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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

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1 - Des Sporades vers le détroit d'Eubée et le port d'Oreoi - sept.09

Anak quitte Elios. Beaucoup d’émotion lors de ce départ.

Elios, c’était la base d’été d’Anak, le défilé de quelques amis vagabonds, les rencontres sur terre de toutes sortes, la découverte de Troll et son joyeux équipage. C’était aussi la gentillesse et générosité grecque et un décor magnifique dont on ne se lassait pas.


Ciao, Elios !
Grâce à la plage à côté d’Anak, j'allais nager plusieurs fois par jour - faut maintenir la forme du pépère -, et tous les soirs on avait droit à de magnifiques couchers de soleil.

Mais le port est mal protégé pour s’y attarder à l’approche de l’hiver, et l’étrave d’Anak n’a pas terminée de découvrir d’autres coins de Grèce, d’autres ports et mouillages.
Puis, il y a l'arrivée de ma fille Nora et et son compagnon Franck en octobre pour une semaine de navigation dans le golfe Saronique. Il ne s'agit pas de trop traîner pour les retrouver au Sud d'Athènes.
La navigation vers Skopelos est toujours aussi belle, je finirai par la connaître par coeur, mais on ne s'en lasse pas.

Comme d'habitude, pas un pet de vent !
 La plage sauvage accessible en Zodiac
Mouillage


Il faudra aussi rajouter du gasoil, faire quelques courses, et hop, en route pour la traversée Skopelos - Sud Pélion, sans s'arrêter à Skiathos.

La première escale après Skopelos sera Kiriaki, que j’ai tant aimé en y passant une nuit lors de la sortie du détroit d’Eubée, ou Orei à l'entrée du détroit d'Eubée. 

Mais voilà, Éole en décide autrement, car à peine arrivé à Skopelos, www.meteo.gr annonce un violent coup de vent. Un bon petit Meltem de fin de saison, avec des pointes dépassant allègrement les 40 nœuds dans le port.

Tous les ferrys pour Skopelos sont déviés vers le petit port d’Agnondas ou de Loutraki, de l’autre côté de l’île.

Anak, lui, est sagement amarré, cul au quai, et avec 50 mètres de chaîne au fond de l'eau, il se sent prêt à affronter les éléments.

Surprise ! Samedi en fin de journée arrivent en droite ligne de leur base Sunsail à Skiathos, des voiliers de location plein d’anglais. L’arrière des coques est badigeonnée de fish&chips à la sauce tomate mal digérés, ce qui montre à quel point la mer est déjà déchaînée, mais ces pauvres clients Sunsail voulaient à tout prix rentabiliser leur semaine de location.
Ils vont être servis, le coup de vent est annoncé jusque mercredi-soir, avec des 7 Beaufort tantôt de nuit, tantôt de jour ! Et pour le mal de mer, peu de remèdes, à part le quai trempé ou les cachets..

Le coup de vent se réveille vraiment dans la nuit de dimanche à lundi. Cela court de tous les côtés à 3 hres du matin, amarres à rajouter, pare battages pour protéger, etc.
Les bateaux font des écarts brutaux, rappelés à l’ordre par les cordes qui claquent quand elles se tendent. Les rafales montent à 40 nœuds, et le vent hurle dans les haubans!

Anak, lui, ne bronche pas. Prévoyant la chose, j’avais mis mes gros ressorts amortisseurs sur mes amarres allant au quai. Donc pas d’à-coups violents et un sommeil plus tranquille.

Au petit matin, tout le monde est terré au fond de son bateau. Le vent souffle violemment droit dans les cockpits et il pleut à verse. Il est exclu d’ouvrir quoi que ce soit ; descente, panneaux ou hublots. Les vagues se brisent derrière la jetée et les embruns arrosent les bateaux de l’autre côté du quai.

Avec la timonerie d'Anak, pas besoin de me terrer en bas dans le carré. J'ai toute la vue du port, de la jetée, des vagues, bien à l’abri et confortablement assis devant mon PC.

Nous sommes lundi. Patience Anak, Kiriaki, au Sud du Pélion, c'est peut-être pour jeudi. Et selon le temps et le vent, vendredi, je décide si j'aurai le temps de faire un aller-retour à Volos où nous retrouverons alors au ponton du port nos amis Trolliens.

Et puis, ils ne sont pas beaucoup mieux lotis que nous, là-bas, à Volos. Comme nous à Skopelos : 40 nœuds de vent au quai ! Thierry vient de m'envoyer cette photo !
 


Le départ des Sporades pour Oreoi - Eubée

Ça y est, c’est le grand départ des Sporades.

 

Il est 6:00H du matin, je remonte mes 50 mètres de chaîne sans problème et en route pour contourner le sud de l’île, puis traverser vers la pointe de l’île d’Eubée. Un bon 45 miles pour aujourd’hui.

Pas le moindre vent pour contourner Skopelos. Un voilier allemand à du sortir juste après moi du port, et semble prendre la même direction. Il arrivera effectivement une heure plus tard qu'Anak au port d’Oreoi (Orei, Oreo, Oreios, Oréon).

Quand j’ai entamé la traversée, après le dernier cap, juste après Stafilos, j’avais le vent presque dans le nez. J’arrivais à faire un près très serré, mais cela n’avançait pas fort.

C’était pareil pour le voilier allemand qui me suivait. J’avais déroulé le génois, mais je devais appuyer au moteur.

Avant de partir, ce matin tôt, j’avais vite regardé la météo sur Internet, et elle annonçait un vent du Nord à partir de 11:30H ou midi.


Ciao, belles Sporades

Le soleil se lève derière Alonnisos

Du coup, j’ai décidé de rabattre plus vers l’ouest, donc droit sur l’île d’Eubée au loin, et non plus sa pointe plus au nord. Avec un vent un peu plus de travers, Anak s’est mis à accélérer. Évidemment, je faisais un grand crochet, mais si…. ce vent effectivement virait au nord dans quelques heures, j’allais pouvoir remonter le long d’Eubée et largement rattraper les miles perdus !

L’allemand a du me prendre pour un cinglé, et à bien sagement continué sa route en ligne droite.

Et bingo, vers 11:30H, le vent à effectivement viré plein nord, du coup j'ai pu redresser mon cap, et rentrer dans le détroit, cela m'avait fait gagner une heure !

Cela m’a aussi permis de longer un bout de la côte Nord-Est de cette belle Eubée. Deuxième plus grande île de Grèce après la Crète.

Dans l’embouchure du détroit, j’avais à bâbord la pointe nord d'Eubée, et à tribord le bas du Pélion.
On apercevait au loin le village de Trikeri (Ay Kiraki) en haut du massif. Plus bas, le joli petit port de Kiriaki où je m’étais arrêté au printemps dernier, et puis l’embouchure du golfe de Volos, avec la ville de Volos 17 miles plus haut.


J’hésitais donc. Est-ce que j’allais remonter vers Kiriaki et cette crique, ou continuer droit vers l’ouest et le port d’Oreoi ?

Le temps était très gris, la météo du lendemain pas géniale, le détour pas négligeable, bref, Kiriaki.., surtout quand la mer bouge, est une vraie montagne russe le long de son petit quai.
Le mouillage ou irait Troll est moins sympathique si le temps vire au gris. Et ils annonçaient de la pluie, ce qui se confirmait au baromètre.

Bref, c’est décidé, je verrai de toutes façons arriver Troll dans un des prochains ports en descendant le détroit d’Eubée, la météo n’est pas folichonne, je vais droit vers Oreoi !


J’arrive à Oreoi à 16:00h, ce n'est finalement pas trop mal pour 45 miles.
Je découvre un tout petit port adorable.


Marche arrière, 35 mètres de chaîne et me voilà à quai de ce port inconnu !

Je découvre une vraie petite station balnéaire grecque. Cad, des tavernas et bouis bouis, où tout est écrit uniquement en grec. On m’avait dit à Skopelos qu’en juillet et août s’était très bruyant !! Mais comme à Elios ou Skopelos, le 31 août, tout s’est vidé !

Cet endroit fut dans le temps une importante ville maritime. On aperçoit encore des bouts de ruines de l’Acropole qui dominait le port. En 1965, des pêcheurs ont remonté un taureau en marbre de l’époque hélléniste. Il est sur la place du village et demain je vais aller voir cela de plus près.



J'ai enfin trouvé le taureau ! Pièce de marbre immense, car grandeur nature! Hélas, il est enfermé dans une cage de verre aux vitres sales. Il est magnifique, et je fais au mieux pour prendre des photos.
Oreoi est donc hyper-calme et assez sympa. Immenses plages, comme partout sur Eubée. Des tavernas bien plus simples que celles de Skopelos. J’adore !







Mes allemands arrivent. Mon crochet m'a donc fait gagner une heure. Je les aide à attacher leurs amarres et je branche Internet à bord d’Anak. Je découvre un courriel de Troll me disant qu’ils ont abandonné l’idée de rester dans leur mouillage à côté de Kiriaki, l’ancre chasse, il ne fait pas beau, etc. Ils viennent donc directement à Oreoi !

J’ai donc bien fait de ne pas aller là-haut vers leur mouillage !

Ils ont aussi essayé de me joindre par VHF ou téléphone, mais en général, en mer, je coupe tout ! J'aime bien cette façon de naviguer en me coupant de tout.
Effectivement, un peu plus tard, je vois rentrer Troll dans le port !

Comme Thierry a toujours de grosses difficultés à faire des marches arrières correctes avec sa coque à quille longue, il lâche son ancre à 40m du quai, saute dans son annexe à moteur et m’amène un bout à terre.

Ensuite il fait marche arrière, et je le tire, pour qu’il reste bien droit. Un vrai batelier de la Volga, le skipper d’Anak !

Le soir, après un verre pour fêter nos retrouvailles.. ; cela faisait si longtemps :-).., notre ami Thierry a proposé d’aller manger une pita en ville.

Nous voilà donc partis chercher une pita au milieu des tavernas et boui-bouis.

Soudain, on voit un boui-boui bien sympa, et à l’intérieur, un grand grill vertical à brochettes avec de la belle viande qui tourne.

«  - et puis zut, on va là, je crève de faim et rien que l’odeur et la vue » déclare Thierry. Dans le boui boui, une jeune-femme nous fait un grand bonjour de la main.

On s’installe à une table, à 1 m du bord de l’eau – dieu sait combien j’ai regretté de ne pas avoir pris mon appareil photo ! Mais c’est toujours ainsi, c’est quand il y a un imprévu chouette qu’on ne l'a pas...-  Il faisait nuit, le port est éclairé, quelques ampoules dans les arbres, c’était vraiment très sympa et tout simple.

La jeune-femme s’amène, qu’est-ce que vous voulez boire ? Ena poteri sima aspro.. et elle amène une petite canette de vin blanc et trois verres et nous demande ce que nous voulons manger. Pas de menu, tout ce fait verbalement.

On explique que seul la viande sur le grill nous intéresse. Pas de salade, feta, etc. ? Non, non, juste la viande !

Mauvais clients ? Non, on n’est pas en France ! C’est le sourire total, et c’est bien un des charmes de la Grèce, pouvoir rester assis des heures avec juste un café, ou demander une seule assiette pour deux, ça leur est complètement égal !

Elle amène nappe en papier, couverts, etc.

5 minutes après arrivent trois assiettes de viande grillée, du porc, un régal dont vous n’avez pas idée. Viande fondante, mais grillée craquante à l’extérieur. Avec cela on reçoit une grande corbeille de pain grillé passé à l’huile d'olives et épices, tout chaud.

Grand silence à table, tant c’était bon.

On a terminé, on bavarde, et soudain la jeune-femme réapparaît avec une assiette sur laquelle il y a plein de dés de melon, pêche, pastèque, etc. A nouveau un grand sourire sans rien dire, car le dessert rafraîchissant est gratos.
Cela me rappelle Trizonia l’année dernière. J’avais commandé une Mythos le soir dans le petit port. Et après la bière, on m’amène un café gratuit.

Crevés tous les trois, Thierry demande la note. 21€, vin, viande, pain, couvert, tout compris, (et le dessert !) bref 7 Euros par personne ! Et assis au bord de l’eau dans une ambiance sympa, il n’y avait pas un seul étranger sur toutes les terrasses hormis nous !

Je suis rentré sur Anak, crevé de cette longue journée de voile, pour découvrir ce matin un ciel bien plombé qui s’accordait bien avec les gouttes de pluie résonant sur Anak.

Là le vent s’est levé, a chassé la pluie, hélas pas les nuages, pourtant mes panneaux solaires n’attendent que cela !



 
Recette inédite de mousse au chocolat façon Troll

Courriel d’invitation à venir prendre un goûter sur Troll ! La méthode est drôle, Troll est à 10m, mais on a une excuse, il pleut non-stop, et nous, petits marins, on a horreur de l’eau douce.

Donc à17h, je me présente sur Troll, salivant à l’idée d’un goûter belge : immense tartine de fromage blanc, une couche de radis, de la ciboulette, poivre et sel !!!

C’est beau les rêves….

Surtout quand ils se transforment en….

MOUSSE AU CHOCOLAT !

Hé oui, notre ami Thierry avair acheté du chocolat noir grec, mais comme il n’est pas mauvais, il a préparé une mousse au chocolat absolument délicieuse. Ce coquin savait que j’adorais cela, et que je n’en avais plus mangé depuis des éternités.

Et m’avouer que c’était la première fois, et avec un fouet mécanique, comme le mien à bord d’Anak !

Et elle était vachement bonne. J’ai même pu lécher le bol !

La présentation était originale. Je ne sais s'il remontait au vent, et que Troll gîtait fort, en tout cas, voyez le résultat :
« La mousse en gîte et au chocolat de Troll »

Sale mec, tu m'avais pris en photo !
Copyright Troll


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Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

8 (2) - Le fameux pont de Chalkis, et Eretria


 

J’étais arrivé le 10 septembre à Oreoi, et là, nous sommes déjà le 15 ! Éole en a décidé ainsi, un bon coup de vent ne donnant envie à personne dans le port d’aller se balader en mer.

Donc, aujourd’hui, 15 septembre, en route pour Chalkis avec un arrêt à Limni et Politika. Anak est propre et lavé, les pluies diluviennes ont nettoyé et désalé le pont, les cordages, et tout ce qui traîne dehors ! Finalement, elle a du bon aussi, cette pluie. Enfin, là, le départ sous la pluie, c'est moins drôle, et cela risque de durer toute la matinée. Vive la timonerie bien abritée d'Anak !
 Gris, non ?
Évidemment, après un coup de vent, c’est la pétole. La mer méditerranée tient à sa réputation !

La côte d’Eubée est toujours aussi belle. Des maisons parfois isolées, tout au bord de l’eau, font rêver.








































Je passe le cap Vasilinas vers 10:15h. Le courant y est très fort, et normalement, il est conseillé de contourner les îles face au cap, plutôt que de se risquer dans le petit passage.

Des bateaux qui ont quitté Oreoi en même temps que moi contournent sagement les îles, mais voyant Anak accélérer de plus en plus en s’approchant du cap, j’opte pour le petit passage.

Un régal de courant et remous qui me propulse de l’autre côté!

Vers 15:00h, je vois le port de Limni.

J’avais fait cette route au mois de Mai en montant vers les Sporades. Au cap Vasilinas, même chance qu’aujourd’hui, mais dans l’autre sens ! Le courant m’avait aussi évité le détour autour des îles.

Limni est un petit port tout en longueur. Impossible de virer dans le port. Vaut donc mieux bien voir s’il y a de la place et comment y aller, car après : marche arrière !

Au mois de mai, le port était presque vide. Là il est plein de bateaux qui hivernent, ainsi qu'Amarante, un voilier français, et un voilier allemand, tous deux partis d'Oreoi bien avant moi.

Il reste juste de quoi amarrer Anak au bout du quai.

Les amis allemands et français sont là pour m’aider, et j’amorce ma manœuvre pour rentrer dans le port. Un vrai virage en épingle à cheveux, tellement c’est étroit !

Le vent souffle un peu, et en pleine manœuvre, je réalise que si j’utilise le vent et le pas de mon hélice, mon bateau, avec des petits à-coups de marche arrière, va virer tout seul devant le quai, et que  j’aurai alors l’étrave tournée vers la sortie pour demain-matin !

Cela se fait sans problème et voilà Anak à nouveau amarré à Limni.

Je pars chercher du pain et un peu de nourriture. Hélas, plus de pain..

































Tant pis, j’ai de quoi continuer à bord : Du pain industriel en tranches, absolument dégueulasse, sans aucune propriété nutritive, mais cela dépanne.

Le lendemain matin, je pars pour Politika. Politika est un petit port méconnu, à 6 miles au nord de Chalkis.

 Ciao, Limni
La côte de l'île d'Eubée devient vraiment majestueuse !
































































   
Juste un quai, des robinets partout, et des pêcheurs. J’adore cet endroit, le calme absolu, les pêcheurs qui vont et viennent, et la berge tapissée de petites tavernas sous les arbres.


A peine arrivé, je vois le voilier de mes amis allemands de Limni qui vient s’amarrer derrière moi.

- "Gutentag ! On est venu t'amener du pain, ce matin-tôt, on a foncé en ville en chercher, et comme on sait que tu n'en avais pas trouvé, en voilà un. On savait que tu t’arrêtais ici !"

Trop chouette ! Ils ne veulent même pas que je paie le pain. Ils repartent de suite, désirant passer le pont de Chalkis la nuit prochaine. Politika est un petit port plein de couleurs.

Le charpentier de marine..
Les pêcheurs et leurs filets.













Deux heures plus tard, arrive Amarante qui voulait voir de près ce petit port dont je leur avais parlé.

Le lendemain matin, départ pour Chalkis, et son fameux pont au courant terrible, et qui fait trembler tous les plaisanciers qui remontent ou descendent le détroit d’Eubée !

Ce passage est une légende. Tite-Live, Cicéron, Pline et Strabon en parlent. On dit qu’Aristote s’est jeté dans le chenal, dépité de ne pouvoir expliquer le rythme et phénomène des courants du chenal. Le premier pont remonte à 411 av. J.C.. Justinien le remplaça par le premier pont mobile. En 1896, c'est nos petits belges qui construisent le premier pont pivotant de Chalkis. Et c'est en 1962 que fut construit la mécanique complexe du pont actuel : pour l'ouverture, les deux parties du pont descendent d’abord d’un mètre, et puis glissent comme des tiroirs longs de 15m, chacun de son côté sous la chaussée ! Plus simple on ne pourrait pas faire.

Le passage de l’eau sous le pont fait 30m de large, et selon les courants sud ou nord, c’est tout le détroit nord ou sud qui pousse l’eau à travers ce goulot. Les gardes-côtes n’ouvrent le pont qu’une fois dans la nuit, essayant de calculer au mieux le moment de la renverse des courants pour un passage plus aisé de ce goulot.

Ciao, Politika

En arrivant, il y a un quai en ville où il est possible de s’amarrer. Ce qui est curieux pour un endroit aussi dangereux, c’est que rien n’est prévu pour attendre l’ouverture du pont. Le quai est en pleine ville, il y a des anneaux, mais la plupart sont à moitié descellés, et on peut comprendre pourquoi, vu le courant.

 Les courants
Je me mets donc le long de ce quai, avec beaucoup de courreries pour m’attacher au plus vite. Heureusement, Amarante est déjà là et ils viennent donner un coup de main.

Anak à Chalkis
Les propriétaires d’Amarantes sont un couple français à la retraite, et qui sillonnent la Grèce et la Turquie depuis des années.
Ils laissent chaque année Amarante en hiver quelque part dans un chantier bien au sec, pour repartir découvrir cette partie de la Méditerranée dès le printemps.
Si on leur demande quand ils vont rentrer en France, ils vous regardent presque gênés : mais on n’a plus du tout envie de rentrer en France !
Ils veulent donc continuer leurs balades en Grèce, en laissant tomber la Turquie où les prix explosent partout !



Je vais chez les gardes-côtes pour connaître l’heure de passage. La dernière fois, c’était 23H. Ils me disent de mettre ma radio VHF en veille à partir de 22H, mais que le passage ne se fera pas avant minuit. Un cargo monte du Sud vers le Nord, donc il est prioritaire.

En réalité, le cargo ne se pointera qu’un peu avant 3H du matin. Il faut foncer dès que le cargo est passé !

Et il y a de quoi ! Le retard du cargo fait que la renverse a commencée. Le cargo était poussé par le courant, mais pour nous c’est le contraire ! Et quand on sait que cela peut monter jusque 6 nds…

Résultat : cela bouillonnait sec au pont.

Un voilier à côté de moi avait mis son petit 16cv à fond, plus son moteur hors-bord !!
Il m'empêchait d'être plus au milieu, car lui n'osait plus bouger de sa trajectoire, ayant trop peur dese mettre en travers, poussé par le courant. A priori, je le comprends, il devait mouiller son pantalon de peur, 16cv et un tel courant !

Bref, Anak à 2500t/m a arasé les murs du pont, un petit bonjour au mécano du pont, médusé : (-« encore un belge, tous cinglés ! »), dans son tunnel-tiroir-pont.



Un appel à la VHF (caméras) : "Anak, not to close on the side!", plus une engueulade à mon voisin quand son écran a expliqué pourquoi. Lui ne devait rien entendre avec deux moteurs qui hurlaient.

Mais bon, les 80cv d'Anak ont bien aidé, on passe donc sans encombre sauf qe mon sweat est plus mouillé que normale :-(. 
Vrai que mon cinoch perso habituel tournait full speed en 35mmm :  le moteur qui s’arrête, Anak qui se met en travers du passage, tape dans le mur, puis dans le voilier derrière qui explose, tout le monde à la flotte et j’en passe. En haut sur la route tout le monde applaudit : Olé ! Olé !
A priori, prévoir le pire fait sourire..

Moins drôle, je m'étais mis en tête que c'était 13€ le passage, en réalité, cet a.m. je dois payer18€ et des poussières, râlant de voir un peu de budget nourriture disparaître.

Moral déjà pas terrible dans la journée, j'ai décidé, tant qu'à faire, 18€ pour un pont, je puis bien en prendre un peu plus pour me soigner.

Bref, je suis allé chercher une Pita, ce n'était plus le pont mais le pied, car à 1,80€ la pita, voilà qui n'est pas cher ! Et cela change des pâtes et pommes de terre du marinero solo paresseux en cuisine.

Rentré sur Anak, j'ai fait cuire une tomate à la poêle, je rajoute une patate précuite, dépose ma galette pita bien déroulée au-dessus, et j'ai bien mangé pour pas grand-chose. Un régal !

Là-dessus, avec mon sens de l'économie bien connu…., toujours pour remonter le baromètre du moral : une bonne glace industrielle, aussi bien moins chère qu'à Elios, c’était déguelassement bon !
Et j'étais rentré somnoler, la VHF à fond pour ne pas rater le départ!

Après les émotions du pont, je prends la direction de la marina que tout le monde m’annonçait pleine. Mes amis Trolliens, passés la nuit avant, et de façon mouvementée (http://lepetitmondedetroll.fr/septembre2009/index.html) avaient jeté l’ancre dans le premier élargissement après le pont. Je n’aimais pas cette solution peu sûre.

Arrivé au premier ponton de la marina, je découvre dans le noir 15 m de place libre. S'y amarrer, même de nuit fut un plaisir. Puis vite courir à un autre ponton pour indiquer une place à Amarante qui avait voulu me suivre dans le noir, tous deux encore un peu affolés par le courant du pont. Je déculpabilisais, c’était eux, le voilier dans mon cinoch, qu’Anak pulvérisait en deux morceaux  et avec leurs propriétaires me rejoignant dans le courant !

Encore un peu énervé par ce passage, j'ai préféré ensuite lire afin de me calmer avant de dormir. Au passage, je recommande : 'Le chateau blanc' d'Orhan Pamuk, un chouette livre.

 

Anak au ponton, après le passage du pont
 Ciao, Chalkis !
Ce matin, départ cool pour Eretria ou port environnant, où se trouvent Françoise et Thierry sur Troll. Ainsi je vois à quoi ressemble ce coin.

Un dernier coup d'oeil à la météo, et je file.

 

ERETRIA

 

Grasse matinée et café sur Amarante, il est 10:45h. Ils décident de se reposer de leurs émotions et ne partir que demain. On est le 18 septembre, je préfère continuer à tracer doucement ma route pour retrouver Nora et Franck le 10 octobre à Égine. J’ai donc le temps, mais un coup de vent est annoncé à la sortie sud d’Eubée, autant attendre dans des endroits plus sympas que Chalkis. La marina est juste à côté du port industriel, bruit, poussière, beurk !

Et me voilà parti pour Eretria où je vais arriver vers 14:30h. De loin, on reconnaît l’endroit, car c’est un ballet incessant de bacs qui relient Eretria au continent en face.



En rentrant dans le port, je vois Troll à l’ancre. Un peu plus loin, 'Mayera', le voilier de leurs amis qu’ils devaient retrouver ici. Personne en vue.



Troll - Mayera - Anak

Je regarde où jeter l’ancre, 6m de fond, si je lâche 35m de chaîne, je suis tranquille. Le tout est de se mettre assez loin des autres pour que, si le vent tourne, je n’aille pas emmêler nos chaînes ou taper l’un contre l’autre.

Ma chaîne déroulée, je fais une bonne marche arrière, ça tient ! Anak ne veut pas reculer !

Un peu après, apparaît à côté de la coque d’Anak la tête de notre illustre Trollien : Thierry. "On ne t’a pas vu arriver. Viens, tu es invité à boire le café sur le bateau de nos copains!"

Et voilà un café de bienvenue et bienvenu après la nuit passée. Et la découverte d'un autre couple très sympa sur un bateau qui ne l’est pas moins. C’est qu’ils ont tous le même look, ces bateaux de voyage et leur bordel dehors, cordages, caisses, jerrycans, ou dedans: souvenirs, livres, etc..
C’est vivant, on est loin des voiliers aseptisés et nickels, alignés dans les marinas de l’Europe de l’ouest !



Je vais passer une nuit géniale. Il y a de quoi, la nuit précédente je n’ai finalement que mal dormi et quelques heures seulement.

Ce soir, je me fais des pâtes, - je sais, c’est original…, avec deux œufs sur le plat, - je sais, c’est encore plus original ! Je suis tellement fatigué que je laisse tomber le pot de sel sur les œufs. Tant pis…

Pff, les litres d’eau que j’ai bu après ce repas !

J’ai regardé un film sur mon pc, pour m’endormir après aussi sec…, assoiffé !

Ce matin, Troll traverse le détroit pour aller voir Zacharias, le patron d'un chantier naval qui est juste en face. Le bonhomme a une réputation de sérieux, efficacité et honnêteté. Et Thierry voudrait faire un diagnostic précis de son moteur. Il ne connaît rien en mécanique, et son moteur lui donne trop de soucis ces derniers temps. La sagesse et la tranquillité d'esprit ont décidés pour ce choix, quitte à rester un peu coincés dans le coin.

Mais c’est tellement important : avoir confiance en son moteur !

Personnellement, j'attends de ses nouvelles. Zacharias a proposé que je vienne passer 48h dans le petit port de Chalkoutsi, à côté du chantier, mais il devait d'abord demander si cela était possible à l'autorité du port. Et ce genre de décision au rythme grec, ce n’est peut-être pas pour aujourd’hui. Quelle importance ?

Si oui, je traverse ce soir ou demain matin, pour voir à quoi ressemble ce coin là. Si non, je continue direction Sud, me mettre à l’abri du coup de vent annoncé, ce dans un mouillage dans la belle baie d’Almyropôtamos, puis après,  doucement direction Égine !

C’est qu’il y a du boulot avant l’arrivée de Nora ! Ménage, nettoyages et grosses lessives. Tout préparer pour que, dès leur arrivée et si la météo veut bien, on puisse partir pour Palaia Epidaures et Poros.

5 jours à bord, espérons qu'on puisse faire un maximum d'escales!
En attendant, quelques photos d'Eretria, qui est un petit port surtout animé par les bacs incessants entre Eretria et Oropo sur le continent; En été, c'est très touristique et fréquenté par des athéniens. Eretria s'appelle aussi Néa Psara. Les Turcs massacrèrent en 1822 les habitants de khios et de Psara. Lesc survivants vinrent se réfugier ici.







































La lutte contre l'obésité grecque.























Dernières nouvelles : Le port où est Thierry me donne une place, mais à 15€ la nuit !
Bref, non compatible avec mon budget; La météo s'en mêle, le coup de vent s'accélère et je pourrais bien me retrouver demain avec un force 7, là exactement où je veux aller. Une fois que j'y suis, pas de problèmes, c'est abrité, mais c'est y aller !
Et rester coincé deux ou trois jours dans un baie. Donc, pourquoi ne pas rester sagement à Eretria, attendre que cela se calme, et puis on verra!
Et, si l'ancre d'Anak tient bien, peut-être prendre le bac et aller dire bonjour à Thierry et voir à quoi ressemble ce coin-là ? Inch Allah ! Il n'est pas beau, Anak au mouillage ?
 
:

Anak au mouillage, le soir, photo prise du bac Oropo - Eretria

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Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

8 (3) - ERETRIA – CHALKOUTSI - et le moteur de Troll !


 

Les choses se précipitent ! Nos amis Trolliens, qui sont à Chalkoutsi, viennent de m’envoyer un courriel, suivi d’une longue explication à la radio VHF.

Un mécanicien du chantier de M. Zacharias, à Chalkoutsi, a examiné le moteur de Troll. Diagnostic : Le moteur a avalé de l'eau lors d'une inondation de la soute à moteur quelques jours avant. Cela, et l’état général du moteur Perkins 45 CV de Thierry font que l’avis du mécanicien est sans appel : il faut sortir le moteur, et soit le ‘refaire’ complètement, soit mettre un nouveau moteur. Thierry, par souci de tranquillité, opte pour cette deuxième solution.

M .Zacharias, que je rencontrerai plus tard est un homme absolument charmant, et propose à Thierry de l’emmener au Pirée voir plusieurs moteurs. Moteurs, Solé, Perkins, Lister-Petter, etc.

Pauvre Thierry, la mécanique, c'est pire que du latin pour lui, notre Skipper de Troll à le Trollomètre à zéro ! Du coup, Thierry me demande de traverser d’Eretria vers Chalkoutsi avec Anak, de m’amarrer à côté de lui où il y aurait une place de libre, et de les accompagner au Pirée. Il ne connaît rien en moteurs, et croit que ma petite expérience pourrait l’aider à faire un choix.
Et M. Zacharias est d’accord.

Entre-temps, je me renseigne de suite via Internet sur les prix de ces moteurs en France.

C’est absolument édifiant ! En dehors de Midif à Sète, une entreprise on ne peut plus sérieuse et honnête, tous les prix que je reçois sont presque le double des prix que M.Zacharias nous donne pour des moteurs identiques au Pirée !

Le Solé est annoncé à plus de 10 000€ en France, et 6 000€ en Grèce ! Le Solé est un moteur 4 cyl de 45ch sur base Mitsubishi, avec son inverseur compris dans le prix. Midif a le même moteur et est le seul à s’aligner sur les prix grecs. Le moteur Vetus est identique à ceux-là! 
Le Perkins, n’en parlons pas, ils doivent confondre avec un moteur Rolls-Royce en France ! On peut vraiment se poser des questions sur les marges dans le milieu de la plaisance française.

Je vais donc partir le lendemain matin pour Chalkoutsi, oh, rien de bien loin, le détroit d’Eubée fait 6 miles de large à cet endroit !

Le soir, je vais manger sur Mayero, invité par Chantal et Jean-Marie, un couple très sympathique.

Agriculteurs en France, ils partagent leur temps depuis des années entre leur ferme et leur bateau Mayera qui lui, reste en Grèce ! Jean-Marie est bon cuisinier, on se régale, on discute, on rit beaucoup, c’était bien agréable !

Mieux encore, ils me demandent s’ils peuvent traverser demain le détroit sur Anak jusque Chalkoutsi.
Ensuite, ils reprendront le bac pour rentrer à Eretria.

Deux moussaillons à bord, et pas des moindres, je suis comme un nabab, je ne dois plus rien faire !
Quel confort !
Evidemment, le peu de vent, on l'a dans le pif, et c'est donc une longue risée Leyland jusque Chalkoutsi.





Ils apprécient le déplacement lourd qu’est Anak. Effectivement, mon gros char de 12 T  traverse la petite houle comme le Queen Mary, tout en douceur.

Arrivée fiesta, Thierry qui nous attend au bout de la jetée, nous mitraillant avec son appareil photo.


De loin, il m'indique une place à côté de Troll; Pas très large, sa place !


Ca y est, jean-Marie attache la pendille - car ce port a des pendilles ! - et c'est les retrouvailles avec nos Trolliens.


Ciao, Chantal et Jean-Marie, on se reverra peut-être à Porto Rafti ou cet hiver dans le Saronique.

Thierry me montre son moteur. J'étudie la culasse avec lui.
Hé oui, il y a du dégât, et son idée (et souhait) de changer de moteur est peut-être la meilleure solution.

Aller-retour dans les Z.I. du Pirée :
Nous partons donc le jeudi 24 septembre dans la voiture de M. Zacharias pour le Pirée/Athènes.
L'entrée des villes, comme dit Thierry : cela pourrait être Athènes, Paris, Lyon, Bruxelles.. elles se ressemblent toutes, et surtout, elles sont toutes aussi moches.
Nous arrivons en Z.I. spécialisée en moteurs marins. Il y en a partout, et pareil pour les shipshandlers; Voilà qui est intéressant, on ne sait jamais.

Des gens compétents et charmants nous présentent des moteurs neufs. Mais chez Solé, après avoir montré un 45CV en vitrine, le commercial propose à Thierry un moteur Solé identique d'occasion, mais ayant tourné peu d’heures, et révisé complètement par Sole. Avec garantie constructeur d’un an. Et ce pour quasi la moitié du prix d’un neuf ! On va réfléchir, car M. Zacharias veut nous emmener voir plusieurs marques.

Chez Lister-Petter, nous admirons les moteurs Lister, de renommée mondiale, mais surtout spécialisés en groupes électrogènes. On les rencontre dans le Sahara, forêt vierge, etc.
J’avais un groupe électrogène Lister à bord de notre péniche à Bruxelles dans les années 70. Mais lui aussi présente un Lister d'occasion de 45 cv. Une merveille de mécanique et de sérieux. C'était le moteur d'un pêcheur, qui, l'ayant à peine installé, a acheté un plus grand caïque et donc fait installer un Lister plus puissant.
Lui aussi propose ce Lister à quasi moitié prix. M. Zacharias et moi, on se regarde : ben oui, c’est le top !

J'avais emmené un mètre ruban, et M. Zacharias prend diverses cotes, dont la largeur des carters. 

Nos têtes pleines de moteurs, nous rentrons à midi tous les trois sur Troll où M. Zacharias vérifie quelques mesures. Hélas, le carter du Lister est trop volumineux pour passer dans le berceau de moteur sur Troll. Il reste à peine 1 cm de chaque côté!
On se rabat donc sur le Solé.

L'après-midi, Thierry et moi passons un moment à faire une liste des choses a demander en plus. Il veut un alternateur marin plus puissant, et faire une liste de pièces de rechange. Courroies, filtres, etc.. Il faut aussi prévoir une rallonge pour le cablage entre le tableau et le moteur.

Le soir, nous fêterons cela au restaurant. Thierry est heureux, sont budget prévu est réduit de presque moitié ! Par contre la note du resto elle est doublée, on est victime de tourist-prices, et de l'absence de clients… Bof, je dis à Thierry : « Je m’en fiche, de toutes façons, tu m’as invité ! »  Il éclate de rire, adorant l’humour mordant. Sacré Thierry, il va me manquer.

Il ira le lendemain voir M.Zacharias pour confirmer son achat chez Sole, donner un acompte, transmettre notre liste pour avoir un prix définitif, et discuter des modalités et calendrier des travaux. Le tout serait terminé, installé, aux alentours du 10 octobre.

Ma mission.. :-( est terminée, vendredi-matin, je quitte Chalkoutsi après de grandes embrassades. On se reverra cet automne quelque part dans le Saronique, ou le long du Péloponnèse. Et si on se retrouve dans un port cool, on prend le temps de réviser ses installations électriques un peu merdiques. Et moi, j’adore ça ! (pas les installations merdiques, les installations électriques !)

Et voilà Anak en route pour Ormos Almiropotamos, une grande baie sur l’ile d’Eubée, où je vais aller mouiller pour la nuit.

 
Ciao, Chalkoutsi !

3b - CHALKOUTSI – PORTO RAFTI

Pétole, pétole. Comme toujours… ou trop, ou rien du tout !



Ayant quitté Chalkoutsi vers 11:00h, et n’ayant que 17 miles à faire, j’arrive à Almiropotamos vers 15:15h. J’étais déjà venu dans cette belle baie au printemps, et je vais jeter mon ancre exactement au même endroit.





La baie est hyper abritée, Anak erre sur son mouillage, je puis dormir tranquille.

L’aller-retour à Athènes, le partage des soucis de Thierry et Françoise, mes propres soucis, tout s’envole dans la quiétude de ce bel endroit.
Et je dors comme un bienheureux, ce qui est rare au mouillage.

Ce matin, je me lève à 6:00h pour lever l’ancre une heure plus tard.

Le jour ne s'est pas encore entièrement levé..

Et le soleil lui, se lève en agitant les grands bras des éoliennes en haut des collines.

La baie fait près de 2 miles de profond. Très belle, à l'entrée à tribord il y a une grande ferme aquacole.

Je croise un pêcheur qui me lance un chaleureux 'kalimera!' 
Le vent sera au rendez-vous, oh, pas trop, mais durant quelques heures, un bon vent arrière me permettra de tangonner le génois à bâbord, et de mettre la grand-voile à tribord. L’artimon lui reste sur sa bôme, j’ai peur qu’il ne dévente les voiles avant, heu…, ou alors je n’ose avouer ma paresse !

A la sortie de la longue baie (2 miles), je pique droit sur les îles Nes Verdougia et je passe entre les deux.





Mon cap sera constant jusqu’à l’entrée de la baie de Porto Rafti : 189°.


J’arriverai à Porto Rafti vers 12:00h. Une belle navigation avec ce vent arrière qui me donne une moyenne de 4,5 à 5 nds.


 

Arrivé dans la baie, très belle, je longe la partie nord et les belles résidences de riches Athéniens.

Oh, celle-là, innachevée et cachée par les arbres me plairait bien!
Mais bon, Porto Rafti, c'est un peu snob et trop près d'Athènes !
Je me dirige vers le côté NW où pas mal de voiliers sont au mouillage ; Le vent souffle pas mal, mais l’eau par contre ne bouge pas, à part un léger clapotis. La profondeur de la baie et les îles à l’entrée empêchent les vagues de rentrer.

Je tourne en rond. Un quai? Non, que deux bateaux alors qu’il y a plein de place, ce ne doit pas être un bon endroit. Mes amis Philippe d’Eretria, et Jean-Marie et Chantal de Mayero m’avaient dit de mouiller ou de chercher un corps mort. Je ne vois pas Mayera, ils sont peut-être partis avant le coup de vent annoncé pour cette nuit.

Je passe entre les voiliers au mouillage sur corps morts. Qu’est-ce qu’ils sont serrés !

Apparaît une petite annexe avec un homme qui vient droit sur moi. Il n’a pas l’air grec ; Hello, bonjour, goedendag, gutentag, buenos dias, il retient le gutentag.. En réalité, de loin, il a pris mon drapeau belge pour un drapeau allemand! Ce n'est pas la première fois!
il me dit de me mettre à un corps mort.

Chouette ! C’est effectivement le plus simple, et il m'indique une belle bouée rouge au milieu des autres voiliers. Avec le vent qui n’arrête pas de forcir, je calcule comment faire une courbe au milieu des bateaux pour me présenter face à la bouée – et le vent, et ne pas dériver avec mon gros char d’Anak contre un autre bateau.

Le premier essai est raté. L’allemand essaie de me passer la bouée à laquelle est attachée une amarre qui elle est fixé à un plot en béton au fond de l’eau : le corps-mort. Mais c’est trop lourd, et l’avant d’Anak très haut ! Ayant couru à l’avant pour attraper la bouée, je refonce vers la timonerie pour donner plein gaz, car le bateau derrière commence à flirter sérieusement avec l’arrière d’Anak. Fichu vent !

Cette fois, je me représente, je lâche les commandes et la manette de gaz, et crie à l’allemand que je vais lui jeter une amarre. Je jette l’amarre, je refonce donner du gaz pour redresser Anak et refile à l’avant. L’allemand a attaché l’amarre à la bouée, et je tire. Ouf, Anak se stabilise, cette fois bien attaché.

Le reste est de la bricole, attraper la corde qui part vers le corps mort. Tirer – fort, car j’ai le vent dans le pif qui pousse Anak, et personne pour donner un coup de gaz, et hop, la boucle est enfin fixée sur le taquet tribord.

Je vois dans l’eau une deuxième corde attachée à celle que je viens de tirer.

Je sors la gaffe, je l’attrape aussi, encore tirer comme un forcené, et celle-là ira rejoindre le gros taquet avant bâbord.

'Danke, danke', je remercie mon allemand vraiment très gentil, car seul, sans faire de casse, c’eut été du sport !

Je laisse mon ancre prête à être jetée à l'eau, des fois que ce corps mort ne serait pas fiable ! On ne sait jamais !

Bon, tout cela maintient en forme ma vieille carcasse !

Ce soir, cool à bord, patates à la poêle, un bon livre et basta !


Cette nuit, coup de vent annoncé, on verra bien. D'ailleurs, cela commence !

 Mais je mettrai l’annexe à l’eau, car il y a un ponton pas loin, et du pain frais, c’est pas mal.

Surtout que ce coup de vent est annoncé pour deux jours ! 
Effectivement, cela va souffler toujours plus fort toute la nuit et ce matin.

Je reçois un message sur la VHF. Mayero est à l'ancre de l'autre côté de la baie! Je ne les ai pas vus en arrivant. Trop bête, mais pour l'instant, vu le vent, pas question de traverser en Zodiac!
 
Flèche rouge : Mayero
28 septembre - Lever de soleil. Porto Rafti est considéré comme étant un port et mouillage très abrités. Le vent force 7 qui sévit dans le détroit d'Eubée nous secoue pourtant très fort. Seul l'eau reste relativement calme, abrités comme nous sommes par la baie et ses îles à l'entrée. Cela se calme demain, et je pourrai enfin aller à terre faire des courses.

29 septembre - Calme plat au réveil ce matin, j'en avais presque le mal de mer !
Je regarde la météo en sirotant mon café et en mangeant, faute de pain, mes galettes farine, eau (plus de lait !)  et sel dans la poêle. Elles me font penser au galettes de pains ronds en Afghanistan en 1974, si ce n'est qu'elles étaient cuites dans un four sur un lit de galets.
Quelle différence! Mais bon, avec ma marga Bitam qui fait fuir tout le monde et le bon miel grec, ça passe très bien! 

Chouette, je vais mettre l’annexe à l’eau, et comme il y a un ponton tout près, et que je suis foncièrement paresseux, je vais y aller à la rame. Inutile de défaire le moteur hors-bord pour le mettre dans l’annexe. Trop de boulot !

Je vais faire des courses, tomates, oignons, courgettes, lait, marga Bitam J, et quelques fruits. J’ai trouvé un petit super-marché pas cher (ne confondez pas avec un Carrefour, ce genre de temples de la consommation n'existent pas ici, et c'est tant mieux!) 

Je retourne sur Anak.

J’ai encore un problème administratif à régler, et je téléphone à Nora via Skype. Comme elle a mon dossier bancaire, elle est mieux apte à transmettre des documents urgents. Comme avec Lisa, pas besoin d’attendre, un courriel arrive très bientôt : c’est fait ! Quelle efficacité, ces deux là !

Proutt proutt, un hors bord assez bruyant. C’est Philippe, rencontré à Eretria, qui a un deuxième voilier sur corps mort ici à Porto Rafti, et qui vient dire bonjour. Le hors-bord bruyant, c’est son Honda 4 temps refroidi par air. Ils font un peu plus de bruit, mais polluent moins et sont de belles mécaniques.

On bavarde, la route de demain, l’endroit idéal où mouiller avant Egine, trop lointaine pour y aller en une seule étape.

Philippe à peine reparti, voilà Chantal et Jean-Marie, qui comme moi, profitent de l’accalmie pour foncer faire des courses.

Ils ont aussi des choses à envoyer via Internet, autant profiter de la connexion d’Anak.

On boit un café, et, étant sur un corps-mort dont je ne connais pas le propriétaire, je décide de les rejoindre de l’autre côté de la baie. Il y a un corps de libre, et là aucun risque de voir quelqu’un venir réclamer.

Vers 14h, Anak vibre à 1500 tours/minute. Je défais l’amarre du corps mort, prépare mes gaffes, et en route pour l’autre côté.

Arrivé sur place, Jean Marie a déjà sauté dans son annexe pour m’aider à prendre le corps mort.

Moment de panique, il est devant Anak, mais l’étrave d’Anak est importante et haute : »Ciel, où a-t'il passé ? » Vite marche arrière, et je vois sa tête. Je crie : « je ne te voyais plus, je croyais que je te rentrais dedans ! ». Je fonce à l’avant, saisi l’amarre du corps mort, et voilà


Anak est cette fois de l’autre côté de la baie, à quelques dizaines de mètres du bateau de Chantal & Jean-Marie, et celui de Philippe.
La vue de la baie change complètement.

Avant de tout ranger, je décide vite de vérifier mes niveaux d’huile et filtre eau de mer, comme cela, je suis prêt à partir demain.

De loin, je vois Jean-Marie et Philippe sur le bateau de ce dernier. 5 minutes après,

je découvre Philippe en haut de son mât ! Il y a toujours quelque chose à faire sur nos barque

Dernière soirée à Porto Rafti. On mange sur Mayero, invités par Chantal et Jean-Marie.

Purée, ce que vs avez raté !

Au menu :

Anchois sur canapés de courgettes al dente à la vinaigrette porto rafti - recette JMarie

Salade d'épinards eubéens aux champignons érétriens - recette Kate

Pâtes chinoises Tien an Mien aux rondelles de viande raftiennes - recette J.Marie

Salade de pommes & oranges Proton au jus sucré à la vanille antillaise - recette bibi

Et tatches de mouillages, ou philosophiques et existentialistes jusque tard dans la nuit.

Tout cela arrosé d’un petit vin rouge grec pas dégueu !

 

 



Le premier, réveillé, c'est moi, preuves en photos :

Demain, 30 septembre,départ pour la baie Ak Sounion, le cap le plus au Sud de la côte Attique, et que je dois contourner pour rejoindre Egine. Terminé le détroit d’Eubée et sa belle navigation !

Quelle apothéose pour ce mois de septembre riche en divers évènements :
le cap Sounion !

Si le temps est clément, j’y jetterai l’ancre et je pourrai admirer sur la colline le magnifique temple de Poséidon qui surplombe la mer.
Il a été construit autour de 444 av J.-C., sur un plan d’Héphaïsteion d’Athènes.

Quelle belle image avant de commencer octobre, et mon arrivée à Egine !
Et Nora le 10 ! 

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8 (4) – Le cap Sounion et le temple de Poséidon.

Dernier jour du mois de septembre, avec la sortie du détroit d’Eubée et un mouillage au pied du temple de Poséidon, perché en haut du Cap Sounion. Je l'attendais, celui-là. 

Je quitte Porto Rafti vers 10,00h, suivi de près par mes amis sur Mayero.
Je vois au loin Jean-Marie qui rentre sa chaîne, Chantal à la barre.
Que c'est bien d'être deux pour faire toutes ces manoeuvres.
Eux aussi veulent mouiller au Cap Sounion.
Ensuite, ils prendront la route plein ouest pour se diriger vers Poros. Mon cap à moi sera un peu plus vers le nord, l’île d’Egine.

La continent qui borde le détroit d'Eubée est par moment très beau et sauvage. Hélas, on approche d'Athènes, et je vois de plus en plus des urbanisations de vacances d'une laideur incroyable. Espérons que la Grèce ne va pas massacrer ses côtes comme la fait l'Espagne a réussit à la faire sur l'entièreté de leur côte Méditérannéenne. Un vrai massacre !


Après trois jours de coup de vent, que trouve-t’on en Méditerranée ? La pétole, on l'appelle aussi : risée Leyland, Nanni ou Perkins selon la marque du moteur à bord.

Par moments, une légère brise venant du nord permet de déployer le génois.


Mayero, pas loin, en profite pour prendre une photo d’Anak, hélas, pas toutes voiles dehors.

Et moi une de Mayero à la sortie du détroit !

Vers 16,30h, on voit déjà au loin se dessiner le Cap Sounion, et donc la fin du détroit d’Eubée.

Nous sommes le 30, je suis rentré dans le détroit d’Eubée le 10. J’ai traîné, car les escales étaient agréables. Il y a eu la panne du moteur de Troll, l’aller-retour à Athènes à la recherche d’un nouveau moteur. Il y a eu les coups de vents, le pont de Chalkoutsi. Il y a eu plein de rencontres durant ces escales, rencontres parfois sans lendemain, mais aussi celles qui tissent des amitiés qui perdureront.J’approche du cap Sounion, et je commence à mieux voir le temple qui se découpe dans le ciel.
Contournant le cap, il y a une baie bien abritée du vent du Nord. C’est là que je vais jeter l’ancre, en face du temple de Poséidon. Quel beau mouillage pour terminer ce mois de septembre si riche en évènements.

Mayero me suit. Il a moins de chance ; j’ai jeté mon ancre, et dès la première fois, une marche arrière plein gaz m’a rassuré, elle tient et doit être bien plantée dans le sable. Je vais pouvoir dormir tranquille.

Mayero, qui a une CQR comme moi doit s’y reprendre à trois fois avant de sentir la sienne bien enfouie dans le sable.

Un peu plus tard, d’autres voiliers arriveront, pour repartir rapidement, leurs ancres ‘modernes’ n’assurant aucune tenue. Nous nous retrouverons finalement le soir à quatre voiliers dans cette grande baie. Les deux autres étant mouillés très loin de nous à l’opposé de la baie.

Nos vieilles CQR n’ont pas de complexes à avoir. Elles ont surtout un grand avantage en Méditerranée : dans les mouillages, le vent tourne rapidement, et même très souvent. Et l’expérience montre qu’avec son bras articulé, la CQR, bien enfouie, ne chasse pas du tout malgré les rotations, ce qui ne semble pas être le cas de bien d’autres ancres.

Le temple de Poséidon, enfin !


Me voilà donc devant les fameuses ruines du temple de Poséidon, bâti au milieu du Ve siècle av. J.-C. Les ruines surplombent la mer d'une hauteur de près de 60 mètres. Les colonnes du temple mesurent 6,10 mètres de haut, pour un diamètre de 1 mètre à la base et 79 centimètres au sommet. Détail intéressant : leurs cannelures, moins nombreuses que d’habitude (16 au lieu de 20), ont été étudiées pour résister à l’action de l’air salin.
Lord Byron, décidément on le retrouve partout celui-là, grava son nom sur l’une des colonnes.
Homère appelait le temple de Poséidon le promontoire sacré et les marins y invoquaient le dieu de la Mer.
Le cap Sounion est aussi, selon la légende, le lieu d’où Égée se serait jeté à la mer. Son fils Thésée avait convenu avec lui que s’il sortait victorieux de son combat avec le Minotaure, il hisserait des voiles blanches sur son bateau, alors que s’il était tué, l’équipage devrait hisser des voiles noires.
Égée vit arriver au loin le bateau arborant de grandes voiles noires, car Thésée avait oublié de hisser les blanches, et
de désespoir, il se jeta du haut des rochers dans la mer. De là vient le nom de la mer Égée.  C'est que j'en sais des choses ! Merci Wikipédia.

Je jette mon annexe à l’eau pour prendre quelques photos d'Anak en face du temple de Poséidon.

Idem pour Mayero où on m’invite à venir boire un décaféiné. Je décide de les inviter ce soir à venir manger sur Anak, on profitera de la vue du temple depuis la timonerie, car il est éclairé la nuit par d’énormes phares.

Inutile de mettre leur annexe à l’eau, une suffit pour faire la navette entre les deux bateaux, et à la rame s.v.p. !

Le soleil se couche sur Sounion.
Soirée sympa, tomates à la poêle avec ail et persil, pommes de terre poêlées aussi, on ne peut pas faire plus simple après une navigation. Chantal et Jean-Marie ont amené une salade de fruits délicieuse, au sirop agrémenté d’un peu de miel.


Ensuite, dodo.
Demain Nous sommes le premier octobre, un nouveau mois d’aventures, rencontres et découvertes.

Le vrai mécréant que je suis ose tous les soirs une petite prière : "Eole, faites en sorte qu’entre le 10 et le 17, il n’y ai pas de coup de vent, mais un peu de vent, pas de pluie, mais du soleil, pas de mer démontée, mais une jolie petite houle pour bercer Anak qui va promener ma fille Nora et Franck les parents de notre moussaillonne anakonaute Lou."  

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Anak de retour à Egine & La petite école de voile d'Egine

1er octobre, que cela passe vite.

Le 4 octobre 2008, j’arrivais à l’île de Zakinthos en mer Ionienne, en droite ligne de Syracuse après un an et demi de navigations et escales en Afrique du Nord.

Je quitte mon mouillage devant le magnifique Cap Sounion et le temple de Poséidon.


Mes amis Chantal et Jean-Marie, sur Mayero, lèvent aussi l’ancre, mais nos routes se séparent.
Ils vont se diriger droit vers l’ouest, direction Poros, une île à l’Est du Péloponnèse dans le Sud du golfe Saronique ou l'Argolide.
 Mayero

Je me dirige aussi vers le Golfe Saronique, mais plus au nord, vers l’île d’Égine que je connais bien. ( voir l'Album photos : 'Égine -Aegina', ou la rubrique : '2008-3 l'île d'Égine' )

Nora et Franck doivent m'y rejoindre dans quelques jours, et nous nous dirigerons ensemble vers le Sud, Poros, peut-être Hydra, etc.
Ils ne restent qu'une semaine, nous improviserons selon le vent et le temps, .

Dès que je quitte le Cap Sounion, je me retrouve avec une visibilité très réduite. Je ne vois plus la terre derrière moi, et Égine, qui pourtant n’est pas loin (30 milles) reste invisible durant des heures. L'air est très chargé d'humidité et je ne puis faire la moindre photo.

Je vois enfin apparaître le sud de l’île d’Égine.

Je ne l’avais jamais vue côté sud depuis le large, et c’est beaucoup plus sauvage que la partie nord de l’île qui est plus verte.

Je passe devant le petit port de Perdika, très sympa. Passage entre l’île de Mina et Egine, et je vois enfin au loin le port d’Égine.

Je rentre dans le port. Plus de place au quai dans le port, des locations partout encore ! Vrai que c'est WE pont : élections = congé administratifs vendredi samedi dimanche lundi.

J’apprendrai aussi que les locations ont du succès, car les boites de location, crise oblige, accordent des remises énormes aux clients potentiels.

Je me risque dans la marina privée où j’avais passé quelques mois l’hiver dernier, mais il y a beaucoup de vent comme souvent l’après-midi dans le golfe Saronique, cela ne va pas être simple.

Je me glisse entre le premier ponton et la jetée qui sépare la marina de l’entrée du port. Tant pis, qui ne fait rien n'a rien, bon adage, car un grec et un belge (menuisier de marine à Égine) sont sur leurs bateaux. Je les connaissais de l'hiver dernier! 

Ils me crient : - Kalispera ! Tu reviens ? Là il y a une place, juste ta largeur, à côté du mien.

Ben oui, mais je ne puis faire une marche arrière dans ce sens là et me glisser ainsi entre leurs bateaux. La largeur entre la jetée et le ponton n’est pas grande comparé aux autres pontons, surtout avec des bateaux des deux côtés.

Et sortir d'entre mes deux pontons, mama mia, avec le vent de travers en marche arrière, avec les pendilles qui dardent leurs cordes vers le milieu du passage, j'en ai pour une demi-heure. Dans quoi me suis-je encore fourré avec mon gros Anak ?

Ils connaissent Anak et sa quille longue qui rend les manœuvres si compliquées. Et bien, je les ai épaté, il y avait 12m entre les bateaux de chaque côté, parfois moins, + les pendilles. Et j'ai fait tourner Anak dans le vent sur place sans rien toucher ni mettre un cordage dans mon hélice.

Baba qu'ils étaient. Moi aussi : quel bol ! :-) 

Cette fois mon pas d'hélice était bon, en calculant ma dérive à cause du vent, j’ai fait virer Anak en marche arrière, quelques corrections en marche Av pour m’aligner, et je n'ai même pas touché mes voisins. Sympa, l'un m'avait préparé la pendille, l'autre a pris les amarres.


Bon, c'est une place privée, ils connaissent le propriétaire et vont lui demander si je peux rester quelques jours. Il fait du charter et téléphone toujours au grec à côté de moi à droite pour savoir si quelqu’un aurait pris sa place. Je devrai sans doute bouger s’il revient ce WE.

Il fait beaucoup plus chaud depuis que je suis rentré dans le Saronique.

J’ai été en ville, boire une limonade dans mon boui-boui préféré. Le jeune serveur me fait un immense sourire en me reconnaissant, me demandant comment j’allais et toujours :
- Encore en Grèce, et vous allez y rester ? Idem pour la marchande de légumes sur son caïque transformé en magasin de fruits et légumes, et qui m’a regardé avec des yeux tous ronds. - De retour ? - Oui, oui ! - Mais vous étiez où. ?Je lui raconte ; Eubée, Sporades, etc.

Et soudain elle me sert la main, « - you are welcome ». Sympa tout cela.

Dans la marina, à droite d'Anak il y avait le grec et le menuisier de marine. Un belge installé depuis 17 ans à Egine.

Le menuisier de marine vient de réaliser son rêve : avoir son propre bateau. Et merci la crise, il vient d'acheter un magnifique voilier anglais de plus de 13 m de long, moteur quasi neuf, voilier complètement refait pour les besoins d'un film, et cela au prix incroyable de 15 000 Euros !
Il est installé à Egine depuis 17 ans, et son affaire marche très bien. C'est le grec le plus blond que je connaisse.
Il sort justement avec un ami grec faire des essais avant la tombée de la nuit.

Je file prendre mon appareil photo. Le soir, au retour, je lui prête ma clé USB avec une dizaine de photos de sa sortie; Il était trop heureux, les premières photos de son voilier avec lui sur les photos ! Une belle vie : menuisier de marine en Grèce.
Arrive le propriétaire du bateau à ma gauche. Un gros voilier de série.

Il monte à bord, me voit, et me dit :

 - Kalispera, mais, votre bateau, il n’était pas en face l’hiver dernier ? 

- Oui, oui. 

- Mais vous avez passé tout l’été en Grèce ?

- Oui oui, Sporades, etc.

- Et vous revenez à Aegina pour l’hiver ?

- Oui, en tout cas un moment, là je suis de passage.

L’an dernier, les gens de la marina, tous propriétaires de leurs emplacements, me boudaient un peu : obtenir (par des amis grecs) une place dans leur marina privée, un belge ! Puis cela s’est peu à peu amélioré. A force de kalimeras et coups de mains.

Soudain :

- Vous vous appelez comment ?

- José.

- Moi c’est Jason, et il me serre la main.

Je lui dis : - je suis à la place d’un skipper qui risque de revenir.

- Yanis ? Non, je ne crois pas ce WE, peut-être le prochain. Mais mon ami, votre voisin de l’autre côté le connaît. Yanis lui téléphone toujours avant de revenir. Alors ne bougez pas, vous êtes bien là. On vous avertira. Donnez-lui votre n° de téléphone grec.

J’apprendrai quelques heures plus tard, grâce à un coup de fil au propriétaire bien sympa, qu’il ne rentre pas avant trois semaines. Ouf !

En fait, comme me dit le menuisier belge : - dès qu’ils ne te mettent plus une étiquette de touriste de passage, ils changent complètement. Et puis ton bateau n'est pas banal, cela joue aussi et engendre la sympathie.

C’est curieux, quand j’ai été me promener en ville, ma perception d’Égine a changée, ce doit être le temps passé en Grèce. On commence à voir les gens et les choses différemment.

Ce W.E., élections en Grèce.

Hier-soir, premiers résultats des élections. Les socialistes l'emportent haut ma main avec une majorité absolue au parlement.

Du coup, klaxons, cris, musique, danse, drapeaux, bref, fiesta sur les quais d'Egine. Surtout la jeunesse, qui déjà avait exprimé sa colère début de l'été contre un gouvernement de droite complètement corrompu et inefficace.

Ensuite, sur le quai des ferrys, juste en face d'Anak : feux d'artifices pour fêter l'évènement.

 La petite école de voile d’Egine.

Ce WE, je suis baigné par les cris des gosses qui préparent ou rangent leurs bateaux, on dirait une cour de récré, c’est sympa.

En réalité, Anak est à 50 m de la petite école de voile d’Egine.

Cette nuit, le vent a bien soufflé, et la mer est relativement forte, cela moutonne de tous les côtés. Cela n’empêche pas les gamins de préparer leurs Vauriens (ils doivent tout faire eux-mêmes, de A à Z) et de filer chercher le vent à la sortie du port.

Le Zodiac du moniteur les suit, et après on l’entend hurler ses conseils aux gamins, car avec le vent, les vagues et son moteur, on ne s’entend pas.


C’est étonnant de voir à quel point ces gamins se démerdent.
Et surtout les filles !

Elles font moins d’embardées, ne tombent jamais à l’eau, virent sur place avec une rapidité et synchronisation incroyable.
Les garçons, à force de vouloir faire les malins, risquent le plongeon à chaque virement de bord, le font mal et perdent du temps.

Et les filles se marrent. 


Tout cela tourne autour des 8 à 13 ans !


C'est magique à cet âge de voir un tout petit bateau bondir en avant sous la poussée du vent, obéir au doigt et à l’œil une fois que l’on a compris la logique du vent, d’un safran et de la gîte contrôlée, et surtout pouvoir synchroniser tout cela durant quelques secondes le temps de virer de bord, sinon plouf ou pan, la bôme contre la tête!
Cela donne beaucoup d’assurance. Puis il y a le côté corvée, obligation de préparer seul le bateau, ensuite le remettre à sa place – il faut voir les petites gamines de 8 ans tirer seul leur Vaurien sur le quai incliné, le démâter, tout rincer, voile comprise, et tout ranger.
Tout cela à 50 m d’Anak ! Vraiment chouette.

Petite parenthèse : c’était la petite l’école de voile des jeunes d’Egine.


Le pope et les nains !
Ce matin, en partant acheter mon pain, je passe comme d’habitude devant l’église orthodoxe d’Egine, qui est juste en face du port !


Non, pas de ouzo ni tzipouro, juste un café. Et c'est bien des petits nains que je vois sur le parvis !



Ceci dit, c’est sympa non ? Peut-être une combine pour attirer les gamins au catéchisme ?

Sacrés popes !
Il faudra que je trouve une explication auprès de mes grecs du coin ! Je vous tiens au courant ! 

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Nora, ou une Sirène dans le Saronique.
Non, non, je ne me prends pas pour Ulysse devant affronter les Sirènes. Tout d'abord, Ulysse, roi d'Ithaque, était très courageux et ingénieux, à ne surtout pas confondre.
Mais quand même, si les Sirènes, filles du dieu Achéloos, étaient des êtres charmants, hypnotisant les marins par le son de leurs voix, alors Nora fut ma Sirène d'une semaine. 
Et je n'ai pas du m'attacher au mât pour lui résister, ni me mettre des boules Quiès, son iPhone ayant des oreillettes :-)
Quoique, entre nous : Nora, le matin, avant son premier café, là, ce n'est pas vraiment une Sirène :-(
Voilà donc le récit de mon Odyssée d'une semaine... merveilleuse.


10 octobre 2009 - Arrivée de Nora et Franck


Je suis très fébrile. ma fille Nora et son compagnon Franck me rejoignent à nouveau sur Anak, mais cette fois pour une semaine entière de navigation dans le Saronique. Depuis une demi-heure sur le quai, je vois enfin son ferry arriver du Pirée. Ils ont eu de la chance, fin de journée ensoleillée avec un coucher du soleil comme on ne les voit qu'en Grèce. Et tout cela depuis le pont supérieur du ferrie, un vrai spectacle.
Les gens sortent du bateau. Il fait presque nuit et j'ai du mal a distinguer leurs têtes dans la foule. Les voilà !




On file déposer les bagages sur Anak, et je leur fais découvrir le port d’Egine et la petite ville, très jolie en bord de mer. Ensuite – il est tard -, je les emmène derrière le marché au poisson dans une petite ruelle où il y a plein de tables pour manger.. du poisson.  Ils ont eu une longue journée de voyage, on va vite rentrer sur Anak et se coucher, car demain: on lâche les amarres

12 octobre 2009 - Mouillage à Moni et nuit à Palaia Epidaures
Ça y est, après achat de pain, un café grec dans mon boui-boui préféré sur le port, on lâche les amarres, direction la petite île de Moni au Sud d’Egine. Il y a un beau mouillage, c’est plein soleil. Nora et Franck ne rêvent que d’une chose, un plongeon dans la mer toute transparente pour oublier le stress de leurs boulots.





Photos sans commentaires. Le mouillage est très beau et sauvage. Sur l'île courent des chèvres de tous les côtés.



C'est déjà le farniente !


Le soir, on ira à Palaia Epidaures, petit port sympa sur la côte du Péloponnèse. Demain direction Poros. Il faut en profiter. Il y a Internet à bord, et la météo annonce un très gros coup de vent pour mardi. La baie de Poros est un abri naturel idéal pour mieux affronter les éléments. Chouette, dit Nora. On aura même droit à une tempête.

12 octobre 2009 La belle baie de Poros et un mouillage bien agréable.
Nous quittons Palaia Epidaures assez tôt le matin, car il nous faut contourner la grande presqu'île de Méthana avant de rentrer dans le magnifique golfe de Poros.
Tiens, Nora vient d'avaler son premier café, et un premier sourire s'ébauche ! Vrai de vrai, avant ce café, je m'attacherais bien au mât. Mais pas pour sa voix charmeuse de Sirène, oh non, ça alors :-))




Et voilà. Nora a bu trois cafés, redevient sirène et décide de barrer Anak. (la barre sur Anak est plutôt une roue de gouvernail)
La voilà partie dans des grandes explications sur ce qu'il faut faire et pas faire.
Mais elle se croit à Spiral ou quoi ?
Franck et moi, on se regarde d'un air dubitatif, tout en surveillant discrètement l'horizon devant Anak, car à force de parler.



Ouf, je respire. Elle a accepté que je remette le pilote automatique pour aller faire bronzette sur le tatami dehors.


Contourner Méthana est un régal. L'île est très belle, et bientôt apparaît l'entrée de la baie de Poros . Tout au fond, on distingue déjà l'île de Poros et sa petite ville.
On va s’approcher pour voir comment est le port, car demain, c’est ici que nous viendrons nous amarrer pour mieux affronter la tempête annoncée. Exclu de rester à l’ancre, car on annonce du vent force 8 !!
Mais la journée est loin d’être finie, et on a vu quelques très beaux mouillages à 2 miles d’ici en traversant la baie. Si on allait vite y jeter l’ancre et profiter du soleil ?


Qu'est-ce qu'on fait en Grèce, une fois l'ancre jetée et bien accrochée? L'APERO = OUZO avec quelques Mézedes pour accompagner le tout.




" Dis donc, Franck, cela fait combien de temps qu'on est ensemble ? Tu ne trouves pas que tu commences à te laisser aller ? "
Je crie : "Alors Franck ? Tu attrappes un pneu comme moi? "
Qu'est-ce que j'ai osé dire ! J'aurais mieux fait de me taire, car la réponse fut une vraie provocation :        







Le mouillage est magnifique. Nora et Franck nagent pendant que je profite d'une eau transparente pour aller brosser mon hélice et inspecter ma coque sous l'eau.

13 octobre 2009 Tempête à Poros


Oh non ! Chefs ou patrons, n'allez pas croire qu'ils travaillent leurs dossiers ou plannings. Il fait mauvais, cela va souffler toute la journée, alors on regarde les photos des jours précédents. C'est tout !

Par contre, Skype et Webcam fonctionnaient : Lou est inondée chaque jour de bisous virtuels. Pauvre Lou, elle ne comprend rien à cet écran où se cachent maman et papa. Du coup on l'a voit plonger sur l'écran et l'inonder de baisers bien baveux. Pauvre grand-mère qui surveille avec son chiffon en main.
La tempête fera rage toute la journée, vent et pluie. Je n'ose pas quitter Anak, tant il rue sur les amarres.
Pas l'air contente de la météo, Nora.


14 octobre 2009 - Meilleure météo et nouveau mouillage.











Journée ordinaire sur l'eau :-(, et apprentissage du noeud de chaise..

15 octobre 2009 - Dernière nuit à l'ancre dans la baie de Poros !

Hier-soir, on est rentré dormir dans le port de Poros. On annonçait encore un petit coup de vent durant la nuit, mais il n'est jamais venu. Par contre, la pluie était au rendez-vous, et on craignait le pire pour le lendemain.
Anak était amarré au grand quai de Poros. Nora et Franck se demandaient s'ils auraient encore droit à une journée de natation et un peu de soleil avant de rentrer sur Egine.
Ils n'allaient pas être déçus ! 


SCOOP ! Nora en bikini sous la pluie :

La pluie se calme, on largue les amarres, pour nous diriger vers une petite crique toute isolée et protégée, à l'entrée de la baie de Poros, au Nord.
On va découvrir un endroit magique et je laisse parler les images :







16 octobre 2009 - Retour à Egine..


Ça y est, après une belle nuit calme au mouillage, on reprend notre navigation, hélas...., vers Egine.

Arrivés au port, Anak retrouve sa place du départ. Des copains grecs nous l’ont gardée précieusement. C’est une bonne place, à l’abri des vents dominants et de la houle provoquée par les multiples ferries qui entrent et sortent du port.



Nora et Franck font leurs sacs, et Nora m'aide à ranger toutes les bonnes choses qu'elle m'avait ramené de France.

Dernière balade en ville, et dernier petit resto. Au menu (après l'apéro..) : viande grillée.



Nora et Franck prennent le Dolphin ultrarapide, qui va les ramener, haut perché sur ses patins d’hydroglisseur, au Pirée en 40 minutes..


Ciao, Nora et Franck, c'était super de vous avoir à bord !

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Changement de programme et retour vers le beau détroit d’Eubée, et le petit port de Chalkoutsi.

 

J’étais rentré à Egine avec Nora et Franck le 16 octobre.

Le lendemain-matin, Nora et Franck ont pris un hydroglisseur Dolphin pour aller au Pirée, et de là le bus X96 qui mène droit à l’aéroport.



Le soir même, ils retrouvaient leur petite fille chez eux à Lyon. Elle devait être contente, Lou, de voir enfin ses parents ‘pour de vrai’ et non sur un écran d’ordinateur grâce aux Webcams. Terminée, la corvée d’essuyages d’écran après que Lou l'inondait de baisers baveux pour maman et papa qui étaient 'dans l’ordinateur' !

Sur Anak, grand ménage et grandes lessives.

Nora, ce n’est pas une chevelure, mais une véritable toison, et qui en sème partout. Absolument incroyable.

Aujourd’hui, mi-novembre, j‘en trouve encore !

Je me renseigne pour la confirmation d’une possibilité d’hivernage dans la marina d’Egine. 'Faisable', me dit le responsable du port, mais il ne pourra pas m'attribuer de place fixe avant mi-novembre.

Pendant ce temps là, mon ami Gregory du chantier Asprakis passe voir Anak et me confirme qu’en février/mars, je pourrai mettre à Anak au sec dans son chantier à Souvala, un village au nord de l’île. Mais il est un peu vague sur les prix, des amis me préviennent de faire attention aux surprises.

Beaucoup de bavardages sympas avec mes voisins grecs, ceux qui avaient gardé la place d’Anak libre pendant notre virée d’une semaine à Poros.

Mais un soir, on m’annonce que le propriétaire de ma place risque de rentrer le lendemain-matin très tôt, venant de Sounion.

Du coup, je décide de changer de place de suite, tant pis s’il fait déjà nuit.

J’avais repéré une place de l’autre côté du ponton, assez étroite, mais les pendilles avançaient loin dans l’eau, tant pis, je tente le coup.

J’avertis mon voisin grec, un peu inquiet : « Tu vas pouvoir maneuvrer ton gros Anak dans le noir ? C’est étroit pour virer et il y a des pendilles partout ! »

Il me promet de m’attendre sur le ponton pour me présenter ma pendille et attraper les amarres. Ceci est bien plus important pour moi quand on est seul à bord.

Ma hantise, c’est de culer au quai avec la longueur de chaîne exacte avant qu’Anak ne cogne le béton, et sauter à terre avec une amarre en main pendant que la chaîne, déjà à nouveau tendue, n'écarte Anak du quai. J’avoue avoir déjà eu de fameuses frousses ! Et il ne faut pas lâcher l’amarre pendant le saut. Sinon Anak repart tout seul ! Et je n'ai plus 20 ans :-(

Bon, j’y vais, je me présente à l’entrée du bassin entre les deux pontons pour aller me faufiler en marche arrière. Ce n’est pas le plus facile avec une quille longue, mais mon pas d’hélice va justement me permettre de virer très court dans ce sens là, et me faufiler entre les pendilles et les bateaux voisins. Tout va bien. En face, un type sur un bateau entend le bruit du moteur d’Anak, il fonce à l’avant de son bateau. Il verra l’ancre à poste d'Anak passer à moins de 40 cm de son étrave au moment ou je vire dans le noir.  « Bravo » qu’il hurle !

Le copain grec est là, prend mes amarres, je fixe la pendille à l’avant et tout est ok.

J’avais bien fait, à 5h du matin se pointe le voilier du propriétaire de la place où j’étais hier !

Ouf.

Apparemment, le prix pour hiverner a un peu augmenté, les pontons sont de plus en plus en mauvais état, et ma nouvelle place est provisoirement libre pendant 3 jours, pas plus.

Tout cela me donne bien envie de partir faire un tour, l’hiver n’est pas encore là.

Je pensais aller vers le Péloponnèse, Porto Chelli, rade très abritée. Mais arrivent des courriels de copains m’avertissant : attention, pas de place en hiver.

Arrive aussi alors un courriel de Thierry, le skipper de Troll.

« Viens, nous sommes toujours à Chalkoutsi où tu étais passé, le responsable du port a dit qu’il te donnerait une place pour l’hiver. Et tu pourras mettre ton bateau au sec chez Zacharias que tu connais. »

L’idée d’hiverner une deuxième fois au même endroit n'était pas vraiment ma tasse de thé. Alors, pourquoi pas? Je connais Chalkoutsi, petit port privé hyper abrité, et il y a du monde sympa dans le coin, fort joli par ailleurs, car comme décor : tout Eubée en face avec Eretria. Et en bus, on n’est pas loin d’Athènes.

Puis, le détroit d’Eubée, c’est ma route pour remonter vers le nord au début du printemps !

Enfin, vu l’état des pontons à Egine, je serai moins rassuré de laisser Anak ici en cas de tempête, qu’à Chalkoutsi. Je compte profiter de l’hiver pour faire au moins deux AR en France et un en Belgique. C’est que j’ai envie de voir de temps en temps grandir mes deux petits-enfants ! Et l'hiver est la saison idéale pour cela.

Il ne faut pas 24h pour me décider, et le 22 au matin, Anak quitte Egine.


1 - Egine - Chalkoutsi dans le détroit d'Eubée
Tout va si bien à bord : vent, ou risée moteur…, que vers 13.00h, je passe devant Sounion et son temple pour la 3ième fois, mais cette fois avec des couleurs automnales merveilleuses.


A 17,30h, je m’attache à un corps mort à Porto Rafti ! C’est du voyage éclair !

Ayant déjà commenté ce trajet, dans l’autre sens, (voir: d'Eretria à Porto Rafti) je me contenterai de montrer quelques photos.


Toujours le majestueux temple de Poséidon en haut du cap Sounion. Lors de mon dernier passage, j'avais jeté l'ancre en face du temple.

Le détroit d'Eubée, en automne, est une merveille.

Lîle de Nisis Raftis, à l'entrée de la baie de Porto Rafti. Au sommet de l'île, il y a une grande statue qui date probablement de l'époque romaine, et qui représente un 'tailleur', d'où le nom actuel du port : Rafti = tailleur.

Anak au mouillage à Porto Rafti
J’ai avantage à me dépêcher, ou alors je risque de me faire coincer à Porto Rafti ou dans un abri au mouillage, ils annoncent un coup de vent !



Départ à l'aube et en route pour Chalkoutsi !



Ce n’est pas peu dire, le lendemain, 23 octobre, je hurle dans le port de Chalkoutsi : « hé ho, Troll ! Venez m’aider à prendre mes amarres ! »

Ils n’en reviennent pas non plus : « Mais avant-hier, tu étais encore à Egine ? »


2 - L'électricité sur Troll de Françoise et Thierry.
Le pire, c’est que ce salaud de Thierry arrive le lendemain :

« Dis donc, tu te rappelles? Tu m’avais dit un jour adorer installer l’électricité à bord d’un voilier »

L’immonde bonhomme ! Piégé qu’il est le belge !

A vrai dire, il change le moteur sur Troll, et c’est le moment ou jamais de faire un grand ménage dans les spaghettis de fils, connexions douteuses, etc, du bateau. Et lui n’y connaît rien. Puis bon, les copains...

Bon, je ne vous raconte pas la suite, Thierry fait cela beaucoup mieux sur : http://lepetitmondedetroll.fr/janvier20092/index.html
 

Nous sommes le 18 novembre. Lundi prochain, je prends l’avion pour Paris, puis le TGV pour la Bourgogne.

Bien des choses se sont passées depuis mon arrivée. L’électricité de Troll est refaite à 90%, reste quelques détails a terminer, ‘peut-être’ avant mon départ....
Ce fut très dur ! J'ai menacé Thierry de faire la grève, tellement j'en avais marre de son souk de fils:

Quel souk !
Je menace de faire grève !

Thierry me menace, si j'abandonne:

Je fais la gueule :
mais un jour, tout remarche ! Je n'en reviens toujours pas...

photo tableau Troll modifié, nouveaux voltmètres, 3 nouveaux coupleurs pour la gestion, etc..

J'écris : 'à 90%' pour le plaisir de voir Thierry paniquer à l’idée de me voir partir avec des trucs en rade au niveau électricité ! Surtout que, perfide, je lui signale que j’ai pris un Aller simple, ne sachant à quelle date je revenais.


3 - Mondanités en Eubée.
Il y a aussi les AR à Athènes en voiture, les visites chez les copains, ou les copains à bord de Troll ou Anak.
La rencontre d’un couple catalan hyper sympathique, Angela et Antonio, qui vivent dans la bonne humeur permanente et retapent leur bateau, au sec dans le chantier de Zacharias, où Anak ira les rejoindre en février. Avec eux, on passera tous ensemble des soirées très sympathiques sur Troll.
Ambiance catalane sur Troll à la lueur des lampes à pétrole:






Et les deux déconneurs:

Il y a Philippe et sa femme, grecque. Lui fait du charter depuis très longtemps en Grèce. Ils ont une fille qui est au lycée anglais d’Athènes.

Il y a le voilier Tombouctou à Chalkis, où on retrouve à nouveau Philippe, et sa femme,
Et tant d'autres rencontres. 




4 - Les soirées crèpes sur Troll.



5 - Quelques photos de Chalkoutsi :







L'île d'Eubée, juste en face d'Anak
Voilà, ma M.A.J. est terminée. Je reprendrai à mon retour de France en ouvrant une nouvelle rubrique : 'Travaux sur le plancher des vaches.' :-)

Car en France, je vais aider Lisa à effectuer des travaux dans sa nouvelle maison. La maison familiale qu'à conservée leur mère a besoin de trente-six mille petits travaux d'entretien. 

Bref, quelques semaines bien chargées avant mon retour avant Noêl à Chalkis.

Et après? Ca c’est une autre histoire.

Et priez pour que je n’attrape pas la 'fameuse' grippe A !

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12 - Aller/retour en France pour baby-sitting et travaux..

Quelques premières photos pour l’instant.

babysitting
Baby-sitting en Bourgogne et à Lyon…

Decembre-2009 2100 Lou

Decembre-2009 3707
Retour à Chalkoutsi et dégustations..

Retour à Chalkoutsi avec dans mon sac, à partager avec mes amis sur Troll : un 1er Cru Côte de Beaune, un Epoisses, et un Camembert au lait cru, Mmmmmmmm....
Retour-sur-Troll-copie-2.jpg
et le soir du réveillon de Noël, sur Troll :
(menu copié sans autorisation sur www.http://lepetitmondedetroll.fr/topic/index.html :-) 

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Ce soir, repas de fête sur Troll, avec José, bien sur :

Menu:
- Punch maison au rhum brun,

- Asperges,

- Foie gras,

- Confit de canard et pommes terres cuites dans la graisse,

- Gâteau maison au chocolat et aux noix!

Et oui: Rien que du léger!
Le tout arrosé d'un blanc et d'un rouge donnés par notre pote Joël,  œnologue émérite et belge,  ce qui  n'est pas du tout une contradiction !

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Après digestion..., un A.R. à Bruxelles entre le 26/12 et 04/01 

Une balade dans le Golfe d'Argos chez un ami à Spetsai, mais AR en ferrie !

Mise au sec d'Anak à Chalkoutsi pour laisser sécher la coque durant un mois et demi. (Photos suivront)

Et à nouveau un séjour en France durant lequel je me métamorphoserai à nouveau en papa-bricoleur..

La preuve:

Et retour ce 28 mars pour remise à l'eau d'Anak et de nouvelles aventures via le Nord de la Grèce, Sporades de l'Est, Dodécanèse et côte turque !

A bientôt !

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1 . RETOUR EN GRECE ET SUR ANAK !

Lou et Oscar, j'ai bien entendu votre message !
DSC 2652
'Papilou, tu nous abandonnes à nouveau pour retourner sur ton bateau !!!!!!'   

Ben oui, j’ai donc rejoint Anak, bien au sec dans le chantier de Zacharias, le long du détroit d’Eubée.

Un ami grec à Athènes est venu me chercher à l’aéroport et, après avoir logé 24h chez lui en famille, m’a emmené à Halkoutsi. C’était sympa, car mes bagages étaient vraiment lourds.

Quelle joie de retrouver Anak !
Zacharias 3
24 h pour ranger les innombrables choses ramenées de France, et brancher sur un nouveau Pc avec Windows Seven mon modem ADSL un peu récalcitrant au début, les prises USB étant un rien corrodées sur le modem et son cable USB. Vive le trichlo qui arrange tout!.

Tout est donc rentré dans l’ordre, et promis juré, je reprends le fil de mes 'vagabondages' après cette petite pause hivernale partagée entre Bruxelles et Bourgogne.

Déjà quelques photos de l’environnement actuel d’Anak chez Zacharias, un homme charmant qui dirige ce petit chantier très sympa.
Zacharias 1Zacharias 2
Zacharias 4
On est plusieurs, grecs et étrangers, à préparer nos bateaux pour une remise à l’eau, avec une belle couche neuve d’antifouling. Bref, on cause en français, catalan (heu, pas terrible, mon espagnol!), anglais, allemand et même néerlandais. Bon exercice pour moi!

Mes voisins directs sont Angela et Antonio, un couple super-sympa dont j’avais déjà parlé ici auparavant, car rencontrés avant l’hiver.   

Mes amis de Troll, Françoise et Thierry sont repartis depuis belle lurette, et font un circuit via le sud et les Cyclades pour ensuite retourner vers le nord via le Dodécanèse. Bref, le contraire de ma route.

A bientôt pour la suite, les travaux (ponçage coque – beurk) et remise à l’eau ! 

2. Anak se refait une beauté !

ponceur 1Non, non, je n’ai pas embauché un peau-rouge pour poncer la coque d’Anak. Je ne suis pas non plus déjà bronzé à faire pâlir de jalousie tous ceux que j’ai quitté il y a quelques jours sous la pluie.

Non, j’ai poncé tout un côté d’Anak. Depuis ce matin, j'ai les bras en l’air pour tenir et faire pression sur la ponceuse orbitale qui  va enlever une bonne couche de l’antifouling qui enrobe la partie immergée de la coque d’Anak. Il y a des disques à poncer usés partout autour du bateau !

J’en profite cette fois pour réparer quelques menus dégâts occasionnés par un ber mal protégé sur lequel reposait Anak, et qui a griffé et abîmé les couches de brai-epoxy et mastic polyester de la coque. C’était à Martigues, il y a bien longtemps. Sans oublier les cales enfoncées à la masse lors de la sortie de l’eau d’Anak à Tabarka en Tunisie.

(Le carénage d'Anak à Tabarka (nord - Tunisie)

Coque non poncee 2Coque non poncee 1

Rien de grâve, j’ai ramené les produits qu’il fallait et tout va rentrer dans l’ordre. Mais Anak attendait cela depuis des années, et c’est aussi ces petits dégâts qui ont provoqué quelques menus problèmes d’osmose de surface, découverts lors de la mise au sec en décembre dernier.

J’ai un hydromètre électronique à bord, et j’ai testé hier la coque à plusieurs endroits, elle est saine et sèche (et celle des voisins aussi.. –  Hé, tu as un hydromètre ? Tu pourrais vite regardé chez moi ? -  Usted tiene un hidrometro ? Usted puene venir a ver mi barco ? - Hallo! Du hast ein Hydrometer? Kannst du mein Boot kommen sehen? – Hey, you have a hydrometer, have a look on my boat !   Hey Έχετε ένα υδρόμετρο; Μπορείτε να έρθετε δείτε το σκάφος μου ?

Génial non? Rien de tel pour entretenir une langue qu’on oublie trop vite.

Coque poncée 1 

Aujourd’hui, un côté d’Anak est poncé, travail très pénible, dans une poussière (toxique) toute rouge, et me voilà beau. Coque poncee 2

Une douche va vite arranger tout cela. Problème, l’eau chaude des douches, c’est entre 17 et 18,30h ! Tant pis, ce sera une douche froide, mais au moins je n’avalerai plus cette immonde poudre rouge !

Demain, l’autre côté.

Enfin, heu… si mes bras veulent bien ! ponceur 2

 Mes bras ont bien voulu..

Reste des tas d'autres choses à faire, et cela avance :

Toutes les griffes, coups et autres dégâts ont été remastiqués, poncés et grande retouche peinture bleue sur la coque d’Anak !

Anak tt beau

Nouvelle retouches de brai époxy sur toutes les réparations et ponçages qui ont mis à nu l’ancien brai époxy. Cette opération sera répétée 7 x.

brai expoxy sur retouches

Couche de primaire sur le safran de gouvernail, adieu miroir !  Gouvernail miroir b

Gouvernail ponce

primer sur safran

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1. Fin des travaux sur Anak

Anak avait été mis au sec pour laisser sécher la coque avant les travaux.

04 Anak sort de l eau06 le fils Zacharias-copie-1  

20 Zacharias16 anak pret pr sa place

La sortie d'Anak fin 2009 et Zacharias sur son tracteur.

Mais Avril est vite arrivé, et Anak était toujours en plein travaux.

Comme raconté fin mars / début Avril, ponçage de la partie immergée de la coque, toutes les anciennes couches d’antifouling devaient disparaître. C’est un travail énorme et épuisant, mais quand c’est fait, quel plaisir !

Ensuite, retouches  au brai-époxy et nouveau ponçage. Nettoyage et polissage de l’hélice, démontage de l’anode qui sera remplacée par une neuve, ainsi qu’une nouvelle anode ronde sur l’arbre d’hélice pour capter l’électrolyse possible entre l’arbre en inox et l’hélice en alliage de bronze. Cela m’a valu un AR à Athènes, mais me permettant aussi d'y retrouver des amis et de mieux apprécier cette ville qui me paraissait si rébarbative et invivable.

Bref, Avril fut bien rempli, mais pas désagréable.

J'ai aussi eu un problème avec le moteur. Un refroidisseur complètement mangé par le sel. Zacharias m'a trouvé un poste à souder à l'argon pour recharger la pièce et le tout est comme neuf !

L'échangeur et la platine d'injection d'eau corrodés.. 

echangeur 2 detail

 

recharge soudure

Nouvelle platine 

Après recharge de soudure d'aluminium et la nouvelle platine.. 

echangeur remonte

Et voilà, tout est remonté.

La pâques orthodoxe fut fêtée entre vagabonds des mers présents sur le petit chantier de Zacharias, une communauté de 2 couples dont mes amis Angela et Antonio - jeune couple catalan. John, un anglais très sympathique, et le marinero solo que je suis.

Je reste toujours le seul à naviguer en solo. John est marié avec une psychothérapeute à Londres, et qui ferme son cabinet 6 mois par an pour naviguer avec lui ! Quel luxe et rythme intelligent !

A Pâques, Krina, la femme de Zacharias nous a offert des œufs de Pâques ! Ce chantier familial est vraiment très sympa.

Souvent le soir, après une journée de travail au soleil ou sous la pluie (oui, oui !) nous nous retrouvons, ou assis sur une palette avec une canette de Mythos bien glacée dans la main, ou chez l’un ou l’autre sur un bateau. Je suis l’homme frigo, seul Anak a un bon frigo qui marche même au sec, bref, c’est moi qui gère le stock ! J’oublie de dire que la Mythos est aux grecs ce que la Stella est aux belges.

Anak doit retourner dans l’eau la semaine prochaine !

Le rythme s’est donc accéléré. J’ai transformé l’ancien puits à chaîne pour doubler son volume, et  avoir désormais 80 ml de chaîne au lieu de 50. Etant seul à bord lors des manœuvres, il faut que la chaîne puisse sortir, et surtout rentrer à nouveau dans le puits à chaîne sans le moindre problème. Sans quoi une manœuvre pourrait virer à la catastrophe, n’ayant personne devant pour surveiller la remontée de l’ancre.

Voilà pourquoi cette grosse transformation. Je ne vous parle pas des odeurs d’époxy dans le bateau durant les travaux, j’adore, et le labo qui fabrique du Paracétamol aussi !

Chaîne rallongée comme déjà dit et modification de l'ancre plus peinture.

ancre-peinture.jpg

Cette semaine, mes amis catalans et moi-même avons décidés la dernière grande épreuve : l’antifouling. L’antifouling est une peinture anti-algues très épaisse qui s’étale au rouleau.

Bref, les bras fatiguent, mais les jambes, c'est encore pire. Pendant des heures, je suis à genoux ou accroupi avec mon rouleau, devant faire attention à ne pas oublier un seul cm2, sans quoi les algues et coquillages vont foncer  s’accrocher à cet endroit. Torticolis garanti, la totale !

Deux couches générales à un intervalle de 24h, et obligation de mettre le bateau à l’eau dans les 10 jours qui suivent. Plusieurs parties plus sensibles du bateau reçoivent 3 à 4 couches : l’étrave, les contours de l’hélice, le gouvernail, la ligne d’eau et le dessous de la quille.

Je viens de terminer après avoir traité l’hélice avec un antifouling ‘spécial hélice’ ; J’ai aussi fixé les nouvelles  anodes.

antifouling termine

helice et anodes 2antifouling termine 2detail 1

 Anak est tout beau !

Anak termine blog 

La mise à l’eau est programmée pour mercredi ou jeudi prochains. Mardi, Anak sera placé sur le chariot qui va le pousser jusque dans l’eau.

Me reste alors une après-midi et une nuit pour passer de l’antifouling sur les petits carrés des étais qui tenaient Anak bien droit sur terre durant sa mise à sec.

Ce WE, c’est la préparation des voiles, remettre le génois sur l’enrouleur, placer les cordages et ranger le pont. Faire le plein des réservoirs d’eau et rajouter lundi 300L de gasoil !

Et j’ai oublié : ranger le bordel monstrueux dans Anak, outils et pots de peintures qui traînent partout, passer l’aspirateur, et j’en passe !

Par contre, Chrina a fait deux machines à laver pour moi, draps et vêtements, tout est propre pour partir.

Bientôt donc des photos de la mise à l’eau d’Anak !

Non, non ! On est en Méditerranée et Eole a décidé de retarder la mise à l'eau : coup de vent force 6 NE !

Alors, on bricole encore :

Anak halkoutsi

Ou on patiente collectivement.. Angela John et bibi

Angela, John, bibi, et Antonio qui prend la photo..

Ou préparer des légumes pour le freezer..popotte.jpg

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Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

Voyages en voilier en Méditerranée. Algérie à la voile.

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