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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

 

Alonnisos - Pelagonisi

Découverte d'Alonnisos, appelée Ilkos dans l'Antiquité, île verte et magnifique.

 

Alonnisos est classée parc marin protégé. Idem pour les petites îles plus au nord nord. Le petit port de Patitiri est agréable, tout simple et plein de fleurs.

Il est vraiment petit, et ce n'est pas évident d'y trouver une place, encore moins de manœuvrer entre les ferries qui entrent et sortent et le quai vers lequel il faut reculer.

Devant Anak, un bistro, oh, moins typique et sympa que celui de Kiriaki, mais bienvenu quand-même..., comme trahit l'emplacement de l'objectif...



J'y passerai la nuit, c'est gratuit, mais par contre, ni eau ni électricité. Il y aurait un robinet du côté des ferries, mais il faudrait une sacrée longueur de tuyau !

Le lendemain matin, je vais longer durant quelques heures cette belle côte aux couleurs changeantes, abris ou mouillages, petits ports, falaises ocres sur lesquelles se perchent parfois des maisons qui s'intègrent bien dans le paysage. C'est suffisamment rare pour qu'on le remarque.





Ensuite, il y a le passage entre Alonnisos et l'île de Peristéra pour enfin apercevoir l'île de Pelagonisi.



Pelagonisi, habitée par deux bergers, un pope et son petit monastère, des centaines de biques, un taureau - noir svp. -  et quelques vaches. On s'y croirait au bout du monde, tellement c'est calme, et beau.


Je jette l'ancre dans la baie d'Ormos Kira Panayia,

En face d'une jolie petite plage.

Un petit caique livre la paille aux bergers.
C'est un peu flou, mais je vous jure qu'il y a une bique sur la plage !

Il parait qu'il y a plein d'épaves byzantines autour de l'île.

Cette île est aussi connue parce que l'un des rares habitats du phoque-moine de Méditerranée (Monarchus monarchus pour les nuls comme moi et merci le dico).

Je n'en verrai pas, ni le taureau noir..

Au nord de l'île, il y a une autre baie : Ormos Planitis. C'est une baie complètement fermée et le passage pour y aller fait 82 m de large. Par coup de Meltem, il n'est pas toujours évident d'en resortir !

C'est le lieu de retraite préféré de mes grands amis Thierry et Françoise de Troll. C'est d'ailleurs curieux, chaque fois que l'on cohabite qques jours ensemble dans un port, ils ont ensuite besoin d'aller souffler et se retirer à Planitis !?

J'irai y jeter l'ancre lors d'un prochain AR dans ce coin.

En tout cas, ce soir, c'est dodo dans un silence total et magique.

Le lendemain matin, il fait soleil tout plein, petite brise du nord - vent dominant de l'été, et qui est bien rafraîchissant.
Dans les Cyclades et toute la Mer Egée, c'est pourtant le Meltem, jusque force 7, pour l'instant et selon les avis météo. Hier, rien de tout cela n'était prévu!

Les Sporades sont un rien plus protégées, situées plus à l'ouest, le Meltem y est un peu plus discret.

Je découvre donc ce coup de vent surprise en quittant mon mouillage de rêve bien abrité. 
Mais peut-être pas si surprenant que cela, vu les nuages qui s'accumulaient la nuit - mais qui ne m'ont pas empêché de dormir, l'ancre étant bien enfouie. J'avais, à la nage, suivi ma chaîne, et la marque jaune des dix premiers mètres était déjà enfouie sous le sable, plongeant vers l'ancre qui devait être enfouie à au moins 50 cm.

J'avais mis marche arrière toute, la chaîne s'était tendue, l'ancre ayant bien crochée. Anak ne bougerait pas d'un iota.
Quand cela est fait, je mets en général l'alarme mouillage GPS. Progrès immense pour un sommeil plus rassurant. Au moment de lâcher l'ancre, on pousse sur un bouton qui rentre en mémoire (Homme à la mer) la longitude et latitude de la position de l'ancre. Et si j'écris : 'au moment de lâcher l'ancre, on pousse sur le bouton homme à la mer', c'est pour rappeler l'erreur tant de fois vue d'une alarme de mouillage Gps réglée sur la longitude et latitude du bateau lui-même qui, avec ses 40 ml de chaîne, se trouve donc à 40 m de l'ancre ! Cela change complètement le calcul de circonférence d'alarme si l'ancre chasse ou si le vent tourne.

C'était mon quart-d'heure marin d'eau douce un peu moins nul que d'habitude.

Le matin, quand on quitte le mouillage, et qu'on oublie que l'alarme est mise, je vous jure que les hurlements inattendus de ce bip bip valent au moins 3 kawas, tant ça réveille !

Donc, vu le ciel au réveil, vu le Navtex qui annonçait de très gros orages dans le Thermaikos Kolpos un rien plus haut vers Salonique, les relents de gros Meltem plus à l'est, en ne déployant que le génois, Anak a fait des pointes de 7 nds impressionnantes au milieu des vagues.
Un plaisir quand on est à l'abri comme sur Anak, bien moins drôle sur un voilier ouvert à tous vents et embruns, sauf pour les masos voileux qui aiment transpirer dans leurs cirés par 30° dehors.



Cela m'a propulsé vitesse grand V vers Skopelos.
Au passage, j'ai vu que Patitiri, le joli petit port fleuri sans fioritures ni marchands du temple et de bijoux made in India n'était pas un abri de tout repos quand le vent souffle du nord. A noter donc. D'ailleurs, mon quai est vide !!

Curieux grecs, entourés de toutes parts de mer, mais ayant souvent les ports les plus absurdement mal protégés de toute la Méditerranée.

Skopelos est calme, agréable, peu de touristes, ce qui ne fait pas rire ceux qui en vivent. Ils espèrent un sursaut en juillet et août, ce qui m'inquiète pour d'autres raisons très égoïstes.., peur de voir mon paradis envahit par les locations.

Mais la clientèle des locations est différente de celle louant des voiliers à Egine ou dans les Cyclades. La preuve, je n'ai pas encore vu un seul voilier faire du spaghetti avec la chaîne d'un autre bateau, alors que plus au Sud, ce n'est que cela dans chaque port. Mais cela pourrait donc encore changer. Gare à Juillet !

Dans les mouillages, comme Panormos, arrivent d'autres bateaux, mais le soir, silence et discrétion ! Les gens sont surtout là pour apprécier le calme des si belles Sporades, et non pas pour rentrer chez eux et crier sur tous les toits : - regardez comme j'ai bronzé et j'ai vu Mykonos et les boites de nuit de Santorin !

Hier-soir, deux étudiants grecs sur une location se sont installés sur le quai avec leurs guitares. Du coup le blues a transformé quelques mètres carrés de quai, la qualité de jeu des musiciens était incroyable. Cela a inspiré deux anglais d'une autre location, l'un avec sa guitare et l'autre avec des tablas. En découlait une série de blues magnifiques, le joueur de tabla ayant le bon goût de jouer on ne peut plus discrètement.
Bavardant avec l'un ou l'autre, pas de secret, tous sortent d'une école de musique ou conservatoire, leur permettant ces improvisations très synchro. Surtout quand un des grecs a attaqué quelques rébéticos magnifiques, et que l'un des jeunes anglais est allé cherché un autre instrument... une cornemuse ! Ce qui m'a appris qu'avec cet instrument et une sorte de chapeau pour assourdir le son, on peut accompagner le blues d'une façon inattendue et même du rébético !

Bref, quai musical bien sympa et tout simple avant que tout le monde réintègre sa couchette. Grecs et anglais accompagnés de leurs muses, moi n'ayant comme compagne que mes rêves.

Et voilà, dites-moi de rester le plus longtemps possible dans cette région, mon boui boui préféré me permet de survivre, l'hellenico y est à un euro, le frappé à un soixante dix, le bistro chicos d'à côté l'affiche à trois !

Et on est bien ici, hein dis, Anak ?

 

 

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

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