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15(5) - Mai - Skopelos au mois de Mai.
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Skopelos, avant l’invasion des barbares de l’été, c’est la douceur de vie absolue.
Les vieux Skopelotes se retrouvent tous les matins au café municipal, où je les rejoins en général vers 8 à 9 heures, après avoir été acheter du pain et quelques fruits et légumes.
Je m’assieds, et sans rien demander arrive mon hellinika avec un chaleureux Kalimèra !
Sur le quai, les pêcheurs opèrent la toilette de printemps de leurs barques. Combien de temps verrons-nous encore cette minutie à repeindre les petits profils taillés dans le bois.
Du jaune pour l’un, du rouge vif ou bleu méditerranée pour une autre partie.
Ce sont ces détails qui font toute la beauté des barques et cette couleur si photogénique des petits ports de pêche méditerranéens.
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Hélas, le plastique envahit peu à peu les ports. Quelques copies en plastique des barques actuelles sauvent l’apparence. Mais peindre un petit filet jaune en relief sur du gelcoat..
En ville, on recommence à chauler les murs, comme à chaque printemps.
En face des tavernas, le long du grand quai, quelques va et vient de bateaux de location. Mais très peu, parfois un seul, au pire trois ou quatre.
Ces autres voiliers alors ?
Un ketch italien d’un couple à la retraite. Idem pour un grand voilier avec des retraités français. Là arrive un très beau côtre norvégien avec un vieux couple anglais à la manœuvre. On court aider chaque nouvel arrivant, et du coup on lie connaissance.
Les vagabonds, on les reconnait à leurs bateaux, l’encombrement des ponts, les couleurs différentes, un look sympa. On est loin des voiliers de grande série industrielle, ou conçus pour la vitesse, bien trop inconfortables pour nous. Et ceux qui en ont un du genre rêvent de l’échanger contre nos barques encombrées.
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On voit amarré nos catalans, eux aussi de passage à Skopelos. Angela et Antonio, notre couple de vieux amoureux, toujours en train de sourire. Mayero, nos agriculteurs-navigateurs, alternant les travaux à la ferme et quelques mois une ou deux fois par an au milieu des îles grecques. Vont arriver Stéphanie et Thierry, nos mignons petits Suisses qui rentrent d’une escapade à Alonisos. Ils étaient là lors de mon arrivée il y a 24 heures.
Ils vont bientôt rentrer en Suisse, le temps de regarnir leur bourse de voyage.
Cela se termine par des repas à gauche à droite, un apéro. Michèle, une copine bourguignonne apparaît au milieu de tout cela, pour pas même une semaine sur l’île, le temps de la découvrir.
Le temps est splendide, on
pense tous à nos proches en France, subissant un hiver qui ne trouve pas sa fin.
Tout cela me donne tout de même le temps de vérifier quelques détails sur Anak. Je viens de sortir d’Eubée et je vérifie les serrages des boulons des pièces démontées dans le moteur, etc. Bref, tout le monde est bien occupé..
Je vais aussi en profiter, - une tempête est annoncée pour samedi et les jours qui suivent – pour faire une virée de 24 heures vers Agnondas et Panormos. Peut-être retrouver Alioth, d’Angela et Antonio, qui vont aussi repartir faire un tour dans le coin. Mayero lui reste au quai, ils se reposent et se donnent le temps d’étudier la suite. Comme Anak, ils veulent se diriger vers le Nord de la Grèce après les Sporades.
Anak quitte le quai, et en route pour Agnondas, le tout petit port où parfois accostent des ferries quand la tempête gronde à Skopelos.
A midi, Anak est amarré au quai d’Agnondas. Tout seul. C’est vraiment le rêve, le mois de mai. Michèle, qui découvre ainsi l’île par la mer, est éblouie. On mange à bord une petite salade de tomates à midi, mon régime habituel. Puis on va boire un café sous les platanes bordant l’eau au fond de ce tout petit port plein de charme.
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En avant, destination : Panormos. On y arrive rapidement. La crique de Panormos, elle aussi, est vide. Incroyable ! Avant d'arriver, Michèle découvre la roue d'Anak.
Je jette l’ancre, mais un vent assez violent
m’empêche de reculer vers la rive où j’irais bien attacher un long bout aux rochers. Je fais un premier essai, je prépare mon bout, je saute à l’eau avec la corde autour des épaules, mais non..
Impossible d’approcher des rochers, Anak se remet de travers, face au vent, et du coup la corde est trop courte. Trop drôle, on ne peut que rire.
Tant pis, je refais toute l’opération sous les yeux médusés de notre bourguignonne. Car elle découvre la lenteur et patience qu’il faut pour opérer certaines manœuvres avec un voilier.
Arrivée à Panormos
Cette fois, je réussis à me mettre bien en ligne avec mes rochers, et je recule un maximum en lâchant de la chaîne. Le fait de me rapprocher de la rive boisée semble me protéger du vent. Je ne lache pas des yeux l’échosondeur, il ne faudrait pas toucher le fond.
Et rebelote, plonger dans l’eau, elle ne fait encore que 18° !
Mais ça y est, je réussis à attacher la corde aux rochers, et je retourne en nageant vers Anak. Tout cela garantit, vent ou pas, une vraie nuit de sommeil sans inquiétudes de dérapage d’ancre.
Michèle en profite pour aller voir si l’eau fait vraiment 18°, et nage autour d’Anak durant 10 minutes.
Vrai qu’une fois que l’on est dans l’eau, cela devient bien agréable. Sous Anak dont j’ai remonté de la chaîne, 15 m de profondeur, et on voit tous les détails du fond, tant l’eau est transparente.
Crique de rêve, un pêcheur passe avec un grand bonjour, tout en jetant ses filets à la main. C’est superbe.
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Repos ou rêveries après ce mouillage mouvementé.
Le lendemain-matin, je replonge dans l’eau pour aller défaire mon amarre, et Anak repart vers Agnondas. Finalement, boire un café sous les platanes, c’est bien agréable. Déjà des habitudes.
Après le café, cap sur Skopelos. Notre bourguignonne prendre le premier ferrie le lendemain-matin.
Boulot, boulot, ces contraintes que nous n’avons plus.
Pour fêter cette mini-navigation, Michèle m’invite au restaurant. Je l’emmène dans une petite ruelle en escalier où il y a un minuscule restaurant bien sympa et pas cher. L’ennui, c’est les marches dans la ruelle. Peu importe, le restaurateur a mis des bacs en bois, juste assez grands pour supporter une petite table et une chaise. Le bac lui épouse les marches.
Attention ! Ne pas reculer sa chaise pendant
que l’on mange. Soit c’est la chute dans l’assiette du voisin des marches plus basses, ou carrément le plongeon dans l’escalier.
Trop drôle, j’imagine cela en France, où nous sommes saturés de lois, mesures, préventions qui font que l’on ne pourrait même pas imaginer une seconde qu’une telle
installation soit permise. Finalement, on est responsables et adultes, non ? Personne ne nous force à manger là, il y a des restos tout plats en bas dans le port.
Surprise, je mange une des meilleures Moussakas jamais mangée. Pas un iota de gras ou d’huile d’olive. Un souvlaki de poulet délicieux, on demande la note, et hop, comme toujours en Grèce dans ce genre de petits restos, arrive un dessert gratos, tartelette chaude aux pruneaux (de Skopelos) avec deux boules de sorbet dessus. Mmmmmmmmmm.
C’est le côté sympa des restos grecs dans cette région. P.ex., vous arrivez à deux, déclarez que vous n’avez pas très faim, le serveur vous propose tout simplement une portion d’une personne, et on vous donnera deux assiettes.. On est loin d’Athènes..
On a retrouvé les Mayeros toujours à quai, l’occasion d’une bonne bière fraîche. Michèle reprendra déjà le ferrie pour le continent.
Anak est ré-envahi par les derniers arrivés, Stéphanie et Thierry :
Vite rejoints par Chantal et Jean-Marie, l’occasion de boire les 4 dernières bières dans le frigo d’Anak.Demain donc ; tempête, force 7, et il semblerait que cela pourrait durer jusqu’au moins milieu de la semaine prochaine.
Bien, cela va aussi me permettre d'étudier ma route.
Qu’importe, on est si bien à Skopelos.
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