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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

3. Escales au paradis, Elios - Klima

A quelques miles au sud du port de Loutraki, dans le nord-ouest de l'île de Skopelos, il y a un petit village au bord de l'eau : Elios - Klima. Son port, ses plages et le village ont été créés après le tremblement de terre de 1965 qui avait détruit le village de Klima plus haut dans la montagne.

Dans le Guide Imray, dont on ne discutera plus l'absence totale de mises à jour, malgré des couvertures : 'dernière édition' qui ne sont que baratin commercial : Petit port avec étroit chenal d'accès au bassin : attention, les fonds dans le chenal (autour de 2 m) et dans le bassin (1,5 à 2 m) sont irréguliers : le port est pratiquement plein de bateaux locaux et il faut être chanceux pour y trouver de la place.

En réalité, devrait être écrit : petit port avec un grand quai, électricité et eau, bon abri en cas de Meltem : profondeur partout sauf le petit bassin où se trouvent les bateaux de pêcheurs : 3 à 3,50 m. Le port est peu fréquenté et vu le nombre de places disponibles, on y trouve toujours de la place.

- J'en profite d'ailleurs pour conseiller, à ceux qui naviguent dans les eaux grecques et qui comprennent un peu l'anglais de se procurer les guides nautiques Eagle Ray : « Greece, Sea Guide », 3 volumes selon l'endroit où on navigue : http://www.road.gr/road_en/maps_xenoi/x_maps.asp?id=2947
Il n'y a pas d'équivalent pour naviguer en Grèce ! Mille fois mieux et plus sérieux que les Imray !

Ce port a été entièrement réaménagé, les jetées prolongées et équipées, ce depuis de nombreuses années. Bien abrité des vents du nord, il l'est moins du sud et parfois de fortes rafales viennent de terre. Il faut donc bien s'assurer de la bonne tenue de son ancre.


Il en résulte que l'on voit des voiliers approcher, et repartir parce qu'ils ont l'Imray à bord...

Pourtant, l'endroit est paradisiaque, et, en réalité, je ne devrais pas le dévoiler ! Mais ne sommes-nous pas nombreux à aimer partager des endroits sympathiques ?

Ce sont mes amis du voilier Troll, Françoise et Thierry, et Thalio of course, qui m'ont dévoilé cet endroit magique. Ils en parlent aussi dans leur magnifique site qui est un bol de bonne humeur à chaque lecture.               

Je suis donc allé à Elios pour voir si Thierry et Françoise n'exagéraient pas.

Et je découvre un cadre magnifique, collines et montagnes verdoyantes, un village presque caché dans la verdure où les bougainvillées et bignones omniprésentes habillent les maisons et les jardins et débordent partout dans les ruelles.

Hélas, au moment où je publie sur mon site cet article, tout près d'ici, à Panormos, un incendie a éclaté. On voit la fumée et la lueur des flammes dans le ciel la nuit. Depuis 48h, c'est un ballet incessant de Canadairs ou hélicoptères. Aux dernières nouvelles, le feu semble être sous contrôle.
Dans le port, un voilier français, et Troll !

C'est tout ! Les deux bateaux sont amarrés le long du quai, tant il y a de la place.

Je m'amarre devant le voilier français et je découvre cet endroit qui va devenir un peu ma base entre mes navigations dans les Sporades 

Et puis il y a l'eau et l'électricité gratuites !

Après avoir salué mes amis trolliens qui ne m'avaient pas entendus arriver (je les soupçonne d'avoir adopté le rythme sieste grecque, qui comme les repas, ici, se font souvent, et à n'importe quelle heure), je vais visiter le village.

Il y a de tout ; deux petits super-marchés, deux bouchers, trois boulangers.

Et tout le monde est charmant, ce ne sont que bonjours et sourires !



Il y a aussi quelques bistros sympas, et des restaurants grecs tout simples.
Et tous les soirs, un magnifique coucher de soleil.

Dans le port même, il y a deux restaurants et un bistro, un peu plus chicos, mais les prix de ces restaurants sont moins élevés que ceux de Skopelos. Je m'installe donc, l'endroit est extrêmement agréable.

Thierry et Françoise de Troll partent dans quelques jours pour Skiathos, ce qui fait bondir de joie Thierry....: c'est vraiment l´horreur, les avions qui rasent les mâts pour atterir et boites de nuit qui hurlent toute la nuit.

Mais ils vont chercher une nièce et son petit ami, repassent par Elios puis partent vers Pelagonisi pour revenir dans 8 jours.

Effectivement, 8 jours plus tard, on se retrouve tous à Elios.
Entre-temps, j'ai passé une semaine d'été seul dans le port ! Absolument incroyable.


Il y a un bus qui, plusieurs fois par jour, relie Elios à Skopelos, ou Elios à Glossa, autre magnifique et sympathique village, à quelques kilomètres, dans la montagne.
Voir l'album photos du village de Glossa en cliquant ici,
Glossa est un village qui surplombe le petit port de Loutraki. Toutes les maisons ont des balcons en bois avec une vue magnifique sur les ìles aux alentours dont Skiathos, et plus loin Eubée et le continent. Au centre du village, un petit bistro-resto, tables sous les tilleuls avec vue sur la mer. On peut y manger et boire pour pas cher : une limonade et une Mythos (bière grecque), puis une assiette de tzatziki, du pain, deux grands verres de vin blanc qui accompagnent deux grandes assiettes pleines de viande d'agneau rôtie et frites. Et la viande est rôtie sur ce grill, cela ne vous donne pas envie ? A deux, le tout pour 24 Euros ! À ce prix, vous pouvez m'inviter :-)

Autre chose magique. Juste derrière la jetée, il y a une immense plage, peu fréquentée si ce n'est par des familles grecques de l'île, et comme c'est à 20 m d'Anak, je ne me lasse pas d'aller faire des plongeons. Et il y a même une douche sur la plage.

La saison avance, et peu à peu le port voit arriver des bateaux de Volos ou de Thessalonique avec des familles grecques très sympas à bord. De grands bonjours, car nous sommes au nord d'Athènes et les gens sont extrêmement aimables et conviviaux dans le nord de la Grèce.
Dans les Sporades, il ne fait jamais chaud comme dans les Cyclades : les nuits restent assez fraîches et agréables, je vous le disais : Elios, une petite escale au paradis !
La vie est cool à Elios, l'invitation chez le voisin grec, qui après quelques ouzos (je préfère rester dans le vague en écrivant '..quelques...'), se termine par un repas complet obligé.

Quand j'aide un grec à accoster avec son bateau, que ce soit un skipper en voilier avec ses clients, ou un grec en vadrouille sur son petit bateau à moteur, je reçois de l'un une bouteille d'ouzo, d'un autre des bocaux d'olives confites au miel de Skopelos (mmmm), etc.
Un jour, nous aidons, Thierry et moi toute une famille grecque à accoster avec leur gros caïque grec réaménagé en bateau à vivre. Il leur manque un raccord électrique pour se brancher sur une borne. J'en prête un.

Quelques minutes plus tard, le Grec arrive avec moults bocaux d'olives, etc., 'cadeau' ! Ce matin, mon voisin m'a donné des calmars qu'il avait pêché en mer la nuit dernière. Je les ai aussitôt nettoyés et cela va faire une bonne poêlée ce soir.

Hier, une charmante dame m'a apporté sur Anak un sac plein de prunes et citrons, 'du jardin de la maison de ma mère qui vît tout près d'ici'. J'avais aidé son mari à trouver une panne électrique sur son bateau.
Gentil, non ?

Le temps passe, toujours trop vite. Giorgio m'envoie un courriel en remerciement des bons moments passés à Elios et m'invite chez lui à Athènes.
On est à la fin du mois, et je prépare la suite. Lessives, derniers bricolages, laver les housses de voiles ayant protégé les voiles des ardeurs du soleil égéen. Ranger et laver l'annexe. Vérifier les niveaux, l'état des batteries qui sur Anak accusent un peu leurs cinq années de fidèles services. Sortir de nouvelles amarres pour les quais à accoster tout seul.
A l'intérieur, tout doit être remis en place pour que rien ne vole au travers de l'habitacle durant les centaines de miles que je vais parcourir à vagabonder à nouveau avant l'hiver.
Sur Troll comme sur Anak, on ressort les cartes, les guides, on discute, on trace des routes selon les vents dominants et les courants. Et on compare, même si nos routes sont différentes, la Grèce n'est pas grande et nous savons que nous nous retrouverons.
On sait déjà qu'au gré des sites et ports il y aura des variantes et des arrêts non prévus, c'est toute notre richesse.

Ce qui importe désormais, c'est de se diriger peu à peu vers un endroit où on pourra, en novembre, jeter les amarres, bien à l'abri des coups de vents hivernaux

Le prochain article racontera septembre, la descente vers le Golfe Saronique, où en octobre, je vais peut-être retrouver ma fille, Nora, et Franck. Petite Lou, elle, ce serait alors pour l’année prochaine.

Coucher de soleil vu depuis Anak 

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

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