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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

La Tunisie


TABARKA
Tabarka, et mes premières impressions après l’Algérie.. 

Vendredi 6 juin 2008

Le port est petit, assez sympa.

Peu de voiliers, les voiliers présents ici sont tous arrivent via la Sardaigne ou Sicile, et continuent vers Malte, Sicile, ou vers les marinas du Sud de la Tunisie.
Anak fait exception, le seul arrivant via l'Algérie, et les questions fusent !

Il y aura un peu plus de monde dans un mois, surtout avec le festival de jazz début juillet, et en août celui de la world music.

Il n’y a pas de marina à Tabarka. Chouette ! Un petit quai dans le fond du port, où les bateaux peuvent se mettre avec le nez ou l’arrière à quai, et sur pendille de l’autre côté. C’est le meilleur endroit, bref, tout y est évidemment pris.. 

L’autre quai disponible pour les voiliers est à gauche de celui du fond, on y trouve un mélange de qques bateaux locaux, et qques voiliers, comme Anak. Le reste de la place, c’est pour les pêcheurs ou les barques de plongeurs de corail……

On s’amarre comme on peut. Quand je suis arrivé, il y avait une place à quai. Shérif, le très sympathique responsable du port m'attendait! Devant moi, 3 voiliers, à couple. Hier soir, un petit voilier écossais est venu se mettre à couple d’Anak. Trois écossais avec un de ces accents !!!!! Ils sont discrets et super sympas. Pas même un récital de cornemuse !

Etre le long du quai n’est pas toujours la meilleure place. Comme c’est un port totalement ouvert au public, à la différence de Bizerte, et autres marinas tunisiennes, qui ont des entrées surveillées et contrôlées, les gens qui regardent Anak sont presque à bord !

Demain, un des bateaux devant moi s’en va vers Bizerte, puis vers le Sud, et je vais prendre sa place. Je serai à couple d’un voilier en bois, inhabité, mais qui fera un écran entre Anak et le quai. Moins de bruit et de poussière.

Les jeunes couples se prennent en photo devant Anak… pour faire plus ‘vrai’, un des deux monte à bord, et ‘clic’ ! Bon, ça va une fois.. Mais, quand je sors, pour la photo et ma gueule dans le paysage.., curieux, ils changent d’avis !

Les portes d’Anak sur les côtés donnent sur le quai, c’est comme une invitation…, surtout qu’il fait chaud. Tout est grand ouvert ! Et heureusement il y a les rideaux, tirés, côté quai.

Les alentours du port lui-même ont été réaménagés. Bâtiments blancs et bleus à la tunisienne, quelques échoppes, capitainerie. Et les Tabarkais qui viennent se balader, ou les jolies tunisiennes qui viennent draguer…

Mais non… !!! Mais bon, elles ont de ces yeux... " Elle a les yeux revolver.." chanterait l'autre.

Bien plus loin, derrière moi, deux bateaux ‘pirates’,

tenus par des jeunes sympas, des espèces de copies de bateaux pirates ( tiens, tiens.. Polansky a tourné dans le coin..) qui promènent les gens dans la belle baie de Tabarka, ou le soir bistro pour jeunes… avec musique, non pas Tunisienne, que des tubes américains!

Mais bon, c'est assez discret, et quand j'aurai ma nouvelle place, je serai loin d'eux. J’'ai vécu cent fois pire dans les ports de Corse ou d’Italie. (Boites de nuit ouvertes, sur les quais, musique à fond jusque 5h du matin, ou le Spoon sur les quais de Ceuta, l'horreur !)

Ca aussi, c’est la Méditerranée durant l’été, mais, cela fait aussi vacances.. Puis vive les boules Quiès !

Dès que l’on sort du port, en traversant les bâtiments blanc et bleu qui l’entourent, on est de suite en pleine ville. 

Un autre monde, une ville normale, très active.

Taxiphone, Internet à 100m, et des magasins, boulangers, épiceries, marchands de légumes, camelots en rue, quincailleries, et mieux encore : des bouis bouis partout, kébabs, plein de cafés avec des terrasses ombragées.

Et ça j’aime..

Je vais donc rester à Tabarka. Tant pis pour le monde en juillet et août, puis c'est un tourisme local, ou curieusement; algérien !

Il y a donc quelques bornes sur le quai, avec eau et électricité. Epique, car sur 10 bornes, seul deux ou trois ont de l’eau, ou de l’électricité ! Alors, c’est l’accumulation de multiprises, etc… et ça ne disjoncte pas (j’attends la pluie, aucune borne ne ferme) !! Sur certains bateaux, les gens râlent : ‘bricolage, inorganisation, etc’, curieusement, ce sont toujours les français qui râlent le plus ! Pourquoi ne restent-ils pas en France et Corse. C’est bien mieux organisé, surtout les prix qui vont avec !

Tout cela ajoute pourtant beaucoup de charme à ce port, cette ‘désorganisation’ est finalement très sympathique..

Ce matin, longue douche hyper chaude, long champoing, quelle luxe et que c’est bon après si longtemps !

Je dois me réhabituer à l’eau courante au robinet ! Mon pied cherche à chaque fois la pédale qui actionne la pompe d’eau, puisque l’eau courante était coupée depuis Ceuta.

Je la mettais juste deux minutes, le temps de prendre ma douche tous les X jours avec l'eau chaude grace au moteur..

Les Tunisiens sont très accueillants, très gentils, comme les Marocains et les Algériens.


TABARKA - KELIBIA 
Je vous écris de Kelibia, gros port de pêche plein de chalutiers et barques de pêcheurs. Sans oublier une odeur absolument géniale, puisqu’elle me transporte bien des années en arrière : quand les filles se pinçaient discrètement le nez sur la plage de M’Bour, au Sénégal, au milieu des milliers de poissons en train de sécher (ou pourrir) au soleil !

C’est un peu pareil ici par moments, mais on s’habitue !

Le 16 septembre, j’ai quitté Tabarka après une escale de 3 mois finalement bien sympathique.

Les premières semaines m’ont permis de me reposer après cette longue navigation pas facile et les douze escales en Algérie, puis soigner Anak qui avait un peu souffert dans les ports industriels de marchandises ou de pêche algériens.

Après sont arrivés les proches : Lisa et son déjà bien gros ventre, Gilles, et qui semblaient tous aussi avoir bien aimé Tabarka.

Nous ont par contre énormément manqués : Nora, Franck et petite Lou. Mais elle était encore un peu petite pour nous rejoindre dans le nord de la Tunisie. L’avion, mais surtout les taxis collectifs et longues heures de route inconfortables dans la chaleur de l’été tunisien...

Lisa s’en rappelle encore sans doute, secouée avec son ventre de 5 mois !

On s’est consolés en regardant les nombreuses photos de Lou que Nora nous envoyait par Internet !

Ce 16 septembre donc, je quitte Tabarka.
 

Inutile de vous dire combien j’étais stressé, le moral plutôt style grosses semelles de plomb comme toujours quand je quitte un endroit où j’ai vécu des moments intenses et chouettes avec mes proches.

La météo avait été très mauvaise durant 4 jours. Sinon je serais parti le 12 ou le 13. Cela me faisait des suppléments de frais de ports à un tarif bien moins avantageux que celui au mois. Finalement, le responsable du port, Shérif, pour qui j’avais souvent joué à l’électricien me faisait cadeau des derniers jours.

Il m’avait aussi prévenu : attention, si tu pars demain, le vent se sera un peu calmé, par contre, la mer est encore très mauvaise ! Bof… que je pense…

 

Pfff, vous auriez vu Anak, il faisait des sauts de kangourou sur les vagues, très fortes, irrégulières et sadiques car comme jouant avec Anak qui tanguait dans tous les sens.

Grosse houle.... et un sale coin bien connu pour cela.

Mais Anak, même si mené par un marin d’eau douce, est un bon bateau…

Je dis marin d’eau douce… car… :

JE SUIS TOMBE MALADE !! OUI, LE MAL DE MER ! MOI !!! :

 

Bref, les poissons étaient ravis : chaque fois qu’ils me voyaient me pencher par-dessus bord : « miam, miam, du tout frais déjà mastiqué », et pas de Ramadan pour eux !

Oui, le soi-disant bouffeur de miles en mer, penché sur la main-courante, en train de dégueuler en mer pendant qu’Anak, se marrant trop de me voir vert et gris par alternance, faisait encore plus de cabrioles dans l’eau pour m’achever !  

Donc énorme houle de travers, et même du vent ! A un moment donné c’est formé une colonne cyclonique pas loin d’Anak. 

Dans le ciel, une grosse colonne d’eau, puis deux !!! et la première rejoignait une autre se formant depuis la mer pour rejoindre l’autre dans le ciel ! Le tout est passé derrière Anak ! J’en ai même oublié un moment de vomir par-dessus bord !
Trop beau !!!

  

Je hisse le génois malgré les gargouillis de mon estomac et ce mal-être du mal de mer qui me rappelle que je ne dois jamais me moquer de ceux qui l’ont.

Je garde le moteur allumé : chaque fois qu’Anak plonge du nez dans l’eau, ses 12 tonnes ralentissent aussi sec dans la vague. Ce n’est pas ainsi que je vais arriver à Bizerte avant la nuit.  

Et Bizerte est à 65 miles ! Et un vilain cap assez dangereux à passer avant. Et vu le temps, pas de mouillage !

Moteur à 1500 t/M, juste pour soutenir Anak, et en réalité, avec le génois Anak fait des pointes de 6 à 7 nœuds ! Résultat, arrivée à Bizerte à 18,00H ! Un record.

Merci Anak, t’es un gros char, mais quand tu veux, tu m’épates à chaque fois !

Mon mal de mer a passé, mais je suis crevé. Je fais quand-même un tour en ville pour revoir les murailles de la Casbah, le canal, et tous les bistros et restos où on s’est arrêtés avec Lisa et Gilles, (et Lisa se demande où elle a gagné 4 kgs en deux semaines ! )

Hélas, pas de Boga blanc, c’est le Ramadan, tout est fermé, et du coup, la belle Bizerte parait si sinistre comparé à mon passage il y a quelques semaines avec Lisa et Gilles.

Je retourne à bord, je fais mon entretien d’escale. Il y a une odeur de gasoil qui traîne, mais je n’arrive pas à localiser de fuite ou quoique ce soit. Et j’ai horreur de la moindre odeur de gasoil ! Et je nettoie la coque, faudrait pas laisser des traces du marin qui dégueule en mer !!

Ensuite petit repas, et rebelote : tour en ville. Le Muezzin a chanté, tout le monde s’empiffre et je bois enfin un Boga blanc sur une des rares terrasses ouvertes.

Le lendemain matin, donc 17 septembre, départ pour Sidi Bou Said à 8,00h.

Chouette lever du soleil juste derrière un pétrolier dans le port. 

La baie de Sidi Bou Said,

Sidi Bou Said est le port de plaisance de Tunis, c’est là qu’habite le président tunisien Ben Alli, et c’est aussi un peu le Saint Trop du coin, mais avec des flics à tous les coins de rues. En bling bling on ne fait pas mieux.

A côté, à deux kms, il y a La Marsaa, le quartier le plus huppé des riches tunisiens. Au milieu de La Marsaa, au bord d’une grande avenue, un immense, je dis : immense parc luxueux, des guérites avec militaires tunisiens, et au milieu une habitation qui fait plus palais que résidence… car c’est la résidence du roi de, pardon... de l’Ambassadeur de France !!! Cela, plus l’immense ambassade de France qui fait tout un bloc de rues Avenue Bourguiba en plein centre chic de Tunis, faut pas s’étonner que les caisses de l’état en France sont vides, et tout cela pour nous représenter dans une dictature !!! La politique française n’a pas fini de m’étonner en Afrique.

J'arrive donc à Sidi Bou Said vers 16 h, et là, surprise après Bizerte… Le port est plein, je dois me mettre à quai de la station de gasoil à l’entrée.

Je suis sans cesse secoué par les bateaux qui passent. Il est marqué : VITESSE : 3 nds maximum à l’entrée du port, mais les riches tunisiens et surtout les gosses de riches sur leurs hors-bord où trônent de splendides pétasses tunisiennes passent à plus du double si pas quadruple ! Je n’ai pas même le temps de me rincer l’œil !

A la capitainerie, on me promet une place pour le lendemain matin, puisque je reste deux nuits sur place.

 

Le lendemain matin, je suis allé voir un des types qui placent les bateaux.

«  - Vous me trouverez une place rapidement ? »

- Mmm, difficile, les gens quittent le port vers midi seulement, je vous dirai alors ! »

Mais je n’ai aucune envie d’attendre midi, surtout que nous sommes maintenant 3 voiliers agglutinés autour de la pompe à gasoil. C’est fou ce qu’une pièce d’un dinar peut réaliser, surtout quand on la glisse discrètement dans la main du type…

«  - Il fait combien, votre bateau ? »

- 10 m » (menteur..)

- Oh, mais pas de problèmes, j’ai une belle place pour vous, là-bas, au bout du ponton, et la borne d’eau et électricité est à 2 m ! »

Merci M. Bakchich, vous êtes toujours aussi efficace.

Curieusement, et malgré tout ce que l’on raconte (et dont il faut donc se méfier), les bakchichs sont un mode de fonctionnement au Maroc et en Tunisie, par contre, en Algérie je n’ai jamais du donner des bakchichs ! Pourtant, c’est eux qui en auraient le plus besoin !

A 9h, j’ai ma place. Je file prendre un bus puis train pour Tunis.

A Tunis, je repère rapidement un Cyber et j’y trouve le mail que Nora m’avait annoncé par SMS. Toujours des problèmes administratifs, que je règle au mieux et le plus rapidement possible. Je dois foncer à la Poste pour envoyer une lettre recommandée à mon inspecteur du fisc; J'adoooore....

Je passe au Supermarché du coin, du pain frais qui a l’air bien bon, et retour vers Anak.

Cela fait, je décide de visiter La Marsaa. C’est là que je découvrirai, comme raconté plus haut, où partent nos impôts pour que la France continue à faire croire que c’est un grand pays.

Mais le Ramadan n’arrange rien. Quoique, par-ci, par-là, quelques bistros sont bien ouverts, ceux fréquentés par la jeunesse dorée du coin.....

A propos, à Tabarka, durant le Ramadan, la plupart des vrais vagabonds des mers se faisaient discrets pour manger, inutile d’étaler dans le cockpit nos repas et boissons, que la plupart des Tunisiens, passant sur le quai ne peuvent se payer et encore moins manger durant les journées de Ramadan. Me mettait alors en colère ces plaisanciers, qui ‘n’en avaient rien à foutre’ (en français svp.) et baffraient en arrosant d’alcool leurs repas, bien installés dans leurs cockpits à la vue de tous.

Je vois un Cyber, et je confirme à Nora l’envoi par recommandé, et je vérifie une dernière fois la Météo.

Je rentre ensuite sur Anak.

Au menu, poisson frais (ceux pêchés hier, faut les finir !)

Le lendemain matin à 6,30H, Anak quitte Sidi Bou Said et les énormes yachts tape-à-l’œil du port.

La côte est belle par moments, mais absolument rien à voir avec la côte algérienne ou marocaine !

Elle a par contre une mauvaise réputation avec les tempêtes violentes du détroit entre Sicile et Tunisie. De temps en temps, des épaves échouées sont là pour le rappeler.

Petite brise qui permet de monter toutes les voiles. Anak est heureux et file bon train. 

Je dois passer le Cap Bon, c’est le cap le plus proche de la Sicile, qui est en face, et le détroit est réputé dangereux pour ses gros coups de vents à cet endroit !

A 17,30H, je rentre dans le port de Kelibia, mon dernier port tunisien !!!

L’arrivée est chouette, car une immense forteresse surplombe la ville.

 


Kelibia est un gros port de pêche et les gens sont très sympas. Au centre du port, entre les chalutiers, il y a un quai, où s’agglutinent quelques voiliers. Je serai le septième à me faufiler dans un emplacement à couple en faisant une manœuvre savante, car j’ai très peu de place pour aller me faufiler en long à côté d’un autre voilier et des chalutiers en face !

Devinez ce qu’il y avait au menu hier soir ? Des filets de thon, (ce sont des petits thons, aussi appelés « thonines »Bon, avec tout ce poisson (il en reste au frigo !!!) je vais peut-être devenir plus intelligent (sympa le sourire, les filles..)

Coup de vent annoncé pour aujourd’hui et demain !

J’en profite pour faire mes révisions et vous écrire ce mot. Demain, j’irai dans le centre ville de Kelibia dépenser mes derniers dinars en provisions diverses, car tout est tellement moins cher ici.

Le lendemain, si Eole veut bien, cap sur l’île sicilienne de Pantelleria, à 45 miles d’ici, au milieu du détroit. Et après, c’est la Sicile !

« Je vous tiens au jus ! » comme dirait Nora ..

 

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

Voyages en voilier en Méditerranée. Algérie à la voile.

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