Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

<< < 1 2 3 4 5 6 7 > >>

Articles avec #vagabondages

Balade hivernale dans le Golfe Saronique

  Palaia Epidaures – Angistri – Egine
(5)  

 s sur la route du retour, nous sommes arrivés à Palaia Epidaures.

 
 

 

Nous resterons dormir dans ce joli petit coin que je connaissais déjà

 

Le lendemain-matin, la météo sur Navtex semble bonne, et on quitte Palaia Epidaures. Petit détour par Nea Epidaures qui est le vrai petit port d’origine. Surprise, on y découvre un nouveau bassin tout neuf, pendilles, bornes pour électricité et eau, etc. Tout cela prêt pour accueillir les locations de l’été !
Ils doivent être jaloux de voir la plupart des voiliers se diriger de suite vers Palaia Epidaures, plus proche du site d’Epidaure.

Puis à Palaia Epidaures, ils y a plein de restos et bistros sur le quai, accès Internet, hôtels, etc.

Ce n’est pas le cas ici, le village est à deux kms. Espérons que leur investissement sera rentable !

On reste à peine une demi-heure, et en route pour Angistri, cette belle île juste en face d’Egine.


On va y découvrir un port presque vide, à nouveau Anak seul à un ponton.

Le soir, balade dans le village, un peu tristounet en plein hiver, mais l’escale est sympa et découvrir ainsi Angistri en plein hiver est assez inattendu ! 


Le lendemain, cool, on quitte Angistri pour retrouver ma place dans la marina d’Egine. Le timing est respecté, Wulf ne va pas rater son avion qui va le ramener en Bourgogne. Gla gla, je ne voudrais pas être à sa place.

Cette balade hivernale fut un régal. La lumière hivernale, la verdeur de ces iles, que l’on découvre habituellement en été déjà brûlées par le soleil. L’air pur de l’hiver qui permettait de distinguer au loin des îles qu’autrement on ne voit pas.

Et tous ces ports, où Anak était le seul voilier, ce qui nous a permis de toujours nous amarrer le long des quais sans jeter l’ancre.

La sympathie des gens, découvrant ces deux zombies sur leur drôle de bateau en plein hiver !

Oui, c’était une chouette balade hivernale dans le golfe Saronique !

 

Voir les commentaires

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

5 . Egine - Paros


Après un hiver passé à Egine, la balade sur Anak avec mon ami Wulf dans le golfe Saronique, me voilà parti pour les Sporades, avec un 'léger' détour via les Cyclades !

Je suis à Paros. J'aime beaucoup cette île, très verte, les gens sont sympas, le port gratuit et même l'électricité !
D'Egine, je suis allé en ligne droite vers Kythnos,
¾ du trajet à la voile, le reste au moteur, comme d'hab.
L'île est très belle, mais les habitants sont un peu moins sympas que ce qui va suivre.
Il faut dire que l'île est très touristique. Un jeune homme passe sur les pontons et de façon pas trop agréable réclame quelques euros pour la nuit. Certains bateaux peinent pour obtenir un reçu.


Ensuite Droit vers le Sud : Serifos, de toute beauté avec sa chora que l'on voit si bien depuis le large. Port cette fois très sympathique, gratuit, pas d'électricité mais c'est sans importance.

Après 48h sur place, traversée en ligne droite vers Paros.
C'est ici que les Cyclades commencent à me séduire, comme dit plus haut, l'île est accueillante, verte, les gens sympathiques, une jolie chora en face du port, elle pourrait paraître trop touristique si..... touristes.
Mais, c'est presque vide !

Dans le port, contre le quai extérieur qui donne sur une grande et jolie baie, Anak et deux à trois autres voiliers. Dont un caïque aménagé par un groupe de Suisses, qui se dépêchent d'effectuer les derniers travaux avant que leur secret bancaire ne s'effondre et que donc leurs moyens ne s'amenuisent.
C'est tout. En face de l'autre côté de la baie, des voiliers tupperware pour location, une dizaine, à l'ancre, attendent le client qui n'aurait pas confié ses sous à Fortis en Belgique.
Ce quai est bien, mais très exposé aux vents du nord.
Devant l'entrée du port, à côté du supermarché : Cyber/café tout simple, patron grec très sympa, personnel itou.
Je regarde mes mails, un URGENT. Cette fois, mon notaire exige une procuration pour un acte, mais procuration a signer par un notaire là où je puis en trouver un.
J'avais donné une simple procuration à un de mes frères pour ce genre d'éventualité, mais cela ne semble pas suffire.
Seul notaire apte à faire cela dans le coin, l'ambassadeur de Belgique himself, qui a qualité de notaire à l'étranger pour ce genre de problèmes. On est début de semaine et cet acte doit être signé vendredi, si pas ma procuration, pas de signature. Comment faire ???
Anak est amarré à un quai exposé, et moi je devrais filer à Athènes en l'abandonnant ainsi ? Impossible !
A Egine, les dernières semaines, je m'étais tissé des amitiés avec quelques jeunes skippers grecs utilisant leurs voiliers 50 pieds en tant que promène-couillons dans les îles. Et justement, j'en reconnais un sur le quai !
Je vais lui parler de mon problème. Il rameute de suite trois autres skippers promène-couillons, baladant cette fois des américaines hystériques que l'on entend jusqu'Amorgos quand le vent souffle du Nord.
Et la magie comme toujours s'opère :

Il y a un bassin intérieur, des pendilles, et sécurité totale, peu importe le vent.
Et hop, ils sortent un de leurs bateaux pour que je puisse mettre Anak à la place !!!!
Je demande combien cela va me coûter :

«  - On ne paie rien à Poros, et j'ai déjà averti le responsable du port que tu dois aller en urgence à Athènes : no problem !

- Et pour l'électricité ?

- Tu ne t'en occupes pas et tu branches, c'est tout, rien à payer ! »

C'est chouette, les copains de quais et les gens de la mer ! Je fais vite la manœuvre, de peur que quelqu'un ne change d'avis, et j'admire l'énorme pendille qui va me garder Anak safe pendant mon absence. 

Le lendemain fin d'après-midi, je prends le ferrie pour le Pirée ou j'arrive le soir à minuit. Je trouve juste en face de la sortie du port un hôtel ** à moins de 100m. Il n'est pas trop cher pour Athènes où les prix sont parfois exorbitants comme dans toute capitale.

Le lendemain, métros pour le centre administratif d'Athènes, au milieu des ambassades et ministères, où se cache l'ambassade de Belgique, bien somptueuse pour un si petit pays !

A 10h, je suis là, après un café frappé sur une terasse du coin, et au prix VIP, car arrivé trop tôt ! Pas malin, le quartier est plutôt du genre chicos. A Egine j'en avais deux pour ce prix !

A l'ambassade, on bavarde, toujours la convivialité belge, unique au monde.

Les papiers du notaire sont arrivés par courriel. J'ai beau être habillé comme un sac dirait Nora, donc 'normalement' pour moi, le courant, - diplomatique, passe, et à 11,00h, j'ai même obtenu que ce soit l'ambassade elle-même qui confie à DHL le document signé pour l'envoyer chez le notaire, car 'on' signe le lendemain soir à 20h !!!

Au passage, 25E pour taper le texte et le cachet, 20E pour conserver une copie, et 75E pour DHL. Mama mia, mes finances...

Je dois avouer que cet acte notarié va me procurer à terme un peu de sous pour regarnir ma bourse déjà bien entamée ! Du coup j'avoue commencer à croire aux miracles, donc à mon retour, je ferai une prière dans la superbe église de la Panagia Ekatondapiliana de Paros devant les fonds baptismaux du 6ième siècle !

L'après-midi même, je reprends le ferry pour Poros, encore 5,30h de navigation et un livre à classer dans les « lu » !

Inutile de vous dire que 11h de ferrie, + Athènes, plus mon intermède diplomatique, je suis mort !!

Vendredi donc : repos et prière.

Mais en me réveillant je découvre : un coup de vent, plein N, annoncé entre Eubée et Paros ! MA ROUTE !!! Et ce fichu Meltem qui se pointe déjà !

Le patron du cyber en face du port, reconverti en cafetier et amateur, pardon, employeur de charmantes et jolies jeunes serveuses anglaises me confirme. Je vérifie quand-même, nos intérêts ne sont pas les mêmes, surtout avec son bistro bien vide. Mais les copines anglaises vont me tenir compagnie !

Je voulais absolument aller à Mykonos. Vous me connaissez, bars, boites de nuits et autres clubs sont tout à fait mon ordinaire ! :-(

Mais non, vous allez être déçus, c'est Delos que je visais, juste en face, et y passer une journée à rêver au milieu du sanctuaire d'Apollon, voila comment je prendrais bien mon pied. Surtout quand il y a si peu de touristes.

Mais bon, Mykonos/Delos est à 20 miles. Je risque d'y rester bloqué because le coup de vent, alors autant attendre ici. Et le port de Mykonos a une réputation exécrable ! Surtout avec du Meltem !

Et toujours la magie : 'tu as ta place dans le bassin, surtout ne bouges pas, tu es très bien là et quand le vent se sera calmé, tu y vas'.
Ok, je vais en profiter pour visiter Paros !




Et voilà pour quoi je vous écris de Paros, toujours et encore.


la Panagia Ekatondapiliana








Ruelles dans Paros

Je comptais descendre jusque Amorgos. Mais primo, mon AR à Athènes m'a fait perdre plusieurs jours. Secundo, avec ce gros vent du nord, ce n'est pas le meilleur port car très mal abrité.

Je ferai Amorgos l'hiver prochain, car j'ai comme l'impression, qu'ici en hiver, c'est encore mille fois mieux ! 

Dès que le vent se calme, je remonte donc rapidement vers le Nord, car le beau détroit d'Eubée m'attend, et mes beloved Sporades là-haut aussi !

Ne pas trop traîner dorénavant, le Meltem s'est déjà réveillé, et ce n'est pas vraiment l'idéal pour aller plein nord en Egée !
Le bonus du jour : les Cyclades au printemps !!




Voir les commentaires

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

6. Paros - Eubée - Sporades


Samedi, ça y est, j'ai lâché les amarres et en route pour... Andros direct.
Tant pis pour Siros et Delos - je reviendrai -, mais il faut que j'avance avant que ce Meltem ne s'établisse définitivement pour la saison.
Belle journée de navigation, vents parfois favorables, car j'arrive à Andros en fin d'après-midi à 17h. Encore un port à moitié vide, je lâche 35 m de chaîne pour me mettre cul au quai et aller visiter la petite ville de Gavrion.

Je ne dormirai qu'une nuit, la météo est toujours favorable pour monter droit vers Eubée ! Vaut mieux en profiter, et nous sommes le 23 mai, faut que j'avance.
Le soir, j'arrive dans la baie d'Almyropotamos. Un très beau mouillage, abrité du vent qui soufflait un peu dans le détroit. C'est même tellement abrité que ma chaîne tombe à pic en tas, et elle ne bougera pas jusqu'au lendemain matin !


Le lendemain matin, à 7h, Anak redémarre. Hélas, vent NW, mais permettant une navigation au près en zig-zag, quand il y a du vent ! Il y a surtout beaucoup de courant contraire, mais j'arrive à Khalkis à 15h ! Pas trop mal, mon vieil Anak !


J'arrive dans le goulot de Khalkis, encombré par de nombreux cargos.

Il y a une marina et des quais libre à l'entrée de la ville. J'y accoste. 


Je vais voir les coast-guards pour le passage du fameux pont.
Impressionnant ce pont ! L'eau passe dessous à près de 6 nds ! Et il faudra attendre le moment de la renverse du courant et cette courte période où le courant est presque nul pour passer le goulet du pont !

Je dois payer 18€ pour le passage, me mettre à quai et attendre le premier signal via la radio VHF vers 22,30h.


Effectivement, à 22,35H, les garde-côtes m'appellent et me disent d'aller me positionner en face du pont !

Quelques minutes plus tard, ils hurlent dans la VHF : «  - Anak, go ! full speed now ! »
Nous sommes 3 voiliers a être appelés ainsi, et c'est comme un départ de F1, pleins gaz on fonce, encore un peu on se coincerait tous les trois dans le passage du pont !
Au moment de passer dans le goulet du pont, je prends mon appareil photos et clic clic, car ce pont est impressionnant par son mécanisme. Ok, pas très raisonnable de prendre des photos en pleine manoeuvre!


Le pont avant le coucher du soleil..

Le pont le soir..
 
 Le pont ouvert, et la partie à tribord - sous la chaussée !!
Le pont entier descend d'un demi mètre, puis se divise en deux, chaque partie glissant de son côté sous la chaussée ! Je n'avais jamais rencontré un tel système ! Il faut dire aussi que ce mécanisme semble bien complexe et lent, ce qui ne réduit d'autant le laps de temps disponible pour passer ! !

Il fait noir, les lumières de la ville aveuglent et je vois les autres voiliers qui sont passés comme moi chercher une place le long du quai de la ville.
Aucune envie de faire pareil, la ville est bruyante, et demain-matin, je pourrais bien me retrouver avec un courant contraire très fort pour quitter le goulet de Khalkis.
Je décide de traverser le détroit et de me diriger de nuit vers un tout petit port indiqué sur la carte : Politika.
Le port est en face à 6 miles et j'arrive vers minuit. Je finis par repérer les feux du port au milieu des lumières de la côte. Je m'approche très doucement car je ne sais pas s'il y a assez de fond. J'allume mon gros phare halogène, et je découvre un magnifique quai, tout neuf, 3 m de fond, et pas un seul voilier en vue !
Génial ! Qu'est-ce que je vais bien dormir loin du bruit de la ville !
Et le lendemain, mieux encore, sur le quai, des robinets avec de l'eau gratuite !
J'en connais deux qui vont se dessaler, se laver et se rincer à fond ! Anak et moi !
Nos toilettes faites, je vais me balader. Partout au bord de l'eau, des tavernas très sympas sous les arbres.

Un pêcheur à la ligne grec m'explique qu'en juillet et août, c'est plein de touristes d'Athènes et environs qui viennent passer leurs vacances sur cette belle et immense île d'Eubée.
Ca, c'est moi dans quelques années ! :-(



C'est tellement sympa que je décide de rester une nuit de plus, faire le plein d'eau et me reposer un peu.


Merci au jeune grec inconnu qui m'a pris en photo !   

Le 27 mai, je quitte Politika pour aller jusque Limni. Belle navigation !


Limni, c'est une petite ville sur la rive d'Eubée, un port très étroit, tout en longueur, et aussi des

places tout en longueur au quai, car il n'y a que trois voiliers dans le port.




Le détroit d'Eubée est loin des hordes de locations, etc. Y circulent des voiliers comme Anak, désirant rejoindre le Nord de la Mer Egée ou le contraire, et habités par des voyageurs à long terme. Tout cela est bien sympa.

Le lendemain, en marche arrière pour sortir du port, tellement il est étroit, je quitte cette jolie petite ville pour filer cette fois d'une seule traite, si Eole et les courants du détroit veulent bien, vers le Sud du Pélion.
Que ce soit côté continent ou côté Eubée, les côtes sont magnifiques et ce détroit est une bien belle navigation.
A un moment, je fais la course avec un...

Canadair ! Effectivement, deux Canadairs font des essais de larguage d'eau sur Eubée en prévision des incendies d'été, et ils viennent se charger en eau pas loin d' Anak !

Imaginez qu'Anak soit avalé lors de la manoeuvre, je me retrouverais comme Jonas, non dans le ventre d'une baleine, mais d'un Canadair ! On fait la course...
Bon, évidemment, c'est lui qui gagne.

Arrivé au nord le détroit tourne vers tribord (ou à droite, pour les nuls comme j'ai été, et petit truc : babord et Tribord, dans Tribord il y a un T comme dans droiTe ! Ca y est, vous pouvez jouer au vieux loup de mer !) pour s'ouvrir face à la mer Egée avec au nord le golfe de Volos ! Les courants sont très forts et il y a des remous et des tourbillons. Mais rien à voir avec ceux aperçus un jour dans le détroit de Messine !




A 18h, je suis au Sud de la boucle du Pélion : Kriteri et je rentre dans le trop joli petit port de Kiriaki ! Quelle belle navigation et ô combien rapide. Merci les courants favorables qui poussaient Anak. J'étais déjà venu à Kiriaki en voiture, rien n'a changé, pas même l'endroit où j'avais stationné le soir au bord de l'eau pour dormir dans mon break Tourneo.

Je m'amarre le long d'un quai, pas un voilier de visible dans ce petit port. Il y a un fort clapot et Anak remue pas mal, mais qu'importe, je suis au sud du Pélion !!!

Arrive un garde-côte tout gentil qui me conseille de placer Anak devant un bistro juste à côté, car j'aurai moins de clapot et si un ferry passe en mer, sa vague d'étrave secouera moins Anak. Vrai que ce port est complètement ouvert au Sud !
Et passent tous les ferries venant de Volos ou Agios Constantinos (dans le détroit d'Eubée) et qui rejoignent les Sporades !
Pas besoin de mettre le moteur en route, je recule Anak avec les amarres et me voila en face du bistro ! J'ai juste a claquer des  doigts et mon tsipouro est servi à bord ! 
Non, non, je m'empresse d'aller en boire un dans ce petit boui boui bien sympa et ensuite je vais me promener dans ce si beau village où j'étais déjà venu par voie de terre.





Il y a un petit chantier naval à l'ancienne, où on tire les bateaux hors de l'eau sur des poutres suifées !


L'endroit est magique et annonciateur de tout ce que je vais découvrir dans cette belle région de Grèce que j'adore.

A 8,15 h, le lendemain matin, je pars pour Skiathos. Skiathos, c'est l'île qui a concentré tout le tourisme de masse des Sporades sur ses quelques kms carrés. Qu'ils y restent ! Le port n'est pas très sympa, envahi par les sociétés de location qui y font la loi, et les avions charters n'arrêtent pas leur ballet en rasant presque le haut des mâts, car la piste d'atterrissage démarre juste à côté du port ! La nuit, des boites de nuits hurlent leurs décibels dans le port jusque 6 h du matin !

Ciao, Kiriaki !
Bonjour Skiathos ! Quelques photos du vieux Skiathos quand-même !



Mais j'en profiterai pour prendre du gasoil, et filer le lendemain matin vers Skopelos.
Skopelos, un joyau d'île, un rêve que je réalise enfin : m'y rendre cette fois par mer et découvrir ainsi ses si belles côtes verdoyantes.
Tout cela fera l'objet d'un nouvel article, Skopelos, Alonnisos, Pelagonisi, etc, les mouillages fabuleux, etc. Je vais vous faire baver !

 

 

 

Voir les commentaires

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

L'île de Skopelos

L’île de Skopelos s’appelait 2000 ans av. J.-C. PEPÁRITHOS.

C'est un véritable verger au milieu des flots.
J'avais découvert Skopelos en 1972, lors d'un voyage en Grèce avec ma compagne du moment. On était resté plus d'un mois sur la plage de Stafylos, à l'époque quasi innaccessible et sauvage. Une source d'eau douce coulait sur la plage et j'ai pu louer à un moment une magnifique maison de pêcheurs les pieds dans l'eau.
Amours passionnés et souvenirs de jeunesse, un ange passe nommé Kira...

Skopelos :
Aux alentours de 1600 ans av. J.-C., les Crétois envahirent l’île, menés par le mythique prince Stafylos et son frère Peparithos. Stafilos, selon la mythologie, était le fils du dieu Dionysos et de Ariane, fille du Roi Minos de Crète.) Ils construirent 3 cités sur l’île : Stafilos (aujourd’hui le lieu-dit Stafilos), Peparithos (aujourd’hui Skopelos) et Knossa qui, avec le temps s’est appelée Glossa.
Divisant en deux parties les magnifiques plages sauvages de Stafylos, la presqu’île portant le même nom aurait été un tombeau royal où aurait été enterré Stafylos. Lors de fouilles, on a trouvé dans la tombe une poignée d’épée en or, des bijoux, etc. Ces objets sont visibles au Musée national d’Athènes.
Il y a 360 églises et chapelles sur l’île dont 123 rien que dans le village de Skopelos ! Il y a aussi plein de monastères dont Metamorfossi qui est un ravissant petit monastère datant du 16ième siècle (voir photos).
Le village de Skopelos est bâti à flanc de coteau et les ruelles sont un agréable dédale de maisonnettes avec leurs terrasses en bois et leurs toits de lauzes. Par ci par là, des petites chapelles ou des petites places sont ombragées par des platanes ou cyprès.
C’est aussi le port principal de l’île, mais par vent de Meltem violant, les ferries accostent dans le petit port au Sud-ouest de l’île : Agnondas.
Au nord de l’île, Glossa est restée très authentique avec ses maisons blanches aux jolies terrasses en bois et son lacis de ruelles ombragées. Au bas de Glossa, au bord de l’eau, il y a le joli petit port de Loutraki et ses nombreux petits restaurants.


L'île de Skopelos en photos :
Voyez l'album photos du village tout en escaliers de Skopelos en cliquant ici. 

Les premiers jours d'Anak à Skopelos.

 
 Au loin : Alonnisos


 Mouillage
Photos du village de Skopelos :

Voyez l'album photos du village tout en escaliers de Skopelos en cliquant ici. 



Un mariage à Skopelos


 Mouillage


Entrée du petit port d'Agnondas

La maison de mes rêves à Panormos
 Loutraki

Le port et le village de Skopelos.
 Panormos
 Anak à Agnondas
Forêts dans la montagne à Skopelos






Le monastère Metamorfoseos (16ième)





Loutraki

Panormos
 Criques près de Stafylos

Plage de Stafylos
 

Biques à Stafylos

 

Voir les commentaires

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

 

Alonnisos - Pelagonisi

Découverte d'Alonnisos, appelée Ilkos dans l'Antiquité, île verte et magnifique.

 

Alonnisos est classée parc marin protégé. Idem pour les petites îles plus au nord nord. Le petit port de Patitiri est agréable, tout simple et plein de fleurs.

Il est vraiment petit, et ce n'est pas évident d'y trouver une place, encore moins de manœuvrer entre les ferries qui entrent et sortent et le quai vers lequel il faut reculer.

Devant Anak, un bistro, oh, moins typique et sympa que celui de Kiriaki, mais bienvenu quand-même..., comme trahit l'emplacement de l'objectif...



J'y passerai la nuit, c'est gratuit, mais par contre, ni eau ni électricité. Il y aurait un robinet du côté des ferries, mais il faudrait une sacrée longueur de tuyau !

Le lendemain matin, je vais longer durant quelques heures cette belle côte aux couleurs changeantes, abris ou mouillages, petits ports, falaises ocres sur lesquelles se perchent parfois des maisons qui s'intègrent bien dans le paysage. C'est suffisamment rare pour qu'on le remarque.





Ensuite, il y a le passage entre Alonnisos et l'île de Peristéra pour enfin apercevoir l'île de Pelagonisi.



Pelagonisi, habitée par deux bergers, un pope et son petit monastère, des centaines de biques, un taureau - noir svp. -  et quelques vaches. On s'y croirait au bout du monde, tellement c'est calme, et beau.


Je jette l'ancre dans la baie d'Ormos Kira Panayia,

En face d'une jolie petite plage.

Un petit caique livre la paille aux bergers.
C'est un peu flou, mais je vous jure qu'il y a une bique sur la plage !

Il parait qu'il y a plein d'épaves byzantines autour de l'île.

Cette île est aussi connue parce que l'un des rares habitats du phoque-moine de Méditerranée (Monarchus monarchus pour les nuls comme moi et merci le dico).

Je n'en verrai pas, ni le taureau noir..

Au nord de l'île, il y a une autre baie : Ormos Planitis. C'est une baie complètement fermée et le passage pour y aller fait 82 m de large. Par coup de Meltem, il n'est pas toujours évident d'en resortir !

C'est le lieu de retraite préféré de mes grands amis Thierry et Françoise de Troll. C'est d'ailleurs curieux, chaque fois que l'on cohabite qques jours ensemble dans un port, ils ont ensuite besoin d'aller souffler et se retirer à Planitis !?

J'irai y jeter l'ancre lors d'un prochain AR dans ce coin.

En tout cas, ce soir, c'est dodo dans un silence total et magique.

Le lendemain matin, il fait soleil tout plein, petite brise du nord - vent dominant de l'été, et qui est bien rafraîchissant.
Dans les Cyclades et toute la Mer Egée, c'est pourtant le Meltem, jusque force 7, pour l'instant et selon les avis météo. Hier, rien de tout cela n'était prévu!

Les Sporades sont un rien plus protégées, situées plus à l'ouest, le Meltem y est un peu plus discret.

Je découvre donc ce coup de vent surprise en quittant mon mouillage de rêve bien abrité. 
Mais peut-être pas si surprenant que cela, vu les nuages qui s'accumulaient la nuit - mais qui ne m'ont pas empêché de dormir, l'ancre étant bien enfouie. J'avais, à la nage, suivi ma chaîne, et la marque jaune des dix premiers mètres était déjà enfouie sous le sable, plongeant vers l'ancre qui devait être enfouie à au moins 50 cm.

J'avais mis marche arrière toute, la chaîne s'était tendue, l'ancre ayant bien crochée. Anak ne bougerait pas d'un iota.
Quand cela est fait, je mets en général l'alarme mouillage GPS. Progrès immense pour un sommeil plus rassurant. Au moment de lâcher l'ancre, on pousse sur un bouton qui rentre en mémoire (Homme à la mer) la longitude et latitude de la position de l'ancre. Et si j'écris : 'au moment de lâcher l'ancre, on pousse sur le bouton homme à la mer', c'est pour rappeler l'erreur tant de fois vue d'une alarme de mouillage Gps réglée sur la longitude et latitude du bateau lui-même qui, avec ses 40 ml de chaîne, se trouve donc à 40 m de l'ancre ! Cela change complètement le calcul de circonférence d'alarme si l'ancre chasse ou si le vent tourne.

C'était mon quart-d'heure marin d'eau douce un peu moins nul que d'habitude.

Le matin, quand on quitte le mouillage, et qu'on oublie que l'alarme est mise, je vous jure que les hurlements inattendus de ce bip bip valent au moins 3 kawas, tant ça réveille !

Donc, vu le ciel au réveil, vu le Navtex qui annonçait de très gros orages dans le Thermaikos Kolpos un rien plus haut vers Salonique, les relents de gros Meltem plus à l'est, en ne déployant que le génois, Anak a fait des pointes de 7 nds impressionnantes au milieu des vagues.
Un plaisir quand on est à l'abri comme sur Anak, bien moins drôle sur un voilier ouvert à tous vents et embruns, sauf pour les masos voileux qui aiment transpirer dans leurs cirés par 30° dehors.



Cela m'a propulsé vitesse grand V vers Skopelos.
Au passage, j'ai vu que Patitiri, le joli petit port fleuri sans fioritures ni marchands du temple et de bijoux made in India n'était pas un abri de tout repos quand le vent souffle du nord. A noter donc. D'ailleurs, mon quai est vide !!

Curieux grecs, entourés de toutes parts de mer, mais ayant souvent les ports les plus absurdement mal protégés de toute la Méditerranée.

Skopelos est calme, agréable, peu de touristes, ce qui ne fait pas rire ceux qui en vivent. Ils espèrent un sursaut en juillet et août, ce qui m'inquiète pour d'autres raisons très égoïstes.., peur de voir mon paradis envahit par les locations.

Mais la clientèle des locations est différente de celle louant des voiliers à Egine ou dans les Cyclades. La preuve, je n'ai pas encore vu un seul voilier faire du spaghetti avec la chaîne d'un autre bateau, alors que plus au Sud, ce n'est que cela dans chaque port. Mais cela pourrait donc encore changer. Gare à Juillet !

Dans les mouillages, comme Panormos, arrivent d'autres bateaux, mais le soir, silence et discrétion ! Les gens sont surtout là pour apprécier le calme des si belles Sporades, et non pas pour rentrer chez eux et crier sur tous les toits : - regardez comme j'ai bronzé et j'ai vu Mykonos et les boites de nuit de Santorin !

Hier-soir, deux étudiants grecs sur une location se sont installés sur le quai avec leurs guitares. Du coup le blues a transformé quelques mètres carrés de quai, la qualité de jeu des musiciens était incroyable. Cela a inspiré deux anglais d'une autre location, l'un avec sa guitare et l'autre avec des tablas. En découlait une série de blues magnifiques, le joueur de tabla ayant le bon goût de jouer on ne peut plus discrètement.
Bavardant avec l'un ou l'autre, pas de secret, tous sortent d'une école de musique ou conservatoire, leur permettant ces improvisations très synchro. Surtout quand un des grecs a attaqué quelques rébéticos magnifiques, et que l'un des jeunes anglais est allé cherché un autre instrument... une cornemuse ! Ce qui m'a appris qu'avec cet instrument et une sorte de chapeau pour assourdir le son, on peut accompagner le blues d'une façon inattendue et même du rébético !

Bref, quai musical bien sympa et tout simple avant que tout le monde réintègre sa couchette. Grecs et anglais accompagnés de leurs muses, moi n'ayant comme compagne que mes rêves.

Et voilà, dites-moi de rester le plus longtemps possible dans cette région, mon boui boui préféré me permet de survivre, l'hellenico y est à un euro, le frappé à un soixante dix, le bistro chicos d'à côté l'affiche à trois !

Et on est bien ici, hein dis, Anak ?

 

 

Voir les commentaires

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

3. Escales au paradis, Elios - Klima

A quelques miles au sud du port de Loutraki, dans le nord-ouest de l'île de Skopelos, il y a un petit village au bord de l'eau : Elios - Klima. Son port, ses plages et le village ont été créés après le tremblement de terre de 1965 qui avait détruit le village de Klima plus haut dans la montagne.

Dans le Guide Imray, dont on ne discutera plus l'absence totale de mises à jour, malgré des couvertures : 'dernière édition' qui ne sont que baratin commercial : Petit port avec étroit chenal d'accès au bassin : attention, les fonds dans le chenal (autour de 2 m) et dans le bassin (1,5 à 2 m) sont irréguliers : le port est pratiquement plein de bateaux locaux et il faut être chanceux pour y trouver de la place.

En réalité, devrait être écrit : petit port avec un grand quai, électricité et eau, bon abri en cas de Meltem : profondeur partout sauf le petit bassin où se trouvent les bateaux de pêcheurs : 3 à 3,50 m. Le port est peu fréquenté et vu le nombre de places disponibles, on y trouve toujours de la place.

- J'en profite d'ailleurs pour conseiller, à ceux qui naviguent dans les eaux grecques et qui comprennent un peu l'anglais de se procurer les guides nautiques Eagle Ray : « Greece, Sea Guide », 3 volumes selon l'endroit où on navigue : http://www.road.gr/road_en/maps_xenoi/x_maps.asp?id=2947
Il n'y a pas d'équivalent pour naviguer en Grèce ! Mille fois mieux et plus sérieux que les Imray !

Ce port a été entièrement réaménagé, les jetées prolongées et équipées, ce depuis de nombreuses années. Bien abrité des vents du nord, il l'est moins du sud et parfois de fortes rafales viennent de terre. Il faut donc bien s'assurer de la bonne tenue de son ancre.


Il en résulte que l'on voit des voiliers approcher, et repartir parce qu'ils ont l'Imray à bord...

Pourtant, l'endroit est paradisiaque, et, en réalité, je ne devrais pas le dévoiler ! Mais ne sommes-nous pas nombreux à aimer partager des endroits sympathiques ?

Ce sont mes amis du voilier Troll, Françoise et Thierry, et Thalio of course, qui m'ont dévoilé cet endroit magique. Ils en parlent aussi dans leur magnifique site qui est un bol de bonne humeur à chaque lecture.               

Je suis donc allé à Elios pour voir si Thierry et Françoise n'exagéraient pas.

Et je découvre un cadre magnifique, collines et montagnes verdoyantes, un village presque caché dans la verdure où les bougainvillées et bignones omniprésentes habillent les maisons et les jardins et débordent partout dans les ruelles.

Hélas, au moment où je publie sur mon site cet article, tout près d'ici, à Panormos, un incendie a éclaté. On voit la fumée et la lueur des flammes dans le ciel la nuit. Depuis 48h, c'est un ballet incessant de Canadairs ou hélicoptères. Aux dernières nouvelles, le feu semble être sous contrôle.
Dans le port, un voilier français, et Troll !

C'est tout ! Les deux bateaux sont amarrés le long du quai, tant il y a de la place.

Je m'amarre devant le voilier français et je découvre cet endroit qui va devenir un peu ma base entre mes navigations dans les Sporades 

Et puis il y a l'eau et l'électricité gratuites !

Après avoir salué mes amis trolliens qui ne m'avaient pas entendus arriver (je les soupçonne d'avoir adopté le rythme sieste grecque, qui comme les repas, ici, se font souvent, et à n'importe quelle heure), je vais visiter le village.

Il y a de tout ; deux petits super-marchés, deux bouchers, trois boulangers.

Et tout le monde est charmant, ce ne sont que bonjours et sourires !



Il y a aussi quelques bistros sympas, et des restaurants grecs tout simples.
Et tous les soirs, un magnifique coucher de soleil.

Dans le port même, il y a deux restaurants et un bistro, un peu plus chicos, mais les prix de ces restaurants sont moins élevés que ceux de Skopelos. Je m'installe donc, l'endroit est extrêmement agréable.

Thierry et Françoise de Troll partent dans quelques jours pour Skiathos, ce qui fait bondir de joie Thierry....: c'est vraiment l´horreur, les avions qui rasent les mâts pour atterir et boites de nuit qui hurlent toute la nuit.

Mais ils vont chercher une nièce et son petit ami, repassent par Elios puis partent vers Pelagonisi pour revenir dans 8 jours.

Effectivement, 8 jours plus tard, on se retrouve tous à Elios.
Entre-temps, j'ai passé une semaine d'été seul dans le port ! Absolument incroyable.


Il y a un bus qui, plusieurs fois par jour, relie Elios à Skopelos, ou Elios à Glossa, autre magnifique et sympathique village, à quelques kilomètres, dans la montagne.
Voir l'album photos du village de Glossa en cliquant ici,
Glossa est un village qui surplombe le petit port de Loutraki. Toutes les maisons ont des balcons en bois avec une vue magnifique sur les ìles aux alentours dont Skiathos, et plus loin Eubée et le continent. Au centre du village, un petit bistro-resto, tables sous les tilleuls avec vue sur la mer. On peut y manger et boire pour pas cher : une limonade et une Mythos (bière grecque), puis une assiette de tzatziki, du pain, deux grands verres de vin blanc qui accompagnent deux grandes assiettes pleines de viande d'agneau rôtie et frites. Et la viande est rôtie sur ce grill, cela ne vous donne pas envie ? A deux, le tout pour 24 Euros ! À ce prix, vous pouvez m'inviter :-)

Autre chose magique. Juste derrière la jetée, il y a une immense plage, peu fréquentée si ce n'est par des familles grecques de l'île, et comme c'est à 20 m d'Anak, je ne me lasse pas d'aller faire des plongeons. Et il y a même une douche sur la plage.

La saison avance, et peu à peu le port voit arriver des bateaux de Volos ou de Thessalonique avec des familles grecques très sympas à bord. De grands bonjours, car nous sommes au nord d'Athènes et les gens sont extrêmement aimables et conviviaux dans le nord de la Grèce.
Dans les Sporades, il ne fait jamais chaud comme dans les Cyclades : les nuits restent assez fraîches et agréables, je vous le disais : Elios, une petite escale au paradis !
La vie est cool à Elios, l'invitation chez le voisin grec, qui après quelques ouzos (je préfère rester dans le vague en écrivant '..quelques...'), se termine par un repas complet obligé.

Quand j'aide un grec à accoster avec son bateau, que ce soit un skipper en voilier avec ses clients, ou un grec en vadrouille sur son petit bateau à moteur, je reçois de l'un une bouteille d'ouzo, d'un autre des bocaux d'olives confites au miel de Skopelos (mmmm), etc.
Un jour, nous aidons, Thierry et moi toute une famille grecque à accoster avec leur gros caïque grec réaménagé en bateau à vivre. Il leur manque un raccord électrique pour se brancher sur une borne. J'en prête un.

Quelques minutes plus tard, le Grec arrive avec moults bocaux d'olives, etc., 'cadeau' ! Ce matin, mon voisin m'a donné des calmars qu'il avait pêché en mer la nuit dernière. Je les ai aussitôt nettoyés et cela va faire une bonne poêlée ce soir.

Hier, une charmante dame m'a apporté sur Anak un sac plein de prunes et citrons, 'du jardin de la maison de ma mère qui vît tout près d'ici'. J'avais aidé son mari à trouver une panne électrique sur son bateau.
Gentil, non ?

Le temps passe, toujours trop vite. Giorgio m'envoie un courriel en remerciement des bons moments passés à Elios et m'invite chez lui à Athènes.
On est à la fin du mois, et je prépare la suite. Lessives, derniers bricolages, laver les housses de voiles ayant protégé les voiles des ardeurs du soleil égéen. Ranger et laver l'annexe. Vérifier les niveaux, l'état des batteries qui sur Anak accusent un peu leurs cinq années de fidèles services. Sortir de nouvelles amarres pour les quais à accoster tout seul.
A l'intérieur, tout doit être remis en place pour que rien ne vole au travers de l'habitacle durant les centaines de miles que je vais parcourir à vagabonder à nouveau avant l'hiver.
Sur Troll comme sur Anak, on ressort les cartes, les guides, on discute, on trace des routes selon les vents dominants et les courants. Et on compare, même si nos routes sont différentes, la Grèce n'est pas grande et nous savons que nous nous retrouverons.
On sait déjà qu'au gré des sites et ports il y aura des variantes et des arrêts non prévus, c'est toute notre richesse.

Ce qui importe désormais, c'est de se diriger peu à peu vers un endroit où on pourra, en novembre, jeter les amarres, bien à l'abri des coups de vents hivernaux

Le prochain article racontera septembre, la descente vers le Golfe Saronique, où en octobre, je vais peut-être retrouver ma fille, Nora, et Franck. Petite Lou, elle, ce serait alors pour l’année prochaine.

Coucher de soleil vu depuis Anak 

Voir les commentaires

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

1 - Des Sporades vers le détroit d'Eubée et le port d'Oreoi - sept.09

Anak quitte Elios. Beaucoup d’émotion lors de ce départ.

Elios, c’était la base d’été d’Anak, le défilé de quelques amis vagabonds, les rencontres sur terre de toutes sortes, la découverte de Troll et son joyeux équipage. C’était aussi la gentillesse et générosité grecque et un décor magnifique dont on ne se lassait pas.


Ciao, Elios !
Grâce à la plage à côté d’Anak, j'allais nager plusieurs fois par jour - faut maintenir la forme du pépère -, et tous les soirs on avait droit à de magnifiques couchers de soleil.

Mais le port est mal protégé pour s’y attarder à l’approche de l’hiver, et l’étrave d’Anak n’a pas terminée de découvrir d’autres coins de Grèce, d’autres ports et mouillages.
Puis, il y a l'arrivée de ma fille Nora et et son compagnon Franck en octobre pour une semaine de navigation dans le golfe Saronique. Il ne s'agit pas de trop traîner pour les retrouver au Sud d'Athènes.
La navigation vers Skopelos est toujours aussi belle, je finirai par la connaître par coeur, mais on ne s'en lasse pas.

Comme d'habitude, pas un pet de vent !
 La plage sauvage accessible en Zodiac
Mouillage


Il faudra aussi rajouter du gasoil, faire quelques courses, et hop, en route pour la traversée Skopelos - Sud Pélion, sans s'arrêter à Skiathos.

La première escale après Skopelos sera Kiriaki, que j’ai tant aimé en y passant une nuit lors de la sortie du détroit d’Eubée, ou Orei à l'entrée du détroit d'Eubée. 

Mais voilà, Éole en décide autrement, car à peine arrivé à Skopelos, www.meteo.gr annonce un violent coup de vent. Un bon petit Meltem de fin de saison, avec des pointes dépassant allègrement les 40 nœuds dans le port.

Tous les ferrys pour Skopelos sont déviés vers le petit port d’Agnondas ou de Loutraki, de l’autre côté de l’île.

Anak, lui, est sagement amarré, cul au quai, et avec 50 mètres de chaîne au fond de l'eau, il se sent prêt à affronter les éléments.

Surprise ! Samedi en fin de journée arrivent en droite ligne de leur base Sunsail à Skiathos, des voiliers de location plein d’anglais. L’arrière des coques est badigeonnée de fish&chips à la sauce tomate mal digérés, ce qui montre à quel point la mer est déjà déchaînée, mais ces pauvres clients Sunsail voulaient à tout prix rentabiliser leur semaine de location.
Ils vont être servis, le coup de vent est annoncé jusque mercredi-soir, avec des 7 Beaufort tantôt de nuit, tantôt de jour ! Et pour le mal de mer, peu de remèdes, à part le quai trempé ou les cachets..

Le coup de vent se réveille vraiment dans la nuit de dimanche à lundi. Cela court de tous les côtés à 3 hres du matin, amarres à rajouter, pare battages pour protéger, etc.
Les bateaux font des écarts brutaux, rappelés à l’ordre par les cordes qui claquent quand elles se tendent. Les rafales montent à 40 nœuds, et le vent hurle dans les haubans!

Anak, lui, ne bronche pas. Prévoyant la chose, j’avais mis mes gros ressorts amortisseurs sur mes amarres allant au quai. Donc pas d’à-coups violents et un sommeil plus tranquille.

Au petit matin, tout le monde est terré au fond de son bateau. Le vent souffle violemment droit dans les cockpits et il pleut à verse. Il est exclu d’ouvrir quoi que ce soit ; descente, panneaux ou hublots. Les vagues se brisent derrière la jetée et les embruns arrosent les bateaux de l’autre côté du quai.

Avec la timonerie d'Anak, pas besoin de me terrer en bas dans le carré. J'ai toute la vue du port, de la jetée, des vagues, bien à l’abri et confortablement assis devant mon PC.

Nous sommes lundi. Patience Anak, Kiriaki, au Sud du Pélion, c'est peut-être pour jeudi. Et selon le temps et le vent, vendredi, je décide si j'aurai le temps de faire un aller-retour à Volos où nous retrouverons alors au ponton du port nos amis Trolliens.

Et puis, ils ne sont pas beaucoup mieux lotis que nous, là-bas, à Volos. Comme nous à Skopelos : 40 nœuds de vent au quai ! Thierry vient de m'envoyer cette photo !
 


Le départ des Sporades pour Oreoi - Eubée

Ça y est, c’est le grand départ des Sporades.

 

Il est 6:00H du matin, je remonte mes 50 mètres de chaîne sans problème et en route pour contourner le sud de l’île, puis traverser vers la pointe de l’île d’Eubée. Un bon 45 miles pour aujourd’hui.

Pas le moindre vent pour contourner Skopelos. Un voilier allemand à du sortir juste après moi du port, et semble prendre la même direction. Il arrivera effectivement une heure plus tard qu'Anak au port d’Oreoi (Orei, Oreo, Oreios, Oréon).

Quand j’ai entamé la traversée, après le dernier cap, juste après Stafilos, j’avais le vent presque dans le nez. J’arrivais à faire un près très serré, mais cela n’avançait pas fort.

C’était pareil pour le voilier allemand qui me suivait. J’avais déroulé le génois, mais je devais appuyer au moteur.

Avant de partir, ce matin tôt, j’avais vite regardé la météo sur Internet, et elle annonçait un vent du Nord à partir de 11:30H ou midi.


Ciao, belles Sporades

Le soleil se lève derière Alonnisos

Du coup, j’ai décidé de rabattre plus vers l’ouest, donc droit sur l’île d’Eubée au loin, et non plus sa pointe plus au nord. Avec un vent un peu plus de travers, Anak s’est mis à accélérer. Évidemment, je faisais un grand crochet, mais si…. ce vent effectivement virait au nord dans quelques heures, j’allais pouvoir remonter le long d’Eubée et largement rattraper les miles perdus !

L’allemand a du me prendre pour un cinglé, et à bien sagement continué sa route en ligne droite.

Et bingo, vers 11:30H, le vent à effectivement viré plein nord, du coup j'ai pu redresser mon cap, et rentrer dans le détroit, cela m'avait fait gagner une heure !

Cela m’a aussi permis de longer un bout de la côte Nord-Est de cette belle Eubée. Deuxième plus grande île de Grèce après la Crète.

Dans l’embouchure du détroit, j’avais à bâbord la pointe nord d'Eubée, et à tribord le bas du Pélion.
On apercevait au loin le village de Trikeri (Ay Kiraki) en haut du massif. Plus bas, le joli petit port de Kiriaki où je m’étais arrêté au printemps dernier, et puis l’embouchure du golfe de Volos, avec la ville de Volos 17 miles plus haut.


J’hésitais donc. Est-ce que j’allais remonter vers Kiriaki et cette crique, ou continuer droit vers l’ouest et le port d’Oreoi ?

Le temps était très gris, la météo du lendemain pas géniale, le détour pas négligeable, bref, Kiriaki.., surtout quand la mer bouge, est une vraie montagne russe le long de son petit quai.
Le mouillage ou irait Troll est moins sympathique si le temps vire au gris. Et ils annonçaient de la pluie, ce qui se confirmait au baromètre.

Bref, c’est décidé, je verrai de toutes façons arriver Troll dans un des prochains ports en descendant le détroit d’Eubée, la météo n’est pas folichonne, je vais droit vers Oreoi !


J’arrive à Oreoi à 16:00h, ce n'est finalement pas trop mal pour 45 miles.
Je découvre un tout petit port adorable.


Marche arrière, 35 mètres de chaîne et me voilà à quai de ce port inconnu !

Je découvre une vraie petite station balnéaire grecque. Cad, des tavernas et bouis bouis, où tout est écrit uniquement en grec. On m’avait dit à Skopelos qu’en juillet et août s’était très bruyant !! Mais comme à Elios ou Skopelos, le 31 août, tout s’est vidé !

Cet endroit fut dans le temps une importante ville maritime. On aperçoit encore des bouts de ruines de l’Acropole qui dominait le port. En 1965, des pêcheurs ont remonté un taureau en marbre de l’époque hélléniste. Il est sur la place du village et demain je vais aller voir cela de plus près.



J'ai enfin trouvé le taureau ! Pièce de marbre immense, car grandeur nature! Hélas, il est enfermé dans une cage de verre aux vitres sales. Il est magnifique, et je fais au mieux pour prendre des photos.
Oreoi est donc hyper-calme et assez sympa. Immenses plages, comme partout sur Eubée. Des tavernas bien plus simples que celles de Skopelos. J’adore !







Mes allemands arrivent. Mon crochet m'a donc fait gagner une heure. Je les aide à attacher leurs amarres et je branche Internet à bord d’Anak. Je découvre un courriel de Troll me disant qu’ils ont abandonné l’idée de rester dans leur mouillage à côté de Kiriaki, l’ancre chasse, il ne fait pas beau, etc. Ils viennent donc directement à Oreoi !

J’ai donc bien fait de ne pas aller là-haut vers leur mouillage !

Ils ont aussi essayé de me joindre par VHF ou téléphone, mais en général, en mer, je coupe tout ! J'aime bien cette façon de naviguer en me coupant de tout.
Effectivement, un peu plus tard, je vois rentrer Troll dans le port !

Comme Thierry a toujours de grosses difficultés à faire des marches arrières correctes avec sa coque à quille longue, il lâche son ancre à 40m du quai, saute dans son annexe à moteur et m’amène un bout à terre.

Ensuite il fait marche arrière, et je le tire, pour qu’il reste bien droit. Un vrai batelier de la Volga, le skipper d’Anak !

Le soir, après un verre pour fêter nos retrouvailles.. ; cela faisait si longtemps :-).., notre ami Thierry a proposé d’aller manger une pita en ville.

Nous voilà donc partis chercher une pita au milieu des tavernas et boui-bouis.

Soudain, on voit un boui-boui bien sympa, et à l’intérieur, un grand grill vertical à brochettes avec de la belle viande qui tourne.

«  - et puis zut, on va là, je crève de faim et rien que l’odeur et la vue » déclare Thierry. Dans le boui boui, une jeune-femme nous fait un grand bonjour de la main.

On s’installe à une table, à 1 m du bord de l’eau – dieu sait combien j’ai regretté de ne pas avoir pris mon appareil photo ! Mais c’est toujours ainsi, c’est quand il y a un imprévu chouette qu’on ne l'a pas...-  Il faisait nuit, le port est éclairé, quelques ampoules dans les arbres, c’était vraiment très sympa et tout simple.

La jeune-femme s’amène, qu’est-ce que vous voulez boire ? Ena poteri sima aspro.. et elle amène une petite canette de vin blanc et trois verres et nous demande ce que nous voulons manger. Pas de menu, tout ce fait verbalement.

On explique que seul la viande sur le grill nous intéresse. Pas de salade, feta, etc. ? Non, non, juste la viande !

Mauvais clients ? Non, on n’est pas en France ! C’est le sourire total, et c’est bien un des charmes de la Grèce, pouvoir rester assis des heures avec juste un café, ou demander une seule assiette pour deux, ça leur est complètement égal !

Elle amène nappe en papier, couverts, etc.

5 minutes après arrivent trois assiettes de viande grillée, du porc, un régal dont vous n’avez pas idée. Viande fondante, mais grillée craquante à l’extérieur. Avec cela on reçoit une grande corbeille de pain grillé passé à l’huile d'olives et épices, tout chaud.

Grand silence à table, tant c’était bon.

On a terminé, on bavarde, et soudain la jeune-femme réapparaît avec une assiette sur laquelle il y a plein de dés de melon, pêche, pastèque, etc. A nouveau un grand sourire sans rien dire, car le dessert rafraîchissant est gratos.
Cela me rappelle Trizonia l’année dernière. J’avais commandé une Mythos le soir dans le petit port. Et après la bière, on m’amène un café gratuit.

Crevés tous les trois, Thierry demande la note. 21€, vin, viande, pain, couvert, tout compris, (et le dessert !) bref 7 Euros par personne ! Et assis au bord de l’eau dans une ambiance sympa, il n’y avait pas un seul étranger sur toutes les terrasses hormis nous !

Je suis rentré sur Anak, crevé de cette longue journée de voile, pour découvrir ce matin un ciel bien plombé qui s’accordait bien avec les gouttes de pluie résonant sur Anak.

Là le vent s’est levé, a chassé la pluie, hélas pas les nuages, pourtant mes panneaux solaires n’attendent que cela !



 
Recette inédite de mousse au chocolat façon Troll

Courriel d’invitation à venir prendre un goûter sur Troll ! La méthode est drôle, Troll est à 10m, mais on a une excuse, il pleut non-stop, et nous, petits marins, on a horreur de l’eau douce.

Donc à17h, je me présente sur Troll, salivant à l’idée d’un goûter belge : immense tartine de fromage blanc, une couche de radis, de la ciboulette, poivre et sel !!!

C’est beau les rêves….

Surtout quand ils se transforment en….

MOUSSE AU CHOCOLAT !

Hé oui, notre ami Thierry avair acheté du chocolat noir grec, mais comme il n’est pas mauvais, il a préparé une mousse au chocolat absolument délicieuse. Ce coquin savait que j’adorais cela, et que je n’en avais plus mangé depuis des éternités.

Et m’avouer que c’était la première fois, et avec un fouet mécanique, comme le mien à bord d’Anak !

Et elle était vachement bonne. J’ai même pu lécher le bol !

La présentation était originale. Je ne sais s'il remontait au vent, et que Troll gîtait fort, en tout cas, voyez le résultat :
« La mousse en gîte et au chocolat de Troll »

Sale mec, tu m'avais pris en photo !
Copyright Troll


Voir les commentaires

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

8 (2) - Le fameux pont de Chalkis, et Eretria


 

J’étais arrivé le 10 septembre à Oreoi, et là, nous sommes déjà le 15 ! Éole en a décidé ainsi, un bon coup de vent ne donnant envie à personne dans le port d’aller se balader en mer.

Donc, aujourd’hui, 15 septembre, en route pour Chalkis avec un arrêt à Limni et Politika. Anak est propre et lavé, les pluies diluviennes ont nettoyé et désalé le pont, les cordages, et tout ce qui traîne dehors ! Finalement, elle a du bon aussi, cette pluie. Enfin, là, le départ sous la pluie, c'est moins drôle, et cela risque de durer toute la matinée. Vive la timonerie bien abritée d'Anak !
 Gris, non ?
Évidemment, après un coup de vent, c’est la pétole. La mer méditerranée tient à sa réputation !

La côte d’Eubée est toujours aussi belle. Des maisons parfois isolées, tout au bord de l’eau, font rêver.








































Je passe le cap Vasilinas vers 10:15h. Le courant y est très fort, et normalement, il est conseillé de contourner les îles face au cap, plutôt que de se risquer dans le petit passage.

Des bateaux qui ont quitté Oreoi en même temps que moi contournent sagement les îles, mais voyant Anak accélérer de plus en plus en s’approchant du cap, j’opte pour le petit passage.

Un régal de courant et remous qui me propulse de l’autre côté!

Vers 15:00h, je vois le port de Limni.

J’avais fait cette route au mois de Mai en montant vers les Sporades. Au cap Vasilinas, même chance qu’aujourd’hui, mais dans l’autre sens ! Le courant m’avait aussi évité le détour autour des îles.

Limni est un petit port tout en longueur. Impossible de virer dans le port. Vaut donc mieux bien voir s’il y a de la place et comment y aller, car après : marche arrière !

Au mois de mai, le port était presque vide. Là il est plein de bateaux qui hivernent, ainsi qu'Amarante, un voilier français, et un voilier allemand, tous deux partis d'Oreoi bien avant moi.

Il reste juste de quoi amarrer Anak au bout du quai.

Les amis allemands et français sont là pour m’aider, et j’amorce ma manœuvre pour rentrer dans le port. Un vrai virage en épingle à cheveux, tellement c’est étroit !

Le vent souffle un peu, et en pleine manœuvre, je réalise que si j’utilise le vent et le pas de mon hélice, mon bateau, avec des petits à-coups de marche arrière, va virer tout seul devant le quai, et que  j’aurai alors l’étrave tournée vers la sortie pour demain-matin !

Cela se fait sans problème et voilà Anak à nouveau amarré à Limni.

Je pars chercher du pain et un peu de nourriture. Hélas, plus de pain..

































Tant pis, j’ai de quoi continuer à bord : Du pain industriel en tranches, absolument dégueulasse, sans aucune propriété nutritive, mais cela dépanne.

Le lendemain matin, je pars pour Politika. Politika est un petit port méconnu, à 6 miles au nord de Chalkis.

 Ciao, Limni
La côte de l'île d'Eubée devient vraiment majestueuse !
































































   
Juste un quai, des robinets partout, et des pêcheurs. J’adore cet endroit, le calme absolu, les pêcheurs qui vont et viennent, et la berge tapissée de petites tavernas sous les arbres.


A peine arrivé, je vois le voilier de mes amis allemands de Limni qui vient s’amarrer derrière moi.

- "Gutentag ! On est venu t'amener du pain, ce matin-tôt, on a foncé en ville en chercher, et comme on sait que tu n'en avais pas trouvé, en voilà un. On savait que tu t’arrêtais ici !"

Trop chouette ! Ils ne veulent même pas que je paie le pain. Ils repartent de suite, désirant passer le pont de Chalkis la nuit prochaine. Politika est un petit port plein de couleurs.

Le charpentier de marine..
Les pêcheurs et leurs filets.













Deux heures plus tard, arrive Amarante qui voulait voir de près ce petit port dont je leur avais parlé.

Le lendemain matin, départ pour Chalkis, et son fameux pont au courant terrible, et qui fait trembler tous les plaisanciers qui remontent ou descendent le détroit d’Eubée !

Ce passage est une légende. Tite-Live, Cicéron, Pline et Strabon en parlent. On dit qu’Aristote s’est jeté dans le chenal, dépité de ne pouvoir expliquer le rythme et phénomène des courants du chenal. Le premier pont remonte à 411 av. J.C.. Justinien le remplaça par le premier pont mobile. En 1896, c'est nos petits belges qui construisent le premier pont pivotant de Chalkis. Et c'est en 1962 que fut construit la mécanique complexe du pont actuel : pour l'ouverture, les deux parties du pont descendent d’abord d’un mètre, et puis glissent comme des tiroirs longs de 15m, chacun de son côté sous la chaussée ! Plus simple on ne pourrait pas faire.

Le passage de l’eau sous le pont fait 30m de large, et selon les courants sud ou nord, c’est tout le détroit nord ou sud qui pousse l’eau à travers ce goulot. Les gardes-côtes n’ouvrent le pont qu’une fois dans la nuit, essayant de calculer au mieux le moment de la renverse des courants pour un passage plus aisé de ce goulot.

Ciao, Politika

En arrivant, il y a un quai en ville où il est possible de s’amarrer. Ce qui est curieux pour un endroit aussi dangereux, c’est que rien n’est prévu pour attendre l’ouverture du pont. Le quai est en pleine ville, il y a des anneaux, mais la plupart sont à moitié descellés, et on peut comprendre pourquoi, vu le courant.

 Les courants
Je me mets donc le long de ce quai, avec beaucoup de courreries pour m’attacher au plus vite. Heureusement, Amarante est déjà là et ils viennent donner un coup de main.

Anak à Chalkis
Les propriétaires d’Amarantes sont un couple français à la retraite, et qui sillonnent la Grèce et la Turquie depuis des années.
Ils laissent chaque année Amarante en hiver quelque part dans un chantier bien au sec, pour repartir découvrir cette partie de la Méditerranée dès le printemps.
Si on leur demande quand ils vont rentrer en France, ils vous regardent presque gênés : mais on n’a plus du tout envie de rentrer en France !
Ils veulent donc continuer leurs balades en Grèce, en laissant tomber la Turquie où les prix explosent partout !



Je vais chez les gardes-côtes pour connaître l’heure de passage. La dernière fois, c’était 23H. Ils me disent de mettre ma radio VHF en veille à partir de 22H, mais que le passage ne se fera pas avant minuit. Un cargo monte du Sud vers le Nord, donc il est prioritaire.

En réalité, le cargo ne se pointera qu’un peu avant 3H du matin. Il faut foncer dès que le cargo est passé !

Et il y a de quoi ! Le retard du cargo fait que la renverse a commencée. Le cargo était poussé par le courant, mais pour nous c’est le contraire ! Et quand on sait que cela peut monter jusque 6 nds…

Résultat : cela bouillonnait sec au pont.

Un voilier à côté de moi avait mis son petit 16cv à fond, plus son moteur hors-bord !!
Il m'empêchait d'être plus au milieu, car lui n'osait plus bouger de sa trajectoire, ayant trop peur dese mettre en travers, poussé par le courant. A priori, je le comprends, il devait mouiller son pantalon de peur, 16cv et un tel courant !

Bref, Anak à 2500t/m a arasé les murs du pont, un petit bonjour au mécano du pont, médusé : (-« encore un belge, tous cinglés ! »), dans son tunnel-tiroir-pont.



Un appel à la VHF (caméras) : "Anak, not to close on the side!", plus une engueulade à mon voisin quand son écran a expliqué pourquoi. Lui ne devait rien entendre avec deux moteurs qui hurlaient.

Mais bon, les 80cv d'Anak ont bien aidé, on passe donc sans encombre sauf qe mon sweat est plus mouillé que normale :-(. 
Vrai que mon cinoch perso habituel tournait full speed en 35mmm :  le moteur qui s’arrête, Anak qui se met en travers du passage, tape dans le mur, puis dans le voilier derrière qui explose, tout le monde à la flotte et j’en passe. En haut sur la route tout le monde applaudit : Olé ! Olé !
A priori, prévoir le pire fait sourire..

Moins drôle, je m'étais mis en tête que c'était 13€ le passage, en réalité, cet a.m. je dois payer18€ et des poussières, râlant de voir un peu de budget nourriture disparaître.

Moral déjà pas terrible dans la journée, j'ai décidé, tant qu'à faire, 18€ pour un pont, je puis bien en prendre un peu plus pour me soigner.

Bref, je suis allé chercher une Pita, ce n'était plus le pont mais le pied, car à 1,80€ la pita, voilà qui n'est pas cher ! Et cela change des pâtes et pommes de terre du marinero solo paresseux en cuisine.

Rentré sur Anak, j'ai fait cuire une tomate à la poêle, je rajoute une patate précuite, dépose ma galette pita bien déroulée au-dessus, et j'ai bien mangé pour pas grand-chose. Un régal !

Là-dessus, avec mon sens de l'économie bien connu…., toujours pour remonter le baromètre du moral : une bonne glace industrielle, aussi bien moins chère qu'à Elios, c’était déguelassement bon !
Et j'étais rentré somnoler, la VHF à fond pour ne pas rater le départ!

Après les émotions du pont, je prends la direction de la marina que tout le monde m’annonçait pleine. Mes amis Trolliens, passés la nuit avant, et de façon mouvementée (http://lepetitmondedetroll.fr/septembre2009/index.html) avaient jeté l’ancre dans le premier élargissement après le pont. Je n’aimais pas cette solution peu sûre.

Arrivé au premier ponton de la marina, je découvre dans le noir 15 m de place libre. S'y amarrer, même de nuit fut un plaisir. Puis vite courir à un autre ponton pour indiquer une place à Amarante qui avait voulu me suivre dans le noir, tous deux encore un peu affolés par le courant du pont. Je déculpabilisais, c’était eux, le voilier dans mon cinoch, qu’Anak pulvérisait en deux morceaux  et avec leurs propriétaires me rejoignant dans le courant !

Encore un peu énervé par ce passage, j'ai préféré ensuite lire afin de me calmer avant de dormir. Au passage, je recommande : 'Le chateau blanc' d'Orhan Pamuk, un chouette livre.

 

Anak au ponton, après le passage du pont
 Ciao, Chalkis !
Ce matin, départ cool pour Eretria ou port environnant, où se trouvent Françoise et Thierry sur Troll. Ainsi je vois à quoi ressemble ce coin.

Un dernier coup d'oeil à la météo, et je file.

 

ERETRIA

 

Grasse matinée et café sur Amarante, il est 10:45h. Ils décident de se reposer de leurs émotions et ne partir que demain. On est le 18 septembre, je préfère continuer à tracer doucement ma route pour retrouver Nora et Franck le 10 octobre à Égine. J’ai donc le temps, mais un coup de vent est annoncé à la sortie sud d’Eubée, autant attendre dans des endroits plus sympas que Chalkis. La marina est juste à côté du port industriel, bruit, poussière, beurk !

Et me voilà parti pour Eretria où je vais arriver vers 14:30h. De loin, on reconnaît l’endroit, car c’est un ballet incessant de bacs qui relient Eretria au continent en face.



En rentrant dans le port, je vois Troll à l’ancre. Un peu plus loin, 'Mayera', le voilier de leurs amis qu’ils devaient retrouver ici. Personne en vue.



Troll - Mayera - Anak

Je regarde où jeter l’ancre, 6m de fond, si je lâche 35m de chaîne, je suis tranquille. Le tout est de se mettre assez loin des autres pour que, si le vent tourne, je n’aille pas emmêler nos chaînes ou taper l’un contre l’autre.

Ma chaîne déroulée, je fais une bonne marche arrière, ça tient ! Anak ne veut pas reculer !

Un peu après, apparaît à côté de la coque d’Anak la tête de notre illustre Trollien : Thierry. "On ne t’a pas vu arriver. Viens, tu es invité à boire le café sur le bateau de nos copains!"

Et voilà un café de bienvenue et bienvenu après la nuit passée. Et la découverte d'un autre couple très sympa sur un bateau qui ne l’est pas moins. C’est qu’ils ont tous le même look, ces bateaux de voyage et leur bordel dehors, cordages, caisses, jerrycans, ou dedans: souvenirs, livres, etc..
C’est vivant, on est loin des voiliers aseptisés et nickels, alignés dans les marinas de l’Europe de l’ouest !



Je vais passer une nuit géniale. Il y a de quoi, la nuit précédente je n’ai finalement que mal dormi et quelques heures seulement.

Ce soir, je me fais des pâtes, - je sais, c’est original…, avec deux œufs sur le plat, - je sais, c’est encore plus original ! Je suis tellement fatigué que je laisse tomber le pot de sel sur les œufs. Tant pis…

Pff, les litres d’eau que j’ai bu après ce repas !

J’ai regardé un film sur mon pc, pour m’endormir après aussi sec…, assoiffé !

Ce matin, Troll traverse le détroit pour aller voir Zacharias, le patron d'un chantier naval qui est juste en face. Le bonhomme a une réputation de sérieux, efficacité et honnêteté. Et Thierry voudrait faire un diagnostic précis de son moteur. Il ne connaît rien en mécanique, et son moteur lui donne trop de soucis ces derniers temps. La sagesse et la tranquillité d'esprit ont décidés pour ce choix, quitte à rester un peu coincés dans le coin.

Mais c’est tellement important : avoir confiance en son moteur !

Personnellement, j'attends de ses nouvelles. Zacharias a proposé que je vienne passer 48h dans le petit port de Chalkoutsi, à côté du chantier, mais il devait d'abord demander si cela était possible à l'autorité du port. Et ce genre de décision au rythme grec, ce n’est peut-être pas pour aujourd’hui. Quelle importance ?

Si oui, je traverse ce soir ou demain matin, pour voir à quoi ressemble ce coin là. Si non, je continue direction Sud, me mettre à l’abri du coup de vent annoncé, ce dans un mouillage dans la belle baie d’Almyropôtamos, puis après,  doucement direction Égine !

C’est qu’il y a du boulot avant l’arrivée de Nora ! Ménage, nettoyages et grosses lessives. Tout préparer pour que, dès leur arrivée et si la météo veut bien, on puisse partir pour Palaia Epidaures et Poros.

5 jours à bord, espérons qu'on puisse faire un maximum d'escales!
En attendant, quelques photos d'Eretria, qui est un petit port surtout animé par les bacs incessants entre Eretria et Oropo sur le continent; En été, c'est très touristique et fréquenté par des athéniens. Eretria s'appelle aussi Néa Psara. Les Turcs massacrèrent en 1822 les habitants de khios et de Psara. Lesc survivants vinrent se réfugier ici.







































La lutte contre l'obésité grecque.























Dernières nouvelles : Le port où est Thierry me donne une place, mais à 15€ la nuit !
Bref, non compatible avec mon budget; La météo s'en mêle, le coup de vent s'accélère et je pourrais bien me retrouver demain avec un force 7, là exactement où je veux aller. Une fois que j'y suis, pas de problèmes, c'est abrité, mais c'est y aller !
Et rester coincé deux ou trois jours dans un baie. Donc, pourquoi ne pas rester sagement à Eretria, attendre que cela se calme, et puis on verra!
Et, si l'ancre d'Anak tient bien, peut-être prendre le bac et aller dire bonjour à Thierry et voir à quoi ressemble ce coin-là ? Inch Allah ! Il n'est pas beau, Anak au mouillage ?
 
:

Anak au mouillage, le soir, photo prise du bac Oropo - Eretria

Voir les commentaires

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

8 (3) - ERETRIA – CHALKOUTSI - et le moteur de Troll !


 

Les choses se précipitent ! Nos amis Trolliens, qui sont à Chalkoutsi, viennent de m’envoyer un courriel, suivi d’une longue explication à la radio VHF.

Un mécanicien du chantier de M. Zacharias, à Chalkoutsi, a examiné le moteur de Troll. Diagnostic : Le moteur a avalé de l'eau lors d'une inondation de la soute à moteur quelques jours avant. Cela, et l’état général du moteur Perkins 45 CV de Thierry font que l’avis du mécanicien est sans appel : il faut sortir le moteur, et soit le ‘refaire’ complètement, soit mettre un nouveau moteur. Thierry, par souci de tranquillité, opte pour cette deuxième solution.

M .Zacharias, que je rencontrerai plus tard est un homme absolument charmant, et propose à Thierry de l’emmener au Pirée voir plusieurs moteurs. Moteurs, Solé, Perkins, Lister-Petter, etc.

Pauvre Thierry, la mécanique, c'est pire que du latin pour lui, notre Skipper de Troll à le Trollomètre à zéro ! Du coup, Thierry me demande de traverser d’Eretria vers Chalkoutsi avec Anak, de m’amarrer à côté de lui où il y aurait une place de libre, et de les accompagner au Pirée. Il ne connaît rien en moteurs, et croit que ma petite expérience pourrait l’aider à faire un choix.
Et M. Zacharias est d’accord.

Entre-temps, je me renseigne de suite via Internet sur les prix de ces moteurs en France.

C’est absolument édifiant ! En dehors de Midif à Sète, une entreprise on ne peut plus sérieuse et honnête, tous les prix que je reçois sont presque le double des prix que M.Zacharias nous donne pour des moteurs identiques au Pirée !

Le Solé est annoncé à plus de 10 000€ en France, et 6 000€ en Grèce ! Le Solé est un moteur 4 cyl de 45ch sur base Mitsubishi, avec son inverseur compris dans le prix. Midif a le même moteur et est le seul à s’aligner sur les prix grecs. Le moteur Vetus est identique à ceux-là! 
Le Perkins, n’en parlons pas, ils doivent confondre avec un moteur Rolls-Royce en France ! On peut vraiment se poser des questions sur les marges dans le milieu de la plaisance française.

Je vais donc partir le lendemain matin pour Chalkoutsi, oh, rien de bien loin, le détroit d’Eubée fait 6 miles de large à cet endroit !

Le soir, je vais manger sur Mayero, invité par Chantal et Jean-Marie, un couple très sympathique.

Agriculteurs en France, ils partagent leur temps depuis des années entre leur ferme et leur bateau Mayera qui lui, reste en Grèce ! Jean-Marie est bon cuisinier, on se régale, on discute, on rit beaucoup, c’était bien agréable !

Mieux encore, ils me demandent s’ils peuvent traverser demain le détroit sur Anak jusque Chalkoutsi.
Ensuite, ils reprendront le bac pour rentrer à Eretria.

Deux moussaillons à bord, et pas des moindres, je suis comme un nabab, je ne dois plus rien faire !
Quel confort !
Evidemment, le peu de vent, on l'a dans le pif, et c'est donc une longue risée Leyland jusque Chalkoutsi.





Ils apprécient le déplacement lourd qu’est Anak. Effectivement, mon gros char de 12 T  traverse la petite houle comme le Queen Mary, tout en douceur.

Arrivée fiesta, Thierry qui nous attend au bout de la jetée, nous mitraillant avec son appareil photo.


De loin, il m'indique une place à côté de Troll; Pas très large, sa place !


Ca y est, jean-Marie attache la pendille - car ce port a des pendilles ! - et c'est les retrouvailles avec nos Trolliens.


Ciao, Chantal et Jean-Marie, on se reverra peut-être à Porto Rafti ou cet hiver dans le Saronique.

Thierry me montre son moteur. J'étudie la culasse avec lui.
Hé oui, il y a du dégât, et son idée (et souhait) de changer de moteur est peut-être la meilleure solution.

Aller-retour dans les Z.I. du Pirée :
Nous partons donc le jeudi 24 septembre dans la voiture de M. Zacharias pour le Pirée/Athènes.
L'entrée des villes, comme dit Thierry : cela pourrait être Athènes, Paris, Lyon, Bruxelles.. elles se ressemblent toutes, et surtout, elles sont toutes aussi moches.
Nous arrivons en Z.I. spécialisée en moteurs marins. Il y en a partout, et pareil pour les shipshandlers; Voilà qui est intéressant, on ne sait jamais.

Des gens compétents et charmants nous présentent des moteurs neufs. Mais chez Solé, après avoir montré un 45CV en vitrine, le commercial propose à Thierry un moteur Solé identique d'occasion, mais ayant tourné peu d’heures, et révisé complètement par Sole. Avec garantie constructeur d’un an. Et ce pour quasi la moitié du prix d’un neuf ! On va réfléchir, car M. Zacharias veut nous emmener voir plusieurs marques.

Chez Lister-Petter, nous admirons les moteurs Lister, de renommée mondiale, mais surtout spécialisés en groupes électrogènes. On les rencontre dans le Sahara, forêt vierge, etc.
J’avais un groupe électrogène Lister à bord de notre péniche à Bruxelles dans les années 70. Mais lui aussi présente un Lister d'occasion de 45 cv. Une merveille de mécanique et de sérieux. C'était le moteur d'un pêcheur, qui, l'ayant à peine installé, a acheté un plus grand caïque et donc fait installer un Lister plus puissant.
Lui aussi propose ce Lister à quasi moitié prix. M. Zacharias et moi, on se regarde : ben oui, c’est le top !

J'avais emmené un mètre ruban, et M. Zacharias prend diverses cotes, dont la largeur des carters. 

Nos têtes pleines de moteurs, nous rentrons à midi tous les trois sur Troll où M. Zacharias vérifie quelques mesures. Hélas, le carter du Lister est trop volumineux pour passer dans le berceau de moteur sur Troll. Il reste à peine 1 cm de chaque côté!
On se rabat donc sur le Solé.

L'après-midi, Thierry et moi passons un moment à faire une liste des choses a demander en plus. Il veut un alternateur marin plus puissant, et faire une liste de pièces de rechange. Courroies, filtres, etc.. Il faut aussi prévoir une rallonge pour le cablage entre le tableau et le moteur.

Le soir, nous fêterons cela au restaurant. Thierry est heureux, sont budget prévu est réduit de presque moitié ! Par contre la note du resto elle est doublée, on est victime de tourist-prices, et de l'absence de clients… Bof, je dis à Thierry : « Je m’en fiche, de toutes façons, tu m’as invité ! »  Il éclate de rire, adorant l’humour mordant. Sacré Thierry, il va me manquer.

Il ira le lendemain voir M.Zacharias pour confirmer son achat chez Sole, donner un acompte, transmettre notre liste pour avoir un prix définitif, et discuter des modalités et calendrier des travaux. Le tout serait terminé, installé, aux alentours du 10 octobre.

Ma mission.. :-( est terminée, vendredi-matin, je quitte Chalkoutsi après de grandes embrassades. On se reverra cet automne quelque part dans le Saronique, ou le long du Péloponnèse. Et si on se retrouve dans un port cool, on prend le temps de réviser ses installations électriques un peu merdiques. Et moi, j’adore ça ! (pas les installations merdiques, les installations électriques !)

Et voilà Anak en route pour Ormos Almiropotamos, une grande baie sur l’ile d’Eubée, où je vais aller mouiller pour la nuit.

 
Ciao, Chalkoutsi !

3b - CHALKOUTSI – PORTO RAFTI

Pétole, pétole. Comme toujours… ou trop, ou rien du tout !



Ayant quitté Chalkoutsi vers 11:00h, et n’ayant que 17 miles à faire, j’arrive à Almiropotamos vers 15:15h. J’étais déjà venu dans cette belle baie au printemps, et je vais jeter mon ancre exactement au même endroit.





La baie est hyper abritée, Anak erre sur son mouillage, je puis dormir tranquille.

L’aller-retour à Athènes, le partage des soucis de Thierry et Françoise, mes propres soucis, tout s’envole dans la quiétude de ce bel endroit.
Et je dors comme un bienheureux, ce qui est rare au mouillage.

Ce matin, je me lève à 6:00h pour lever l’ancre une heure plus tard.

Le jour ne s'est pas encore entièrement levé..

Et le soleil lui, se lève en agitant les grands bras des éoliennes en haut des collines.

La baie fait près de 2 miles de profond. Très belle, à l'entrée à tribord il y a une grande ferme aquacole.

Je croise un pêcheur qui me lance un chaleureux 'kalimera!' 
Le vent sera au rendez-vous, oh, pas trop, mais durant quelques heures, un bon vent arrière me permettra de tangonner le génois à bâbord, et de mettre la grand-voile à tribord. L’artimon lui reste sur sa bôme, j’ai peur qu’il ne dévente les voiles avant, heu…, ou alors je n’ose avouer ma paresse !

A la sortie de la longue baie (2 miles), je pique droit sur les îles Nes Verdougia et je passe entre les deux.





Mon cap sera constant jusqu’à l’entrée de la baie de Porto Rafti : 189°.


J’arriverai à Porto Rafti vers 12:00h. Une belle navigation avec ce vent arrière qui me donne une moyenne de 4,5 à 5 nds.


 

Arrivé dans la baie, très belle, je longe la partie nord et les belles résidences de riches Athéniens.

Oh, celle-là, innachevée et cachée par les arbres me plairait bien!
Mais bon, Porto Rafti, c'est un peu snob et trop près d'Athènes !
Je me dirige vers le côté NW où pas mal de voiliers sont au mouillage ; Le vent souffle pas mal, mais l’eau par contre ne bouge pas, à part un léger clapotis. La profondeur de la baie et les îles à l’entrée empêchent les vagues de rentrer.

Je tourne en rond. Un quai? Non, que deux bateaux alors qu’il y a plein de place, ce ne doit pas être un bon endroit. Mes amis Philippe d’Eretria, et Jean-Marie et Chantal de Mayero m’avaient dit de mouiller ou de chercher un corps mort. Je ne vois pas Mayera, ils sont peut-être partis avant le coup de vent annoncé pour cette nuit.

Je passe entre les voiliers au mouillage sur corps morts. Qu’est-ce qu’ils sont serrés !

Apparaît une petite annexe avec un homme qui vient droit sur moi. Il n’a pas l’air grec ; Hello, bonjour, goedendag, gutentag, buenos dias, il retient le gutentag.. En réalité, de loin, il a pris mon drapeau belge pour un drapeau allemand! Ce n'est pas la première fois!
il me dit de me mettre à un corps mort.

Chouette ! C’est effectivement le plus simple, et il m'indique une belle bouée rouge au milieu des autres voiliers. Avec le vent qui n’arrête pas de forcir, je calcule comment faire une courbe au milieu des bateaux pour me présenter face à la bouée – et le vent, et ne pas dériver avec mon gros char d’Anak contre un autre bateau.

Le premier essai est raté. L’allemand essaie de me passer la bouée à laquelle est attachée une amarre qui elle est fixé à un plot en béton au fond de l’eau : le corps-mort. Mais c’est trop lourd, et l’avant d’Anak très haut ! Ayant couru à l’avant pour attraper la bouée, je refonce vers la timonerie pour donner plein gaz, car le bateau derrière commence à flirter sérieusement avec l’arrière d’Anak. Fichu vent !

Cette fois, je me représente, je lâche les commandes et la manette de gaz, et crie à l’allemand que je vais lui jeter une amarre. Je jette l’amarre, je refonce donner du gaz pour redresser Anak et refile à l’avant. L’allemand a attaché l’amarre à la bouée, et je tire. Ouf, Anak se stabilise, cette fois bien attaché.

Le reste est de la bricole, attraper la corde qui part vers le corps mort. Tirer – fort, car j’ai le vent dans le pif qui pousse Anak, et personne pour donner un coup de gaz, et hop, la boucle est enfin fixée sur le taquet tribord.

Je vois dans l’eau une deuxième corde attachée à celle que je viens de tirer.

Je sors la gaffe, je l’attrape aussi, encore tirer comme un forcené, et celle-là ira rejoindre le gros taquet avant bâbord.

'Danke, danke', je remercie mon allemand vraiment très gentil, car seul, sans faire de casse, c’eut été du sport !

Je laisse mon ancre prête à être jetée à l'eau, des fois que ce corps mort ne serait pas fiable ! On ne sait jamais !

Bon, tout cela maintient en forme ma vieille carcasse !

Ce soir, cool à bord, patates à la poêle, un bon livre et basta !


Cette nuit, coup de vent annoncé, on verra bien. D'ailleurs, cela commence !

 Mais je mettrai l’annexe à l’eau, car il y a un ponton pas loin, et du pain frais, c’est pas mal.

Surtout que ce coup de vent est annoncé pour deux jours ! 
Effectivement, cela va souffler toujours plus fort toute la nuit et ce matin.

Je reçois un message sur la VHF. Mayero est à l'ancre de l'autre côté de la baie! Je ne les ai pas vus en arrivant. Trop bête, mais pour l'instant, vu le vent, pas question de traverser en Zodiac!
 
Flèche rouge : Mayero
28 septembre - Lever de soleil. Porto Rafti est considéré comme étant un port et mouillage très abrités. Le vent force 7 qui sévit dans le détroit d'Eubée nous secoue pourtant très fort. Seul l'eau reste relativement calme, abrités comme nous sommes par la baie et ses îles à l'entrée. Cela se calme demain, et je pourrai enfin aller à terre faire des courses.

29 septembre - Calme plat au réveil ce matin, j'en avais presque le mal de mer !
Je regarde la météo en sirotant mon café et en mangeant, faute de pain, mes galettes farine, eau (plus de lait !)  et sel dans la poêle. Elles me font penser au galettes de pains ronds en Afghanistan en 1974, si ce n'est qu'elles étaient cuites dans un four sur un lit de galets.
Quelle différence! Mais bon, avec ma marga Bitam qui fait fuir tout le monde et le bon miel grec, ça passe très bien! 

Chouette, je vais mettre l’annexe à l’eau, et comme il y a un ponton tout près, et que je suis foncièrement paresseux, je vais y aller à la rame. Inutile de défaire le moteur hors-bord pour le mettre dans l’annexe. Trop de boulot !

Je vais faire des courses, tomates, oignons, courgettes, lait, marga Bitam J, et quelques fruits. J’ai trouvé un petit super-marché pas cher (ne confondez pas avec un Carrefour, ce genre de temples de la consommation n'existent pas ici, et c'est tant mieux!) 

Je retourne sur Anak.

J’ai encore un problème administratif à régler, et je téléphone à Nora via Skype. Comme elle a mon dossier bancaire, elle est mieux apte à transmettre des documents urgents. Comme avec Lisa, pas besoin d’attendre, un courriel arrive très bientôt : c’est fait ! Quelle efficacité, ces deux là !

Proutt proutt, un hors bord assez bruyant. C’est Philippe, rencontré à Eretria, qui a un deuxième voilier sur corps mort ici à Porto Rafti, et qui vient dire bonjour. Le hors-bord bruyant, c’est son Honda 4 temps refroidi par air. Ils font un peu plus de bruit, mais polluent moins et sont de belles mécaniques.

On bavarde, la route de demain, l’endroit idéal où mouiller avant Egine, trop lointaine pour y aller en une seule étape.

Philippe à peine reparti, voilà Chantal et Jean-Marie, qui comme moi, profitent de l’accalmie pour foncer faire des courses.

Ils ont aussi des choses à envoyer via Internet, autant profiter de la connexion d’Anak.

On boit un café, et, étant sur un corps-mort dont je ne connais pas le propriétaire, je décide de les rejoindre de l’autre côté de la baie. Il y a un corps de libre, et là aucun risque de voir quelqu’un venir réclamer.

Vers 14h, Anak vibre à 1500 tours/minute. Je défais l’amarre du corps mort, prépare mes gaffes, et en route pour l’autre côté.

Arrivé sur place, Jean Marie a déjà sauté dans son annexe pour m’aider à prendre le corps mort.

Moment de panique, il est devant Anak, mais l’étrave d’Anak est importante et haute : »Ciel, où a-t'il passé ? » Vite marche arrière, et je vois sa tête. Je crie : « je ne te voyais plus, je croyais que je te rentrais dedans ! ». Je fonce à l’avant, saisi l’amarre du corps mort, et voilà


Anak est cette fois de l’autre côté de la baie, à quelques dizaines de mètres du bateau de Chantal & Jean-Marie, et celui de Philippe.
La vue de la baie change complètement.

Avant de tout ranger, je décide vite de vérifier mes niveaux d’huile et filtre eau de mer, comme cela, je suis prêt à partir demain.

De loin, je vois Jean-Marie et Philippe sur le bateau de ce dernier. 5 minutes après,

je découvre Philippe en haut de son mât ! Il y a toujours quelque chose à faire sur nos barque

Dernière soirée à Porto Rafti. On mange sur Mayero, invités par Chantal et Jean-Marie.

Purée, ce que vs avez raté !

Au menu :

Anchois sur canapés de courgettes al dente à la vinaigrette porto rafti - recette JMarie

Salade d'épinards eubéens aux champignons érétriens - recette Kate

Pâtes chinoises Tien an Mien aux rondelles de viande raftiennes - recette J.Marie

Salade de pommes & oranges Proton au jus sucré à la vanille antillaise - recette bibi

Et tatches de mouillages, ou philosophiques et existentialistes jusque tard dans la nuit.

Tout cela arrosé d’un petit vin rouge grec pas dégueu !

 

 



Le premier, réveillé, c'est moi, preuves en photos :

Demain, 30 septembre,départ pour la baie Ak Sounion, le cap le plus au Sud de la côte Attique, et que je dois contourner pour rejoindre Egine. Terminé le détroit d’Eubée et sa belle navigation !

Quelle apothéose pour ce mois de septembre riche en divers évènements :
le cap Sounion !

Si le temps est clément, j’y jetterai l’ancre et je pourrai admirer sur la colline le magnifique temple de Poséidon qui surplombe la mer.
Il a été construit autour de 444 av J.-C., sur un plan d’Héphaïsteion d’Athènes.

Quelle belle image avant de commencer octobre, et mon arrivée à Egine !
Et Nora le 10 ! 

Voir les commentaires

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

8 (4) – Le cap Sounion et le temple de Poséidon.

Dernier jour du mois de septembre, avec la sortie du détroit d’Eubée et un mouillage au pied du temple de Poséidon, perché en haut du Cap Sounion. Je l'attendais, celui-là. 

Je quitte Porto Rafti vers 10,00h, suivi de près par mes amis sur Mayero.
Je vois au loin Jean-Marie qui rentre sa chaîne, Chantal à la barre.
Que c'est bien d'être deux pour faire toutes ces manoeuvres.
Eux aussi veulent mouiller au Cap Sounion.
Ensuite, ils prendront la route plein ouest pour se diriger vers Poros. Mon cap à moi sera un peu plus vers le nord, l’île d’Egine.

La continent qui borde le détroit d'Eubée est par moment très beau et sauvage. Hélas, on approche d'Athènes, et je vois de plus en plus des urbanisations de vacances d'une laideur incroyable. Espérons que la Grèce ne va pas massacrer ses côtes comme la fait l'Espagne a réussit à la faire sur l'entièreté de leur côte Méditérannéenne. Un vrai massacre !


Après trois jours de coup de vent, que trouve-t’on en Méditerranée ? La pétole, on l'appelle aussi : risée Leyland, Nanni ou Perkins selon la marque du moteur à bord.

Par moments, une légère brise venant du nord permet de déployer le génois.


Mayero, pas loin, en profite pour prendre une photo d’Anak, hélas, pas toutes voiles dehors.

Et moi une de Mayero à la sortie du détroit !

Vers 16,30h, on voit déjà au loin se dessiner le Cap Sounion, et donc la fin du détroit d’Eubée.

Nous sommes le 30, je suis rentré dans le détroit d’Eubée le 10. J’ai traîné, car les escales étaient agréables. Il y a eu la panne du moteur de Troll, l’aller-retour à Athènes à la recherche d’un nouveau moteur. Il y a eu les coups de vents, le pont de Chalkoutsi. Il y a eu plein de rencontres durant ces escales, rencontres parfois sans lendemain, mais aussi celles qui tissent des amitiés qui perdureront.J’approche du cap Sounion, et je commence à mieux voir le temple qui se découpe dans le ciel.
Contournant le cap, il y a une baie bien abritée du vent du Nord. C’est là que je vais jeter l’ancre, en face du temple de Poséidon. Quel beau mouillage pour terminer ce mois de septembre si riche en évènements.

Mayero me suit. Il a moins de chance ; j’ai jeté mon ancre, et dès la première fois, une marche arrière plein gaz m’a rassuré, elle tient et doit être bien plantée dans le sable. Je vais pouvoir dormir tranquille.

Mayero, qui a une CQR comme moi doit s’y reprendre à trois fois avant de sentir la sienne bien enfouie dans le sable.

Un peu plus tard, d’autres voiliers arriveront, pour repartir rapidement, leurs ancres ‘modernes’ n’assurant aucune tenue. Nous nous retrouverons finalement le soir à quatre voiliers dans cette grande baie. Les deux autres étant mouillés très loin de nous à l’opposé de la baie.

Nos vieilles CQR n’ont pas de complexes à avoir. Elles ont surtout un grand avantage en Méditerranée : dans les mouillages, le vent tourne rapidement, et même très souvent. Et l’expérience montre qu’avec son bras articulé, la CQR, bien enfouie, ne chasse pas du tout malgré les rotations, ce qui ne semble pas être le cas de bien d’autres ancres.

Le temple de Poséidon, enfin !


Me voilà donc devant les fameuses ruines du temple de Poséidon, bâti au milieu du Ve siècle av. J.-C. Les ruines surplombent la mer d'une hauteur de près de 60 mètres. Les colonnes du temple mesurent 6,10 mètres de haut, pour un diamètre de 1 mètre à la base et 79 centimètres au sommet. Détail intéressant : leurs cannelures, moins nombreuses que d’habitude (16 au lieu de 20), ont été étudiées pour résister à l’action de l’air salin.
Lord Byron, décidément on le retrouve partout celui-là, grava son nom sur l’une des colonnes.
Homère appelait le temple de Poséidon le promontoire sacré et les marins y invoquaient le dieu de la Mer.
Le cap Sounion est aussi, selon la légende, le lieu d’où Égée se serait jeté à la mer. Son fils Thésée avait convenu avec lui que s’il sortait victorieux de son combat avec le Minotaure, il hisserait des voiles blanches sur son bateau, alors que s’il était tué, l’équipage devrait hisser des voiles noires.
Égée vit arriver au loin le bateau arborant de grandes voiles noires, car Thésée avait oublié de hisser les blanches, et
de désespoir, il se jeta du haut des rochers dans la mer. De là vient le nom de la mer Égée.  C'est que j'en sais des choses ! Merci Wikipédia.

Je jette mon annexe à l’eau pour prendre quelques photos d'Anak en face du temple de Poséidon.

Idem pour Mayero où on m’invite à venir boire un décaféiné. Je décide de les inviter ce soir à venir manger sur Anak, on profitera de la vue du temple depuis la timonerie, car il est éclairé la nuit par d’énormes phares.

Inutile de mettre leur annexe à l’eau, une suffit pour faire la navette entre les deux bateaux, et à la rame s.v.p. !

Le soleil se couche sur Sounion.
Soirée sympa, tomates à la poêle avec ail et persil, pommes de terre poêlées aussi, on ne peut pas faire plus simple après une navigation. Chantal et Jean-Marie ont amené une salade de fruits délicieuse, au sirop agrémenté d’un peu de miel.


Ensuite, dodo.
Demain Nous sommes le premier octobre, un nouveau mois d’aventures, rencontres et découvertes.

Le vrai mécréant que je suis ose tous les soirs une petite prière : "Eole, faites en sorte qu’entre le 10 et le 17, il n’y ai pas de coup de vent, mais un peu de vent, pas de pluie, mais du soleil, pas de mer démontée, mais une jolie petite houle pour bercer Anak qui va promener ma fille Nora et Franck les parents de notre moussaillonne anakonaute Lou."  

Voir les commentaires

Published by Vagabondages en Mediterranée du voilier Anak - Vagabondages

<< < 1 2 3 4 5 6 7 > >>
Haut

Les vagabondages méditerranéens du voilier Anak

Voyages en voilier en Méditerranée. Algérie à la voile.

Que sont devenus Les ex-moussaillons 'Anak ?

Pages

Hébergé par Overblog