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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

1 - Des Sporades vers le détroit d'Eubée et le port d'Oreoi - sept.09

Anak quitte Elios. Beaucoup d’émotion lors de ce départ.

Elios, c’était la base d’été d’Anak, le défilé de quelques amis vagabonds, les rencontres sur terre de toutes sortes, la découverte de Troll et son joyeux équipage. C’était aussi la gentillesse et générosité grecque et un décor magnifique dont on ne se lassait pas.


Ciao, Elios !
Grâce à la plage à côté d’Anak, j'allais nager plusieurs fois par jour - faut maintenir la forme du pépère -, et tous les soirs on avait droit à de magnifiques couchers de soleil.

Mais le port est mal protégé pour s’y attarder à l’approche de l’hiver, et l’étrave d’Anak n’a pas terminée de découvrir d’autres coins de Grèce, d’autres ports et mouillages.
Puis, il y a l'arrivée de ma fille Nora et et son compagnon Franck en octobre pour une semaine de navigation dans le golfe Saronique. Il ne s'agit pas de trop traîner pour les retrouver au Sud d'Athènes.
La navigation vers Skopelos est toujours aussi belle, je finirai par la connaître par coeur, mais on ne s'en lasse pas.

Comme d'habitude, pas un pet de vent !
 La plage sauvage accessible en Zodiac
Mouillage


Il faudra aussi rajouter du gasoil, faire quelques courses, et hop, en route pour la traversée Skopelos - Sud Pélion, sans s'arrêter à Skiathos.

La première escale après Skopelos sera Kiriaki, que j’ai tant aimé en y passant une nuit lors de la sortie du détroit d’Eubée, ou Orei à l'entrée du détroit d'Eubée. 

Mais voilà, Éole en décide autrement, car à peine arrivé à Skopelos, www.meteo.gr annonce un violent coup de vent. Un bon petit Meltem de fin de saison, avec des pointes dépassant allègrement les 40 nœuds dans le port.

Tous les ferrys pour Skopelos sont déviés vers le petit port d’Agnondas ou de Loutraki, de l’autre côté de l’île.

Anak, lui, est sagement amarré, cul au quai, et avec 50 mètres de chaîne au fond de l'eau, il se sent prêt à affronter les éléments.

Surprise ! Samedi en fin de journée arrivent en droite ligne de leur base Sunsail à Skiathos, des voiliers de location plein d’anglais. L’arrière des coques est badigeonnée de fish&chips à la sauce tomate mal digérés, ce qui montre à quel point la mer est déjà déchaînée, mais ces pauvres clients Sunsail voulaient à tout prix rentabiliser leur semaine de location.
Ils vont être servis, le coup de vent est annoncé jusque mercredi-soir, avec des 7 Beaufort tantôt de nuit, tantôt de jour ! Et pour le mal de mer, peu de remèdes, à part le quai trempé ou les cachets..

Le coup de vent se réveille vraiment dans la nuit de dimanche à lundi. Cela court de tous les côtés à 3 hres du matin, amarres à rajouter, pare battages pour protéger, etc.
Les bateaux font des écarts brutaux, rappelés à l’ordre par les cordes qui claquent quand elles se tendent. Les rafales montent à 40 nœuds, et le vent hurle dans les haubans!

Anak, lui, ne bronche pas. Prévoyant la chose, j’avais mis mes gros ressorts amortisseurs sur mes amarres allant au quai. Donc pas d’à-coups violents et un sommeil plus tranquille.

Au petit matin, tout le monde est terré au fond de son bateau. Le vent souffle violemment droit dans les cockpits et il pleut à verse. Il est exclu d’ouvrir quoi que ce soit ; descente, panneaux ou hublots. Les vagues se brisent derrière la jetée et les embruns arrosent les bateaux de l’autre côté du quai.

Avec la timonerie d'Anak, pas besoin de me terrer en bas dans le carré. J'ai toute la vue du port, de la jetée, des vagues, bien à l’abri et confortablement assis devant mon PC.

Nous sommes lundi. Patience Anak, Kiriaki, au Sud du Pélion, c'est peut-être pour jeudi. Et selon le temps et le vent, vendredi, je décide si j'aurai le temps de faire un aller-retour à Volos où nous retrouverons alors au ponton du port nos amis Trolliens.

Et puis, ils ne sont pas beaucoup mieux lotis que nous, là-bas, à Volos. Comme nous à Skopelos : 40 nœuds de vent au quai ! Thierry vient de m'envoyer cette photo !
 


Le départ des Sporades pour Oreoi - Eubée

Ça y est, c’est le grand départ des Sporades.

 

Il est 6:00H du matin, je remonte mes 50 mètres de chaîne sans problème et en route pour contourner le sud de l’île, puis traverser vers la pointe de l’île d’Eubée. Un bon 45 miles pour aujourd’hui.

Pas le moindre vent pour contourner Skopelos. Un voilier allemand à du sortir juste après moi du port, et semble prendre la même direction. Il arrivera effectivement une heure plus tard qu'Anak au port d’Oreoi (Orei, Oreo, Oreios, Oréon).

Quand j’ai entamé la traversée, après le dernier cap, juste après Stafilos, j’avais le vent presque dans le nez. J’arrivais à faire un près très serré, mais cela n’avançait pas fort.

C’était pareil pour le voilier allemand qui me suivait. J’avais déroulé le génois, mais je devais appuyer au moteur.

Avant de partir, ce matin tôt, j’avais vite regardé la météo sur Internet, et elle annonçait un vent du Nord à partir de 11:30H ou midi.


Ciao, belles Sporades

Le soleil se lève derière Alonnisos

Du coup, j’ai décidé de rabattre plus vers l’ouest, donc droit sur l’île d’Eubée au loin, et non plus sa pointe plus au nord. Avec un vent un peu plus de travers, Anak s’est mis à accélérer. Évidemment, je faisais un grand crochet, mais si…. ce vent effectivement virait au nord dans quelques heures, j’allais pouvoir remonter le long d’Eubée et largement rattraper les miles perdus !

L’allemand a du me prendre pour un cinglé, et à bien sagement continué sa route en ligne droite.

Et bingo, vers 11:30H, le vent à effectivement viré plein nord, du coup j'ai pu redresser mon cap, et rentrer dans le détroit, cela m'avait fait gagner une heure !

Cela m’a aussi permis de longer un bout de la côte Nord-Est de cette belle Eubée. Deuxième plus grande île de Grèce après la Crète.

Dans l’embouchure du détroit, j’avais à bâbord la pointe nord d'Eubée, et à tribord le bas du Pélion.
On apercevait au loin le village de Trikeri (Ay Kiraki) en haut du massif. Plus bas, le joli petit port de Kiriaki où je m’étais arrêté au printemps dernier, et puis l’embouchure du golfe de Volos, avec la ville de Volos 17 miles plus haut.


J’hésitais donc. Est-ce que j’allais remonter vers Kiriaki et cette crique, ou continuer droit vers l’ouest et le port d’Oreoi ?

Le temps était très gris, la météo du lendemain pas géniale, le détour pas négligeable, bref, Kiriaki.., surtout quand la mer bouge, est une vraie montagne russe le long de son petit quai.
Le mouillage ou irait Troll est moins sympathique si le temps vire au gris. Et ils annonçaient de la pluie, ce qui se confirmait au baromètre.

Bref, c’est décidé, je verrai de toutes façons arriver Troll dans un des prochains ports en descendant le détroit d’Eubée, la météo n’est pas folichonne, je vais droit vers Oreoi !


J’arrive à Oreoi à 16:00h, ce n'est finalement pas trop mal pour 45 miles.
Je découvre un tout petit port adorable.


Marche arrière, 35 mètres de chaîne et me voilà à quai de ce port inconnu !

Je découvre une vraie petite station balnéaire grecque. Cad, des tavernas et bouis bouis, où tout est écrit uniquement en grec. On m’avait dit à Skopelos qu’en juillet et août s’était très bruyant !! Mais comme à Elios ou Skopelos, le 31 août, tout s’est vidé !

Cet endroit fut dans le temps une importante ville maritime. On aperçoit encore des bouts de ruines de l’Acropole qui dominait le port. En 1965, des pêcheurs ont remonté un taureau en marbre de l’époque hélléniste. Il est sur la place du village et demain je vais aller voir cela de plus près.



J'ai enfin trouvé le taureau ! Pièce de marbre immense, car grandeur nature! Hélas, il est enfermé dans une cage de verre aux vitres sales. Il est magnifique, et je fais au mieux pour prendre des photos.
Oreoi est donc hyper-calme et assez sympa. Immenses plages, comme partout sur Eubée. Des tavernas bien plus simples que celles de Skopelos. J’adore !







Mes allemands arrivent. Mon crochet m'a donc fait gagner une heure. Je les aide à attacher leurs amarres et je branche Internet à bord d’Anak. Je découvre un courriel de Troll me disant qu’ils ont abandonné l’idée de rester dans leur mouillage à côté de Kiriaki, l’ancre chasse, il ne fait pas beau, etc. Ils viennent donc directement à Oreoi !

J’ai donc bien fait de ne pas aller là-haut vers leur mouillage !

Ils ont aussi essayé de me joindre par VHF ou téléphone, mais en général, en mer, je coupe tout ! J'aime bien cette façon de naviguer en me coupant de tout.
Effectivement, un peu plus tard, je vois rentrer Troll dans le port !

Comme Thierry a toujours de grosses difficultés à faire des marches arrières correctes avec sa coque à quille longue, il lâche son ancre à 40m du quai, saute dans son annexe à moteur et m’amène un bout à terre.

Ensuite il fait marche arrière, et je le tire, pour qu’il reste bien droit. Un vrai batelier de la Volga, le skipper d’Anak !

Le soir, après un verre pour fêter nos retrouvailles.. ; cela faisait si longtemps :-).., notre ami Thierry a proposé d’aller manger une pita en ville.

Nous voilà donc partis chercher une pita au milieu des tavernas et boui-bouis.

Soudain, on voit un boui-boui bien sympa, et à l’intérieur, un grand grill vertical à brochettes avec de la belle viande qui tourne.

«  - et puis zut, on va là, je crève de faim et rien que l’odeur et la vue » déclare Thierry. Dans le boui boui, une jeune-femme nous fait un grand bonjour de la main.

On s’installe à une table, à 1 m du bord de l’eau – dieu sait combien j’ai regretté de ne pas avoir pris mon appareil photo ! Mais c’est toujours ainsi, c’est quand il y a un imprévu chouette qu’on ne l'a pas...-  Il faisait nuit, le port est éclairé, quelques ampoules dans les arbres, c’était vraiment très sympa et tout simple.

La jeune-femme s’amène, qu’est-ce que vous voulez boire ? Ena poteri sima aspro.. et elle amène une petite canette de vin blanc et trois verres et nous demande ce que nous voulons manger. Pas de menu, tout ce fait verbalement.

On explique que seul la viande sur le grill nous intéresse. Pas de salade, feta, etc. ? Non, non, juste la viande !

Mauvais clients ? Non, on n’est pas en France ! C’est le sourire total, et c’est bien un des charmes de la Grèce, pouvoir rester assis des heures avec juste un café, ou demander une seule assiette pour deux, ça leur est complètement égal !

Elle amène nappe en papier, couverts, etc.

5 minutes après arrivent trois assiettes de viande grillée, du porc, un régal dont vous n’avez pas idée. Viande fondante, mais grillée craquante à l’extérieur. Avec cela on reçoit une grande corbeille de pain grillé passé à l’huile d'olives et épices, tout chaud.

Grand silence à table, tant c’était bon.

On a terminé, on bavarde, et soudain la jeune-femme réapparaît avec une assiette sur laquelle il y a plein de dés de melon, pêche, pastèque, etc. A nouveau un grand sourire sans rien dire, car le dessert rafraîchissant est gratos.
Cela me rappelle Trizonia l’année dernière. J’avais commandé une Mythos le soir dans le petit port. Et après la bière, on m’amène un café gratuit.

Crevés tous les trois, Thierry demande la note. 21€, vin, viande, pain, couvert, tout compris, (et le dessert !) bref 7 Euros par personne ! Et assis au bord de l’eau dans une ambiance sympa, il n’y avait pas un seul étranger sur toutes les terrasses hormis nous !

Je suis rentré sur Anak, crevé de cette longue journée de voile, pour découvrir ce matin un ciel bien plombé qui s’accordait bien avec les gouttes de pluie résonant sur Anak.

Là le vent s’est levé, a chassé la pluie, hélas pas les nuages, pourtant mes panneaux solaires n’attendent que cela !



 
Recette inédite de mousse au chocolat façon Troll

Courriel d’invitation à venir prendre un goûter sur Troll ! La méthode est drôle, Troll est à 10m, mais on a une excuse, il pleut non-stop, et nous, petits marins, on a horreur de l’eau douce.

Donc à17h, je me présente sur Troll, salivant à l’idée d’un goûter belge : immense tartine de fromage blanc, une couche de radis, de la ciboulette, poivre et sel !!!

C’est beau les rêves….

Surtout quand ils se transforment en….

MOUSSE AU CHOCOLAT !

Hé oui, notre ami Thierry avair acheté du chocolat noir grec, mais comme il n’est pas mauvais, il a préparé une mousse au chocolat absolument délicieuse. Ce coquin savait que j’adorais cela, et que je n’en avais plus mangé depuis des éternités.

Et m’avouer que c’était la première fois, et avec un fouet mécanique, comme le mien à bord d’Anak !

Et elle était vachement bonne. J’ai même pu lécher le bol !

La présentation était originale. Je ne sais s'il remontait au vent, et que Troll gîtait fort, en tout cas, voyez le résultat :
« La mousse en gîte et au chocolat de Troll »

Sale mec, tu m'avais pris en photo !
Copyright Troll


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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

Voyages en voilier en Méditerranée. Algérie à la voile.

Que sont devenus Les ex-moussaillons 'Anak ?

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