Ballade en voiture à Skopelos

 

Hier-matin, un couple de Néerlandais âgés est venu me dire bonjour, se disant qu’avec un drapeau belge, ce curieux marinero solo devait peut-être parler le néerlandais ! A part trois ou quatre locations dont ce hollandais, il y a un voilier de grand voyage americain, et Anak!

Très sympas, ils m’expliquaient qu’ils auraient aimé louer une voiture et faire un aller retour jusqu’au nord de l’île, cad le petit port de Loutraki. Mais voilà, s’il sait encore plus ou moins manier un bateau de location, conduire une voiture à l’étranger, ah, ça non !

« Wilt jij onze chauffeur spelen ? » Pour les non bataves : Voulez-vous jouer à être notre chauffeur ?

Bien sûr que oui ! Et ils m’offrent les cafés et à manger en cours de route !

Ils avaient été se renseigner pour louer une petite Fiat durant une journée. 29 €uros !

Trop cher, je leur dis ! Leurs yeux bleu batave se mettent déjà à briller : ce type va même nous faire économiser quelques Euros en plus ! Ah, ces Néerlandais !

On va donc se renseigner, et nous voilà embarqués dans une mini-Fiat pour 20 Euros la journée ! Et comme il n’y a pas de touristes, on y reviendra, on peut discuter.

Un scooter se loue à 10 Euros la journée contre 15 à Egine l’hiver dernier !

Plus tard, en juillet et août, ces prix vont doubler et même tripler !

Comme j’ai une carte routière de Skopelos, je leur montre la seule route qui traverse l’île (depuis 1973), propose diverses haltes et jolis coins à voir – et qu’ils ne connaissent pas, et au retour, prendre un chemin carrossable pour redescendre via le centre de l’île !

Ils sont enthousiastes, moi aussi, car je viens de leur proposer le parcours que j’aurais voulu faire moi-même, sans la moindre variante !

Et nous voilà partis après un hellenico pour moi, et deux frappés pour eux. Je découvre deux Nérlandais pas radins du tout, il y a donc des exceptions :-), car la madame va même chercher de quoi accompagner le kawa : des feuilletés grecs au fromage (feta), délicieux, mais comme toujours autour de la Méditerranée, dégoulinant de gras.

Première escale : Panormos.
 

J’y ai de beaux souvenirs, et en 1973, il y avait à Panormos une maison de pêcheurs, à moitié en ruines, les pieds dans l’eau, et qui me faisait rêver. J’aurais sans doute pu l’acheter à l’époque pour dix mille Euros actuels, mais j’avais 20 ans et quelques, je n’allais pas m’acheter une maison et déjà prendre racine ! Mais bon, je voulais sans doute jouer à Leonard Cohen qui lui aussi avait une vieille maison en Grèce les pieds dans l’eau !


La baie de Panormos est un paradis, et l’est resté si ce n’est quelques discrètes constructions en plus dans les environs. Mes Néerlandais s’extasient, moi je cherche ma baraque de rêve..

Et je la retrouve ! Complètement restaurée, un environnement de rêve, un petit ponton devant !

C’est fou, aujourd’hui je voudrais avoir 20 ans, à l’époque il eut mieux valu que j’en aie 30 à 40, car je l’aurais achetée ! Et puis non, la petite résidence secondaire en Grèce, et tous les étés pendant des dizaines d’années : « Hop, on file à Panormos ! » sans plus faire autre chose, ne plus voyager ailleurs, - c’est qu’il faut rentabiliser cette maison de vacances ! Non, pas trop mon truc.

J’essuie donc discrètement mes larmes et on repart, arrêt à Agnondas un petit port où viennent accoster les ferries quand le Meltem souffle trop fort et que les ferries ont du mal à rentrer à Skopelos !

Un petit kawa encore, eux une Mythos, c’est Byzance !

Un arrêt à Elios - Klima, autre petit port pas tjrs indiqué sur les cartes. Je n’ai pas pris de photos pour ne pas déprimer le contribuable européen que nous sommes tous… car à nouveau, combien de dizaines de ports ainsi en Grèce ? Un port construit à 100% avec de l’argent de la CEE, là 5 millions d’Euros, bien affiché à l’entrée ! Complètement vide, des bornes électriques et robinets d’eau partout, flambants neufs, mais une seule semble branchée ou fonctionne.
Pourtant, plus tard, Elios-Klima deviendra mon petit port préféré. L’endroit est magnifique. Mais cela fera l’objet d’un nouvel article dans Vagabondages et de ma rencontre avec nos illustres Trolliens, Thierry et Françoise !

On arrive à Glossa dans le Nord de l’île. Un joli village haut perché, très sympa, et d’où descend la route vers le port de Loutraki. Loutraki permet parfois lui aussi aux ferries d’accoster sur Skopelos, en cas de grosses tempêtes interdisant l’accès au port de Skopelos.

Les gens sont charmants, pas beaucoup de touristes par ici, mais des bons bouis bouis pour casser la croûte !


























Et voilà le retour, regardez les photos !

Non non, je ne triche pas, ce n’est pas la forêt de St Hubert dans les Ardennes belges !

C’est bien le centre de l’île de Skopelos la verte, comme toutes les Sporades.





Pour les grincheux qui vont dire : Oui mais il doit tout le temps pleuvoir pour que ce soit vert comme ça, je leur rappelle que j’étais à Skopelos en décembre 2004, que j’allais nager, et que pendant 8 jours sur l’île, et plus encore dans le Pélion à côté, je n’ai pas totalisé une journée entière de pluie.






















Cette verdure est luxuriante et d’une variété étonnante, sans parler des odeurs.



En rentrant en fin d’après-midi, j’ai voulu leur offrir une petite cerise sur le gâteau qu’était cette belle ballade : le joli petit monastère de Metamorfosis du 16ième siècle qui surplombe la baie de Skopelos.















Quand on sait qu’il y a ainsi plus de 100 monastère et chapelles éparpillées sur l’île, on a encore une plus belle idée du charme de l'endroit.


Bon, le chemin carrossable était terrifiant, la voiture jaune de poussière et les vertèbres de mes Néerlandais en compote !























Le Skopelos de 1973 que j’avais connu, puis celui de 2004, change. On a beaucoup construit, ce sont surtout les grecs de Volos qui fréquentent l’île. Les quais sont plus touristiques et ici aussi il y a des voiliers de location. Mais cela n’a rien à voir avec les Cyclades. Skopelos est une île riche, et les habitants ne semblent pas trop changer leurs habitudes pour favoriser le tourisme.  Nous ne sommes pas à Skiathos !

Il y a maintenant un ferry qui fait Skopelos – Ayos Constantinos en 3 hres. Ayos Constantinos est sur la rive continentale du détroit d’Eubée, et de là, en deux heures, un bus vous emmène à Athènes pour vous déposer devant une station de métro qui est à 25 minutes de l’aéroport !

Si ce n’est la synchronisation des horaires arrivée avion, bus et ferrie pas évidente, ce qui oblige souvent à passer une nuit à l’hôtel à Ayos Constantinos (Hotel Olga, trop gentils et 35€ la chambre nickel !), ce n’est donc pas si compliqué de rejoindre les Sporades. Il y a aussi des avions Athènes – Skiathos, mais très peu par semaine.

Ce qui pour l’instant est beaucoup plus inquiétant pour les grecs des îles, c’est que la fréquentation étrangère et grecque baisse!
Toujours la crise qui passe par là, mais là ils sont inquiets, il n’y a personne ici comparé aux autres années ! Le soir, les immenses terrasses des cafés sur le port sont peu remplies ! En 2004, en décembre, elles étaient pleines tous les jours ! Ils espèrent un rebond pour l’été, mais la situation en Grèce elle-même est déjà dramatique, alors..

Cela fera peut-être baisser les prix, car certains bistros sur les quais n’hésitent pas à demander jusque 4 euros pour une petite bouteille de bière Mythos. Démentiel !

Idem pour les restos, les gens sur les voiliers de location préfèrent manger à bord qu’au resto, et cela se comprend !

A propos, je vais sortir ma carte de membre du club Panzani pour mon repas de ce midi, puis vous envoyer tout cela ! :-)

 

 


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Mise à jour le 11/03/2010

Bernard Moitessier :

partir n'apporte pas de réponses, mais ça évite de poser les questions...

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