est pas parfaits (nos bateaux non plus).
Je retourne sur Anak, bien content de m’être arrêté ici malgré les avis négatifs du guide Imray (navigation) ou même Routard.
J’ai du boulot, préparer Anak, vérifier les niveaux, décanteur, etc, que de choses sur un bateau…, car risque 0 pour les pannes dans le canal, les amendes sont monstrueuses !
Un bateau autrichien un peu plus loin me dit avoir payé 220€ le passage pour son 13m . Cela me donne des sueurs froides vu mon budget…, surtout qu’on paie à la sortie, trop tard pour faire demi-tour !
Ca y est ! Il est 7h du matin, et je suis au milieu de l’eau devant l’entrée du Canal. Un appel VHF canal 11, et on me dit, un cargo rentre, vous le suivez full speed ! Donc dans 5 minutes, c’est votre tour !
Incroyable, parfois on peut attendre jusque 3 heures pour passer. Bon, le jour se lève à peine (pour vous il est 6h) et les photos… on verra !
Le cargo passe, et Anak en bon élève s’aligne derrière.

095-entree-Canal-de-Corinthe.jpg

Au début, je me rapproche de lui, car il y a un pont à chaînes qui attend notre passage. Un pont à chaînes, c’est un pont suspendu à des chaînes et qui descend au fond de l’eau pour laisser le passage !
L’entrée est impressionnante, je stresse un peu, ça sent l’aventure, j’aime. Anak lui est blasé et me souffle à l’oreille « t'excites pas, ce canal, je l’ai déjà fait il y a plus de dix ans avec mon ancien proprio, une bagatelle ! Sauf que hé hé, ça devait être bien moins cher ! hihihi ! » Quel salaud, je n’y pensais plus..
Le cargo avance à 6 nds, et moi, je donne à peine du gaz. C’est le courant qui doit faire au moins 2 nds : Le vent est d'Ouest, plus une légère aspiration du cargo, que je laisse pourtant à distance dans le canal, pour éviter ses remous d’hélice.

097-canal.jpg

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C’est majestueux, impressionnant, les photos en disent plus que les mots.
3 miles plus loin, après être passé sous des ponts sur lesquels j'étais déjà passé en voiture !!, arrive la 102b-passage-ss-autoroute.jpg

sortie, et le quai après un dernier pont à chaînes. Le quai, c’est le péage..!
Je fonce vers les bureaux, espérant qu’ils ne vont pas me soutirer tous mes derniers sous. Et surprise, ma lettre de pavillon qui indique qu’Anak fait ‘juste’ moins de 10m me relègue dans la colonne des moins 10m : 111€ Ouf qu’il fait le vieux ! (Bon, ok, c'est de la triche...)
Lâcher les amarres, moins stressé, et surtout parce que devant l’étrave d’Anak s’ouvre le Golfe Saronique et surtout la mer Egée, lieu de navigation de mes prochaines années.

Première étape : Palaia Epidaure, un petit port à 15 Kms du site fabuleux d’Epidaure que je connais aussi déjà.
Le golfe est magnifique, au loin, que des îles, presqu’îles, Egine, Méthoni, etc, et la côte, c’est le Péloponnèse.

111-Methoni-Egine-Etc.jpg

 22 miles, et me voila dans la petite rade de Palaia Epidaure.
Bien respecter les deux balises qui  indiquent le passage, demi-tour devant le quai, lâcher la chaîne, et Anak va se placer entre un voilier hollandais et un allemand. La manœuvre n’est pas toujours simple, Anak ne vire pas sur place avec sa longue quille, et quand le vent s’en mêle, il faut maîtriser ses 12 tonnes !
Un Bavaria de 14m fait 6 tonnes, bref, Anak, c’est un char d’assaut !
D’ailleurs, les hollandais, un vieux couple avec fille, mari et les petits-enfants regardent Anak : « Wat een stoere boot, en zo leuk ! » Quel bateau costaud et marrant !
Ils me donneront des renseignements sur Egine, etc, tout cela en néerlandais, on est tous contents de parler un peu flamand/néerlandais entre bateaux.
Le dernier mail de Wulf, avant-hier, me parlait du nombre encore élevé de bateaux de location aussi tard dans la saison, il ne croyait pas si bien dire : arrivent après une flottille de location : 11 voiliers à la queue leu leu.. 11 pavillons russes en haut à tribord dans les haubans !
Et mes hollandais me dire, c’est partout comme cela, c’est une invasion !
Perfide, je leur réponds : « Mais heureusement qu’ils sont là aussi pour nous prêter qques milliards pour sauver nos banques » Pauvre Europe..
Voilà. Le port est très touristique, Epidaure oblige : Mais très mignon et sympa.

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En 1971, sous 6 m de terre, on a 116-petit-amphi-palaia-epidaure.jpg

découvert un petit amphithéâtre qu’ils sont toujours en train de fouiller. Aujourd´hui, en été on y donne des concerts !
Personne n’est venu demander des sous pour la nuit, mais sur le quai, il y a des bornes eau, et électricité pour lesquelles il faut acheter une sorte de carte de crédit : P.ex. 0,15€ le KW, etc.
Trop cher pour moi, et pas besoin sur Anak, je suis suffisamment autonome pour m’en passer, et je préfère aller boire une limonade (c’est le moins cher ici) sur une petite terrasse au bord de l’eau, pour fêter ma première nuit à l’Est de la Grèce.
Je vais démonter le gros contacteur de guindeau qui se bloque parfois, et jamais au bon moment ! Tout neuf, mais bon… et toujours qque chose à faire sur ce fichu bateau..
Tiens, v’la Anak qui tangue.. de contentement..
Je ne visiterai pas le magnifique et grandiose site d’Epidaure, j’y étais il y a quelques années !

Demain. l’île d’Egine ..

 

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

Voyages en voilier en Méditerranée. Algérie à la voile.

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