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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

Anak de retour à Egine & La petite école de voile d'Egine

1er octobre, que cela passe vite.

Le 4 octobre 2008, j’arrivais à l’île de Zakinthos en mer Ionienne, en droite ligne de Syracuse après un an et demi de navigations et escales en Afrique du Nord.

Je quitte mon mouillage devant le magnifique Cap Sounion et le temple de Poséidon.


Mes amis Chantal et Jean-Marie, sur Mayero, lèvent aussi l’ancre, mais nos routes se séparent.
Ils vont se diriger droit vers l’ouest, direction Poros, une île à l’Est du Péloponnèse dans le Sud du golfe Saronique ou l'Argolide.
 Mayero

Je me dirige aussi vers le Golfe Saronique, mais plus au nord, vers l’île d’Égine que je connais bien. ( voir l'Album photos : 'Égine -Aegina', ou la rubrique : '2008-3 l'île d'Égine' )

Nora et Franck doivent m'y rejoindre dans quelques jours, et nous nous dirigerons ensemble vers le Sud, Poros, peut-être Hydra, etc.
Ils ne restent qu'une semaine, nous improviserons selon le vent et le temps, .

Dès que je quitte le Cap Sounion, je me retrouve avec une visibilité très réduite. Je ne vois plus la terre derrière moi, et Égine, qui pourtant n’est pas loin (30 milles) reste invisible durant des heures. L'air est très chargé d'humidité et je ne puis faire la moindre photo.

Je vois enfin apparaître le sud de l’île d’Égine.

Je ne l’avais jamais vue côté sud depuis le large, et c’est beaucoup plus sauvage que la partie nord de l’île qui est plus verte.

Je passe devant le petit port de Perdika, très sympa. Passage entre l’île de Mina et Egine, et je vois enfin au loin le port d’Égine.

Je rentre dans le port. Plus de place au quai dans le port, des locations partout encore ! Vrai que c'est WE pont : élections = congé administratifs vendredi samedi dimanche lundi.

J’apprendrai aussi que les locations ont du succès, car les boites de location, crise oblige, accordent des remises énormes aux clients potentiels.

Je me risque dans la marina privée où j’avais passé quelques mois l’hiver dernier, mais il y a beaucoup de vent comme souvent l’après-midi dans le golfe Saronique, cela ne va pas être simple.

Je me glisse entre le premier ponton et la jetée qui sépare la marina de l’entrée du port. Tant pis, qui ne fait rien n'a rien, bon adage, car un grec et un belge (menuisier de marine à Égine) sont sur leurs bateaux. Je les connaissais de l'hiver dernier! 

Ils me crient : - Kalispera ! Tu reviens ? Là il y a une place, juste ta largeur, à côté du mien.

Ben oui, mais je ne puis faire une marche arrière dans ce sens là et me glisser ainsi entre leurs bateaux. La largeur entre la jetée et le ponton n’est pas grande comparé aux autres pontons, surtout avec des bateaux des deux côtés.

Et sortir d'entre mes deux pontons, mama mia, avec le vent de travers en marche arrière, avec les pendilles qui dardent leurs cordes vers le milieu du passage, j'en ai pour une demi-heure. Dans quoi me suis-je encore fourré avec mon gros Anak ?

Ils connaissent Anak et sa quille longue qui rend les manœuvres si compliquées. Et bien, je les ai épaté, il y avait 12m entre les bateaux de chaque côté, parfois moins, + les pendilles. Et j'ai fait tourner Anak dans le vent sur place sans rien toucher ni mettre un cordage dans mon hélice.

Baba qu'ils étaient. Moi aussi : quel bol ! :-) 

Cette fois mon pas d'hélice était bon, en calculant ma dérive à cause du vent, j’ai fait virer Anak en marche arrière, quelques corrections en marche Av pour m’aligner, et je n'ai même pas touché mes voisins. Sympa, l'un m'avait préparé la pendille, l'autre a pris les amarres.


Bon, c'est une place privée, ils connaissent le propriétaire et vont lui demander si je peux rester quelques jours. Il fait du charter et téléphone toujours au grec à côté de moi à droite pour savoir si quelqu’un aurait pris sa place. Je devrai sans doute bouger s’il revient ce WE.

Il fait beaucoup plus chaud depuis que je suis rentré dans le Saronique.

J’ai été en ville, boire une limonade dans mon boui-boui préféré. Le jeune serveur me fait un immense sourire en me reconnaissant, me demandant comment j’allais et toujours :
- Encore en Grèce, et vous allez y rester ? Idem pour la marchande de légumes sur son caïque transformé en magasin de fruits et légumes, et qui m’a regardé avec des yeux tous ronds. - De retour ? - Oui, oui ! - Mais vous étiez où. ?Je lui raconte ; Eubée, Sporades, etc.

Et soudain elle me sert la main, « - you are welcome ». Sympa tout cela.

Dans la marina, à droite d'Anak il y avait le grec et le menuisier de marine. Un belge installé depuis 17 ans à Egine.

Le menuisier de marine vient de réaliser son rêve : avoir son propre bateau. Et merci la crise, il vient d'acheter un magnifique voilier anglais de plus de 13 m de long, moteur quasi neuf, voilier complètement refait pour les besoins d'un film, et cela au prix incroyable de 15 000 Euros !
Il est installé à Egine depuis 17 ans, et son affaire marche très bien. C'est le grec le plus blond que je connaisse.
Il sort justement avec un ami grec faire des essais avant la tombée de la nuit.

Je file prendre mon appareil photo. Le soir, au retour, je lui prête ma clé USB avec une dizaine de photos de sa sortie; Il était trop heureux, les premières photos de son voilier avec lui sur les photos ! Une belle vie : menuisier de marine en Grèce.
Arrive le propriétaire du bateau à ma gauche. Un gros voilier de série.

Il monte à bord, me voit, et me dit :

 - Kalispera, mais, votre bateau, il n’était pas en face l’hiver dernier ? 

- Oui, oui. 

- Mais vous avez passé tout l’été en Grèce ?

- Oui oui, Sporades, etc.

- Et vous revenez à Aegina pour l’hiver ?

- Oui, en tout cas un moment, là je suis de passage.

L’an dernier, les gens de la marina, tous propriétaires de leurs emplacements, me boudaient un peu : obtenir (par des amis grecs) une place dans leur marina privée, un belge ! Puis cela s’est peu à peu amélioré. A force de kalimeras et coups de mains.

Soudain :

- Vous vous appelez comment ?

- José.

- Moi c’est Jason, et il me serre la main.

Je lui dis : - je suis à la place d’un skipper qui risque de revenir.

- Yanis ? Non, je ne crois pas ce WE, peut-être le prochain. Mais mon ami, votre voisin de l’autre côté le connaît. Yanis lui téléphone toujours avant de revenir. Alors ne bougez pas, vous êtes bien là. On vous avertira. Donnez-lui votre n° de téléphone grec.

J’apprendrai quelques heures plus tard, grâce à un coup de fil au propriétaire bien sympa, qu’il ne rentre pas avant trois semaines. Ouf !

En fait, comme me dit le menuisier belge : - dès qu’ils ne te mettent plus une étiquette de touriste de passage, ils changent complètement. Et puis ton bateau n'est pas banal, cela joue aussi et engendre la sympathie.

C’est curieux, quand j’ai été me promener en ville, ma perception d’Égine a changée, ce doit être le temps passé en Grèce. On commence à voir les gens et les choses différemment.

Ce W.E., élections en Grèce.

Hier-soir, premiers résultats des élections. Les socialistes l'emportent haut ma main avec une majorité absolue au parlement.

Du coup, klaxons, cris, musique, danse, drapeaux, bref, fiesta sur les quais d'Egine. Surtout la jeunesse, qui déjà avait exprimé sa colère début de l'été contre un gouvernement de droite complètement corrompu et inefficace.

Ensuite, sur le quai des ferrys, juste en face d'Anak : feux d'artifices pour fêter l'évènement.

 La petite école de voile d’Egine.

Ce WE, je suis baigné par les cris des gosses qui préparent ou rangent leurs bateaux, on dirait une cour de récré, c’est sympa.

En réalité, Anak est à 50 m de la petite école de voile d’Egine.

Cette nuit, le vent a bien soufflé, et la mer est relativement forte, cela moutonne de tous les côtés. Cela n’empêche pas les gamins de préparer leurs Vauriens (ils doivent tout faire eux-mêmes, de A à Z) et de filer chercher le vent à la sortie du port.

Le Zodiac du moniteur les suit, et après on l’entend hurler ses conseils aux gamins, car avec le vent, les vagues et son moteur, on ne s’entend pas.


C’est étonnant de voir à quel point ces gamins se démerdent.
Et surtout les filles !

Elles font moins d’embardées, ne tombent jamais à l’eau, virent sur place avec une rapidité et synchronisation incroyable.
Les garçons, à force de vouloir faire les malins, risquent le plongeon à chaque virement de bord, le font mal et perdent du temps.

Et les filles se marrent. 


Tout cela tourne autour des 8 à 13 ans !


C'est magique à cet âge de voir un tout petit bateau bondir en avant sous la poussée du vent, obéir au doigt et à l’œil une fois que l’on a compris la logique du vent, d’un safran et de la gîte contrôlée, et surtout pouvoir synchroniser tout cela durant quelques secondes le temps de virer de bord, sinon plouf ou pan, la bôme contre la tête!
Cela donne beaucoup d’assurance. Puis il y a le côté corvée, obligation de préparer seul le bateau, ensuite le remettre à sa place – il faut voir les petites gamines de 8 ans tirer seul leur Vaurien sur le quai incliné, le démâter, tout rincer, voile comprise, et tout ranger.
Tout cela à 50 m d’Anak ! Vraiment chouette.

Petite parenthèse : c’était la petite l’école de voile des jeunes d’Egine.


Le pope et les nains !
Ce matin, en partant acheter mon pain, je passe comme d’habitude devant l’église orthodoxe d’Egine, qui est juste en face du port !


Non, pas de ouzo ni tzipouro, juste un café. Et c'est bien des petits nains que je vois sur le parvis !



Ceci dit, c’est sympa non ? Peut-être une combine pour attirer les gamins au catéchisme ?

Sacrés popes !
Il faudra que je trouve une explication auprès de mes grecs du coin ! Je vous tiens au courant ! 

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

Voyages en voilier en Méditerranée. Algérie à la voile.

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