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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

Egine  -  Aegina

Egine !

 

Un point d’exclamation, car on va encore en parler : Egine.. ou Aegina.


Une île volcanique, très célèbre dans l’Antiquité pour son magnifique temple d’Afaïa.
A l’époque archaïque, elle avait sa propre monnaie, frappée d’une tortue.

Et comme d’hab.. rivale d’Athènes.

Sur le cap Ak Kolona, près de l’entrée du port, se dresse une unique et grande colonne  et c'est tout ce qui reste du temple d’Aphrodite d’autrefois.

Avec les ‘Flying Dolphins’ qui glissent sur leurs patins, ou catamarans rapides Sea Jets on est à 1,5 heure d’Athènes.

C’est une île assez verdoyante, envahie dès le printemps par les Athéniens qui fuient la fournaise de leur capitale.
Du coup le manque d’eau se fait sentir, et tous les jours arrive du continent un petit cargo-citerne pour alimenter l’ïle en eau potable.

Le WE, comme aujourd’hui, encore pas mal de monde et bateaux venant d'Athèns, mais cela va aller en se calmant avec l’hiver qui approche.

Le port est sympa, un quai le long de la rue principale qui longe le port, des restos, bistros et bouis bouis partout.

Même le marchand de légumes est sur un bateau !

« Et pourquoi ne resterais-tu pas à Egine, et tu iras après vers les Sporades» C’est ce que Wulf m’écrivait il y a peu. Vrai que Volos et les Sporades, c’est encore plus de 238 miles plein nord, vent debout presque tout le temps, et comme les journées deviennent courtes : des petites étapes. Et avec la saison, plus de mauvais temps..

Et à Egine il fait plus chaud, car on est quand-même pas mal plus au sud que Volos.

Alors, à peine arrivé, il me fallait prendre une décision.

Si je monte vers Volos, et comme on me la plusieurs fois annoncé, si c’est plein, comment je fais, il n’y a pas de ports importants intermédiaires. Donc revenir ici pour mi-novembre ?? Puis je connais bien Volos, mais par voie de terre..

Je fais mon tour ‘infos’ auprès des bateaux dans le port. A tribord, un jeune couple de grecs, dont l’avis sera précieux. De l’autre côté, des ‘vrais vieux’ - de plus de 65a, Danois, et qui tournent sur leur voilier en Grèce depuis 3 ans ! Ils sont passés à Volos en automne 2007.

Plus loin, des hollandais.. daâgg, hoe gaat het ? !! Eux aussi connaissent.

Et des espagnols. C’est tellement rare, en dehors de leur côte affreuse et des Baléares sursaturées et hors prix, on n’en voit presque nulle part. Mais ce sont des Galiciens ! Donc pas des vrais espagnols, et plus sympas, comme les catalans ou andalous. Tout ce petit monde me donne des infos, tuyaux, comparaisons..

«  -Volos, c’est très chouette, une grande ville universitaire et les gens y sont plus sympas qu’ici ou dans  le sud, mais il y fait aussi un peu plus froid et il pleut souvent, et surtout, on a eu du mal parfois, même hors saison, à trouver une place ! Vrai que c’est le seul port ‘confortable’ dans cette magnifique région du Pélion, Sporades, etc.
Il y a une petite marina, mais il ne serait pas facile de s’y amarrer (comme la marina ici, d’Egine, que des emplacements privés. Mais je préfère le port en ville de toutes façons). Après reste Thessalonique, mais il fait encore plus froid là-haut ! Pourtant, on dit l’endroit très sympathique !

Certains étaient un peu déçus de ne pas y trouver un coin sûr et bien abrité, car le Pélion et les Sporades, c’est vraiment très très beau. Mais qu’est-ce qui m’empêchera d’y aller plus cool début de l'année prochaine ? Les Sporades, pour moi, c’est le paradis sur terre ! La 1ère fois que j’y ai été, c’était en 1972 !

Si cela se trouve, Wulf va se rappliquer et y faire un tour avec moi ! Pauvre Wulf, il va trouver qu’Anak avance comme un char à bœufs comparé à ses Bavarias clônés de location ! Mais bon, entre vitesse ou confort, il y a longtemps que mon choix est fait.
Et j’ai trop rencontré de voiliers ‘rapides’ ne pas utiliser 2/3 de leurs possibilités dès que l’on vit dessus et que l’on voyage à long terme. Surtout voir leurs propriétaires-voyageurs venir à bord d’Anak pour déclarer ensuite, si je change de bateau, il ressemblera à Anak !

C’est fait, j’ai pris une décision ! – c’est qu’Egine serait peut-être moins cher que Volos, que c’est beau, assez sympa, et que j’ai trouvé un bistro grec sur le port où le kawa, café frappé, etc, est à 1,50€ !! Trouvez un café frappé à ce prix là en France ! N’est-ce pas un bon argument ? 

Autre argument, mais de taille ! Le port d’Egine est désormais équipé d’un service Internet par Wi-Fi, et GRATOS !!!!! C’est grâce à cela que je puis vous envoyer des billets !

Il y a des belles ballades à faire sur l’île :

Aphéa, un temple de style dorique construit en 448 av. J.-C., en très bon état qui se trouve en haut d’une belle colline boisée, 24 colonnes de 5,30m de haut sur 34 sont encore debout ! Il composait l’un des sommets du ‘triangle sacré’ avec le Parthénon et le Cap Sounion.

Le petit port de Perdika au Sud

Et la petite ville d’Egine a du charme.

Le long de la côte aussi, de jolis coins à explorer.

 

Et quand on monte dans la montagne, les vues sont magiques : îles, Péloponnèse, etc..

 

Je ferai un Album sur Egine. Heu, ..soyez patients !

Et autour, Methana, l’île de Poros, Epidaure à 3h, etc..

A Egine on trouve tout, il y a aussi un petit marché aux poissons.

Je vais aller boire un ‘frappé’ qui ici ne coûte que 1,50€ dans mon bistro sur le port préféré.

Et rêver : si j’ai assez de sous, comme Egine est à côté d’Athènes, je pourrai faire un AR en France aller voir petite Lou !

Ah oui ! Pour ceux qui aiment les pistaches : Egine est considérée comme la capitale de la pistache !

Je vous tiens au jus, depuis Egine !

 

24 novembre 2008

Coup de vent à Egine !

Le baromètre démarrait sa dégringolade, la météo sur Internet n’annonçait rien de bon…

Pourtant, sur les quais, la vie continue, n’annonçant pas trop ce qui se prépare.


Jeudi, mon nouvel ami grec, Gregory, du chantier naval de Souvalas au nord d’Egine vient me confirmer qu’effectivement une jolie tempête se prépare pour le week-end.

Le hic, vent sud-ouest, et le pire à craindre à Egine, car il n’y a aucune protection contre un coup de vent pareil à l’intérieur du port.

L’ouverture ou l’entrée du port est plein sud-ouest, résultat : vent et vagues s’engouffrent, se brisent sur le quai nord de la ville, bien en face de cette entrée.

Problème ? Ben, c’est justement là que sont amarrés les voiliers et yachts de passage, ou ceux qui restent un peu, comme Anak.

Mieux encore, en général, le téléphone arabe fonctionne entre bateaux, tout le monde prévient tout le monde : « attention, le baromètre dégringole, ça va chauffer demain ! »

Mais depuis quelques jours, à l’immense quai de la ville, il n’y avait plus qu’un seul voilier : Anak !
Quel changement avec les semaines précédentes! C’est l’hiver et, curieusement, plus de bateaux, pas même le WE, sauf Anak ! Je découvrirai peu à peu cette absence totale de bateaux de plaisance grecs sur l’eau en hiver.

Les autorités du port, pourtant conscientes du danger de ce quai, ne disent rien. Pas leur problème ! Arrivent justement ce jour-là un couple de... bruxellois sur un voilier Aquarellia. Eux aussi apprennent le danger que représente ce quai et cherchent un abri avant la tempête!

Au même quai, mais beaucoup plus loin à droite, il y a quelques dizaines de petits bateaux de pêche, les marchands de légumes flottants, etc., mais cette partie n’est pas en face de l’entrée du port, et donc déjà mieux protégée. Et côté port, ils sont tous amarrés à des corps morts en béton au fond de l’eau. Anak, lui, dépend de la tenue de son ancre et 40 mètres de chaîne. Aïe, aïe !

Mon ami Gregory me prévient donc : « Ne reste pas là, le coup de vent va te fracasser sur le quai ! Je peux te trouver une place entre les pêcheurs, mais ça manque de fond, et ça secoue quand-même pas mal ! » Reste le quai en face, c’est-à-dire au dos de la jetée sud ?

« Non, pas mieux, car quand les vagues viendront buter contre ce quai, par ricochet elles repartent vers le quai sud ! »

Un peu plus loin, toujours au sud, un ponton avance dans l’eau. « - Et là ?  - Non, non, cela secoue aussi là, et je n’ai pas trop confiance en ces pontons ! » On verra le surlendemain combien il avait raison !

Gregory fait partie de ces gens charmants et serviables et il me propose dans la marina la place d’un de ses clients qui a son bateau sur son chantier. La marina est à l’entrée du port d’Egine. Etant privée, elle est normalement interdite aux bateaux de passage comme Anak, en revanche, elle est un peu mieux protégée. En 2002 pourtant, une tempête extrêmement forte y a arraché des pontons, les voiliers ont joué aux auto-tamponneuses avec des dégâts énormes ! Ce fut le cas dans beaucoup d’autres ports en Grèce, car peu de ports, chose étonnante, sont vraiment bien protégés de tous les vents dominants.

On va voir à pied l’emplacement, l’accès est très compliqué, car il y a très peu de place pour manœuvrer. Partout, des chaînes bien tendues à l’horizontale vers les corps morts ou une chaîne mère centrale, c’est l’idéal pour aller fourrer l’hélice dedans ! Mais pas le choix !

« - Fais vite, même les pêcheurs vont venir mettre leurs bateaux à l’abri durant la tempête ! »

Idem pour Aquarellia qui y trouve une place toujours grâce à Gregory.

Bref, en fin de matinée, préparatifs, rentrer le câble de l’électricité, les doubles amarres, tout préparer pour remonter l’ancre et la rejeter dans la marina, et avec un orin car le fond est encombré de chaînes, cordes, etc.

Et voilà Anak qui est tout joyeux : « chouette, on va refaire joujou sur l’eau ! »

Heu, bon, pas bien long ce petit tour : sortir du grand port et entrer dans la marina juste à côté…

Le couple de bruxellois vient de s’y amarrer avec leur Aquarellia et propose d’aider à la manœuvre, m’avertissant que ce sera très difficile, vu le peu de place. Ils aimeraient pouvoir laisser leur bateau dans cette marina pendant leur séjour d’un mois en Belgique. Vu le refus actuel de l’autorité du port, ils repartiront probablement vers Methana, plus accueillante. Triste pour moi, cette compagnie aurait revitalisé mon accent belge !

- Dernière nouvelle. ils pourront rester finalement ! Content pour eux, et pour mon accent !

Je ferai une première tentative en reculant entre les bateaux jusqu’à mon emplacement. Le problème est que je dois virer quasi sur place pour me glisser entre deux bateaux écartés de 2 mètres à peine, alors qu’Anak en fait 3,35 et avant cela, je dois présenter la proue bien en face de l’autre côté pour lâcher l’ancre ! Et la largeur totale de manœuvre ne fait pas beaucoup plus que la longueur d’Anak !

Je constate vite que c’est impossible, je ressors et cette fois je vais en marche avant. Je place l’étrave en face de mon emplacement entre deux voiliers, je lâche l’ancre, et je recule vers mon emplacement en redressant par petites marches AV et ARR le bateau.

Quel souk ! Ecarter les bateaux, surtout le plus petit avec ses deux gros hors-bord de 160 cv chacun à l’arrière, hélices relevées, juste comme il faut pour venir labourer la coque d’Anak.

Anak recule vaillamment, mais rien à faire,    

Je finirai par aller donner du mou à ses amarres pour qu’Anak puisse enfin se glisser à sa place, et sans dégâts ! Les belges sont étonnés de voir comme Anak se manœuvre bien dans d’aussi petits espaces. « Je n’aurais jamais pu faire avec mon bateau ce que tu as fait là ! » Pfff, et le marin d’eau douce à la barre, il fait quoi, lui ? Vrai que les quilles longues, ce n'est pas évident. Et s’ils savaient combien j’en avais parfois bavé les premiers mois de navigations en faisant des marches Arr avec Anak. Et en 2004, je change l’hélice, et tout est à recommencer !

On a bien fait, fin d’après-midi, le vent se lève déjà, et il va monter, monter toute la nuit, pour culminer vers 8h du matin à force 7 à 8, avec des rafales de plus de 60 nœuds !

Anak tire, rue, secoue, et toute la marina chante le vent dans ses haubans et gréements !

Au petit matin, les rafales culminent et mon ancre a tendance à déraper, car Anak reçoit le vent en travers. Du coup on place un bout à la chaîne de mon voisin dans le vent, un voilier de la taille d’Anak. Mais sa chaîne est fixée à une chaîne mère et corps mort au fond de l’eau. Cela soulage la chaîne d’ancre d’Anak. Je découvrirai plus tard, par temps calme, une chaîne au fond de l’eau dans la vase et sous Anak. Elle était reliée à la chaîne mère et ayant réussi à l’attraper, j’ai pu remplacer mon mouillage avec l’ancre par cette chaîne, offrant ainsi toute garantie à Anak en cas de nouveau coup de vent ! 

Je passerai plus d’une heure, ce samedi matin, à perfectionner tout cela, car c’est reparti pour souffler plus fort encore durant toute la journée ! Tout le monde est sur le quai pour peaufiner ses amarres! Une vraie grosse tempête sur toute la Grèce !

Cela devrait se calmer ce soir, puis demain. Pour recommencer, beaucoup moins fort, lundi.

Donc je retournerai au quai de la ville lundi soir ou mardi matin. L’autorité du port m’ayant prévenu que stationner dans la marina, privée, est juste ‘toléré’ !

Depuis Anak, on voit la mer au-delà de la jetée qui nous abrite, déchaînée.

Malgré l’abri, Anak fait des bonds de côté à chaque rafale ! Je suis allé faire des courses, regarder le quai où se trouvait Anak. Le vent s’était un peu calmé, mais on voyait bien que les vagues étaient passées par-dessus le quai.

 


Les bateaux légumiers sont fermés, ils dansent la gigue, pas de ferries ni Dolphins, la mer est trop mauvaise.

Le fameux ponton où je pensais aller me mettre…. et bien, arraché, brisé en deux cette nuit ! Merci Gregory !!

Le quai Sud : quelques bateaux y sont restés amarrés, ils font des bonds dans tous les sens, mais ils sont inhabités, car sinon, mal de mer garanti !

Même le quai des ferries est bien arrosé, et plus de ferries à l’horizon !

 


Voilà, mon premier vrai gros coup de vent en mer Egée, mais… au port !

Et Anak est un bon bateau !

Pour la petite histoire, mon sourire de fils de bourges élevé chez les jésuites a tellement séduit Maria, la belle responsable du ‘Port Authority’ que je resterai finalement tout l’hiver dans la Marina !! Mieux encore, la jolie Maria est devenue une grande copine, je ne paierai pas l'électriçité de tout l'hiver !

Cela me permettra une jolie balade en janvier avec mon ami Wulf, mais ça, c’est le sujet d’un nouvel article !

 

 

 

 

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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

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